Cinéma Croc-Blanc  : cinq semaines de travail pour un dresseur lyonnais et son chien

Thierry Russotto (en bas à gauche) et son chien Hermès, ici avec l’acteur Dominique Pinon, lors du tournage de  Croc-Blanc au Luxembourg.   Photo BIDIBUL PRODUCTION Comme ici à Parilly, le blanc Hermès est présent à toutes les séances dirigées par son maître, Thierry Russotto.  Photo Cyrille SEUX
Thierry Russotto (en bas à gauche) et son chien Hermès, ici avec l’acteur Dominique Pinon, lors du tournage de Croc-Blanc au Luxembourg. Photo BIDIBUL PRODUCTION Comme ici à Parilly, le blanc Hermès est présent à toutes les séances dirigées par son maître, Thierry Russotto. Photo Cyrille SEUX
Comme ici à Parilly, le blanc Hermès est présent à toutes les séances données par son maître Thierry Russotto Photo Cyrille SEUX
Comme ici à Parilly, le blanc Hermès est présent à toutes les séances données par son maître Thierry Russotto Photo Cyrille SEUX
Thierry Russotto (en bas à gauche) et son chien Hermès, ici avec l’acteur Dominique Pinon, lors du tournage de  Croc-Blanc au Luxembourg.   Photo BIDIBUL PRODUCTION Comme ici à Parilly, le blanc Hermès est présent à toutes les séances dirigées par son maître, Thierry Russotto.  Photo Cyrille SEUX Comme ici à Parilly, le blanc Hermès est présent à toutes les séances données par son maître Thierry Russotto Photo Cyrille SEUX

Le dresseur lyonnais, Thierry Russoto, et son chien, Hermès, ont réalisé la capture de mouvement essentielle à la création du film d’animation Croc-Blanc , sorti cette semaine.

Il y a quelque chose de fascinant à voir le dresseur Thierry Russotto diriger son chien Hermès. À l’instar d’un marionnettiste aux fils invisibles, il fait évoluer son berger suisse blanc au doigt et à l’œil. Un geste, un regard, suffit. Un lien et une technique que Thierry transmet à des clients de l’agglomération lyonnaise. Un savoir-faire et un lien avec son chien qui lui a ouvert les portes des studios de cinéma. En septembre 2016, le binôme a participé au tournage en motion capture (capture de mouvement) du film d’animation Croc-Blanc. Un mois et une semaine de travail où Hermès, combinaison dotée d’une vingtaine de capteurs sur le dos, bluffe son monde. Pas une surprise pour l’un des producteurs, Lilian Eche. « Dès la première rencontre, on savait que ça allait marcher. Thierry dresse au doigt. Le chien fait exactement ce qu’il demande. Il peut faire du cas par cas. »

Sceptique au départ, le réalisateur a lui aussi fini convaincu. « J’ignorais que l’on pouvait avoir un tel degré d’entraînement. On a pu lui demander de faire des choses complexes », reconnaît maintenant Alexandre Espigares, Oscar du meilleur court-métrage d’animation en 2014, pour M. Hublot.

« C’est quand même exceptionnel de pouvoir faire ça »

Au contact des acteurs et cadreurs, malgré l’agitation du studio et les contraintes millimétrées de la technique de la motion capture, le comédien a quatre pattes fait le boulot. Hermès finit ainsi par réaliser « une grande partie des canidés adultes » du film sous la houlette bienveillante de son maître.

En dépit de deux ans de travail préparatoire, Thierry Russotto est lui-même surpris. « Il m’a mis sur le c. Il a assuré encore plus que je ne le pensais. Je l’ai encore découvert. Je savais qu’il le ferait, mais avec autant de facilité, je ne m’y attendais pas. Les journées étaient longues. À la fin du tournage, il commençait à vraiment fatiguer. Et là, tu te dis qu’il le fait pour toi. Il m’a donné confiance », souffle-t-il, la voix étranglée par une émotion pudique.

L’aventure a laissé de belles traces et la sensation d’avoir vécu une parenthèse inespérée. « Ça s’est fait par hasard, mais ça s’est super-bien passé. Acteurs, équipe, tout le monde a été gentil avec Hermès. Il avait sa loge, sa couturière. Il a même eu des cadeaux à la fin », sourit l’autodidacte quinquagénaire, de retour d’un week-end de Première au Luxembourg. Croc Blanc est vue par 3 000 personnes en quelques jours. Thierry et Hermès montent sur scène. L’accueil est enthousiaste, le Lyonnais mesure. « Je ne m’y attendais pas. Un moment, il faut revenir sur terre : c’est quand même exceptionnel de pouvoir faire ça. Tu te dis : qu’est-ce que je vis ? Je ne comprends pas. Il y a des gens qui pleurent d’émotion en voyant ton chien. Après la projection, je n’ai pas pu accéder à la réception. Les gens s’arrêtaient pour Hermès, pour faire des photos. Quand tu repenses à ça avec tes chaussures à crampon ! », s’amuse le Lyonnais avant de retourner tisser des fils invisibles avec d’autres chiens à Parilly. Hermès, n’est pas loin, comme toujours. Inséparables les deux compères ? Quasi. Thierry l’a laissé un petit moment le 28 mars. Ce fut pour mieux le retrouver en Croc-Blanc , héros en 3D, fruit d’une belle complicité.

Cyrille Seux

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?