Parents & enfants Résultats au bac : les lycées lyonnais évoluent-ils ?

Le lycée international de Lyon, dans le quartier  de Gerland.  Photo d’archives Joël PHILIPPON
Le lycée international de Lyon, dans le quartier de Gerland. Photo d’archives Joël PHILIPPON

Les meilleurs sélectionnent leurs élèves

VRAI Si on prend en compte le prix de l’immobilier

D’abord, il ne faut avoir en tête que ce taux de réussite est d’abord lié aux caractéristiques des élèves, Or, ceux des quatre lycées publics en haut du “palmarès” sont peu ou prou triés sur le volet. À la Cité scolaire internationale (CSI), des tests d’admission sélectionnent les élèves qui n’habitent pas Gerland. À la Martinière Monplaisir, c’est la coloration scientifique (notamment sciences de l’ingénieur) qui opère une forme de tri. À Herriot et au Parc, pas de sélection… Les tarifs immobiliers du 6e  arrondissement s’en chargent. Environ 70 % des inscrits sont enfants de cadres supérieurs et d’enseignants dans les deux lycées du 6e. Or, c’est un fait établi en France, les résultats scolaires sont très fortement liés au milieu social. À ce sujet, on sait que le privé extrêmement présent à Lyon (21 lycées) recrute davantage d’inscrits de milieu très favorisé et moins d’inscrits de milieu défavorisé que le secteur public. Ce sont des statistiques nationales qui le disent et il n’y a aucune raison qu’elles ne s’appliquent pas à Lyon. Il faut y ajouter l’écrémage des candidats en amont de l’examen, souvent via leur exigence de niveau.

Ce sont toujours les mêmes qui gagnent

VRAI pour le public

Il y a 14 lycées publics à Lyon. Mais, depuis 2010, ce sont presque systématiquement les mêmes qui se disputent les premières places : la CSI à Lyon 7e , la Martinière Monplaisir (Lyon 8e ), Le Parc et Edouard-Herriot (Lyon 6e ). Le quatuor est quasi immuable.

FAUX pour le secteur privé

Contrairement à ce qu’on pourrait attendre, les établissements privés ont davantage changé de place dans le tableau que les établissements publics. Bien sûr on retrouve fréquemment Saint-Marc, les Lazaristes, Foucault parmi les trois premiers. Mais la Xavière, Chevreul s’invitent aussi parfois ainsi que certains lycées de réputation moindre qui créent la surprise sur quelques éditions tels que Carrrel, le lycée Juif, ou Deborde. Alors qu’il figurait parmi les derniers du classement en 2012, on le retrouve premier en 2016. Une explication contribue largement à ces variations : les privés présentent des cohortes moins fournies de candidats, ce qui fait davantage varier les taux de réussite.

Faire son lycée à Lyon, c’est mieux qu’ailleurs

FAUX

Depuis 2010, le Parc figure immanquablement dans les cinq premiers du département exception faite en 2016 où il est « tombé » au 7e  rang. Idem pour la CSI. Toutefois d’autres établissements de la périphérie ou de zones plus rurales du département apparaissent souvent, et un peu plus qu’en 2010 dans le tableau, Bron, Neuville, Saint-Genis, Tarare, Sain-Bel, Villefranche Thizy n’ont donc rien à leur envier. À noter aussi, que par rapport à leur nombre, les Lyonnais sont légèrement sous-représentés parmi les vingt premiers.

Le système corrige les inégalités

FAUX

On sait que les enseignants ont tendance à répartir leurs élèves en trois tiers, quel que soit le niveau de la classe. Ce phénomène porte le nom de « constante macabre » tant il enferme les élèves dans des catégories. Pour le palmarès, c’est la même chose en dépit de ses « indicateurs de réussite » publiés par le ministère de l’Éducation nationale. D’année en année, les mêmes établissements restent en queue de classement, à l’instar de la sociologie de leurs élèves. Cela ne signifie certainement pas qu’ils sont moins méritants. Ici, sept ou huit candidats sur dix empochent leur bac.

Le palmarès est stable pour le secteur public

VRAI

Si ce n’est Branly (2010), la Martinière Diderot (2016) et la Martinière Duchère (2017) les lycées sortent très peu du tiers du milieu pour aller vers le haut ou vers le bas. À ce titre, le lycée Ampère est particulièrement régulier. On peut toutefois remarquer que Saint-Just, dont les candidats ont été plus malheureux entre 2013 et 2015, a amorcé une remontée en 2016. Jean-Perrin suit à peu près la même trajectoire. À l’inverse, Saint-Exupéry a traversé une mauvaise passe à la session 2017.

Grande stabilité aussi pour les lycées professionnels, avec chaque année ou presque depuis 2010, le lycée du Premier Film (Lyon 8e ) et Camille Claudel (Lyon 4e ) en tête. Leurs filières sont plus sélectives que dans bien des lycées professionnels. Il y a un peu plus de mouvement dans le secteur privé, mais globalement, depuis 2010 on trouve quasiment toujours des établissements non élitistes ou accordant une seconde chance parmi les derniers, avec l’exception notable de Belmont Capdepon qui a fait un bond géant l’an dernier.

Plus de réussite égale plus de mentions

PAS FORCÉMENT

Parmi les établissements lyonnais, c’est la CSI qui empoche la plus forte proportion de mentions (76 % des bacheliers) et Lumière la plus faible (21 %) ; Mais le taux de mentions n’est pas toujours lié au taux de réussite. Par exemple, la Martinière Duchère et Jean-Perrin obtiennent relativement peu de mentions. Les privés présentent des taux globalement plus élevés certainement en lien avec leur sélectivité. Ainsi, au lycée Belmont comme aux Chartreux, 99 % à 100 % des candidats ont obtenu leur diplôme l’an dernier. Ils sont 44 % avec mention dans l’établissement du 7e  arrondissement et 98 % sur la colline de la Croix-Rousse

Muriel Florin

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?