Musée des confluences Des collections qui s’enrichissent au fil des donations

Une – toute – petite partie de la donation d’Hubert de Bonnetant, grand collectionneur d’oiseaux, est déjà arrivée dans les réserves du musée des Confluences.  Photo Pierre AUgROS
Une – toute – petite partie de la donation d’Hubert de Bonnetant, grand collectionneur d’oiseaux, est déjà arrivée dans les réserves du musée des Confluences. Photo Pierre AUgROS
Une collection de mygales (préparées à la silicone) qui vient d’intégrer les réserves du musée.  Photo Pierre AUGROS
Une collection de mygales (préparées à la silicone) qui vient d’intégrer les réserves du musée. Photo Pierre AUGROS
Le musée a fait l’acquisition d’une superbe collection de scarabées américains aux couleurs métalliques. Ils seront exposés en fin d’année. Photo Pierre AUGROS
Le musée a fait l’acquisition d’une superbe collection de scarabées américains aux couleurs métalliques. Ils seront exposés en fin d’année. Photo Pierre AUGROS
Une – toute – petite partie de la donation d’Hubert de Bonnetant, grand collectionneur d’oiseaux, est déjà arrivée dans les réserves du musée des Confluences.  Photo Pierre AUgROS Une collection de mygales (préparées à la silicone) qui vient d’intégrer les réserves du musée.  Photo Pierre AUGROS Le musée a fait l’acquisition d’une superbe collection de scarabées américains aux couleurs métalliques. Ils seront exposés en fin d’année. Photo Pierre AUGROS

Un musée est un être vivant. Ces collections s’étoffent au gré des donations et des acquisitions. Qui sont ces donateurs ? Que deviennent leurs dons ? Comment nourrissent-ils les expositions et le travail des chercheurs ? Nous vous invitons dans les coulisses du musée des Confluences.

Plus de 2,5 millions de pièces sont précieusement conservées dans les réserves du musée des Confluences. Seules quelques-unes, plus rares, plus belles, plus représentatives ou carrément spectaculaires sont exposées. Une incroyable collection qui n’est pourtant pas figée.

Chaque année, des particuliers proposent de léguer ou de vendre leurs collections au musée. Mais ce dernier n’accepte pas tout… « Notre fonds est très riche mais notre politique est aujourd’hui de se concentrer sur quelques axes de développement. Nous pouvons avoir des propositions intéressantes mais qui ne correspondent pas à ces axes ou se composent de spécimens que nous avons déjà. Dans ce cas, nous réorientons les donateurs vers d’autres structures », explique David Besson, responsable des collections du musée.

Coiffes ethniques et oiseaux du monde entier

Mais il y a parfois de très belles surprises. « Nous allons accueillir pour notre département sciences humaines environ 500 pièces données par Antoine de Galbert. Ce grand collectionneur est arrivé au bout d’un cycle et va fermer sa fondation parisienne, La Maison Rouge. Il a apprécié notre travail et a eu envie de nous confier ses coiffes ethniques. Les deux premières sont arrivées et seront visibles dans l’exposition Hugo Pratt qui débute le 7 avril », précise David Besson. Le reste de la collection est en cours d’inventaire. Elle devrait arriver l’été prochain à Lyon et fera l’objet d’une exposition temporaire au printemps 2019.

Un autre grand collectionneur Hubert de Bonnetain, a décidé de donner sa collection d’oiseaux au musée des Confluences. Un don exceptionnel par sa qualité et sa quantité : quelque 5 800 spécimens, dont certains sont très anciens (les plus vieux datent de 1850). La collection avait été commencée par son grand-père. Un don qui va rejoindre les 23 000 spécimens d’oiseaux du musée (dont 13 000 colibris), ce qui en fera la deuxième collection en France après celle du muséum d’histoire naturelle de Paris.

« Nous avons une double mission. D’abord la conservation pour les générations futures, mais nous sommes aussi un outil de travail pour les étudiants et les chercheurs du monde entier », s’enorgueillit David Besson. Ce sont donc bien la qualité du musée, de ses expositions et de ses réserves qui suscitent ces nombreuses donations qui représentent environ 90 % de l’enrichissement annuel des collections.

Restauration d’un masque de Papouasie Nouvelle-Guinée pour préparer l’exposition Hugo Pratt (à voir à partir du 7 avril). Photo Lara PRIOLET
Restauration d’un masque de Papouasie Nouvelle-Guinée pour préparer l’exposition Hugo Pratt (à voir à partir du 7 avril). Photo Lara PRIOLET

Le long chemin des nouvelles pièces pour rejoindre les collections du musée

Une fois donnée ou achetée, une pièce ne rentre pas dans les catalogues du musée des Confluences sans quelques formalités. Et son parcours commence par… une mise en quarantaine. Impossible d’envisager que des insectes viennent grignoter les collections. Les nouveaux spécimens passent quinze jours au congélateur pour tuer les hôtes indésirables puis, après deux autres semaines dans un espace confiné, retournent au froid pour éradiquer les – indésirables qui seraient nés entre-temps dans quelques œufs bien cachés.

Commence alors un méticuleux travail de classification et d’étiquetage, avant que les nouvelles pièces soient répertoriées dans les bases de données. Toutes n’intègrent pas le patrimoine haut de gamme du musée (qui est agréé “Musée de France”). Certaines rejoindront les collections destinées à la recherche ou la pédagogie, deux autres missions importantes du musée des Confluences.

David Besson tient un singe récemment réceptionné : il s’agit d’un capucin naturalisé grâce au talent de Vincent Cousin. Photo Pierre AUGROS
David Besson tient un singe récemment réceptionné : il s’agit d’un capucin naturalisé grâce au talent de Vincent Cousin. Photo Pierre AUGROS

Araignées et primates dans le panier de course

Le musée des Confluences dispose d’un budget investissement. Une large part de celui-ci est dédiée à la conservation et à la restauration des pièces conservées dans les réserves ou exposées au public. Mais chaque année, une partie (environ 25 000 €) sert à acquérir quelques spécimens destinés à compléter une collection.

En 2017, le musée a fait l’acquisition d’une série de 900 coléoptères-bijoux du genre Chrysina. Une variété exotique de coléoptères à l’apparence telle qu’on les croirait faux : leurs couleurs vives, leur aspect métallisé, la précision des motifs de certains spécimens sont étonnants. Cet achat permet de compléter la section entomologie, mais permettra aussi d’enrichir un projet d’exposition à voir à partir de décembre prochain sur la diversité des espèces et leurs pouvoirs extraordinaires.

Le musée renouvelle également sa collection d’animaux. Certaines pièces très anciennes ne peuvent plus sortir des réserves. Il faut cependant pouvoir présenter de nouveaux spécimens. Les équipes du musée ne vont, bien entendu, pas partir chasser des espèces rares ou menacées. Ce sont donc des partenariats avec des parcs zoologiques qui permettent de récupérer des dépouilles d’animaux qui sont ensuite confiées à des taxidermistes. C’est grâce à cette méthode que le musée a pu renouveler sa collection de primates.

Il est plus compliqué de faire naturaliser des insectes. La plupart des collections d’araignées sont ainsi conservées dans de l’alcool. Pratique pour les chercheurs, pas pour une exposition… Le musée a donc fait l’acquisition de collections d’arachnides « en préparation sèche » afin de pouvoir les présenter au grand public. Pour financer de nouvelles acquisitions, les mécènes sont toujours les bienvenus.

Deux livres pour découvrir les collections

Photo Musée des Confluences
Photo Musée des Confluences

Un très bel ouvrage offre une immersion au cœur des collections du musée des Confluences avec des photographies inédites de Pierre-Olivier Deschamps.
Le musée y dévoile ses réserves mais aussi les œuvres emblématiques du parcours permanent. Le catalogue (49 €) existe également en format album et fait la part belle aux images (10 €).

Disponibles à la boutique du musée, sur son site internet et en librairie.

Jean-Christophe Morera

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