RHÔNE Lyon-Villeurbanne : les vélos sans borne Indigo Weel débarquent

Les premiers vélos ont été déployés lundi / Photo J.-P. Cavaillez
Les premiers vélos ont été déployés lundi / Photo J.-P. Cavaillez

Alors que les cendres de Gobee.bike sont encore chaudes, un nouveau service de location de vélos sans borne se lance ce lundi dans la métropole. Avec quelles chances de réussite ?

Après Gobee, voici Indigo Weel. La filiale de l’entreprise française de stationnement a annoncé ce lundi qu’elle allait déployer 1 000 vélos en libre-service dans les deux prochaines semaines à Lyon et Villeurbanne. Un véritable pari.

En deux mois, les vélos verts de Gobee.bike avaient disparu et la start-up franco-hongkongaise, multipliant les erreurs (vélos de piètre qualité et... verts, communication défaillante, échanges trop rares avec les pouvoirs publics…), avait dû sonner la retraite, mettant l’échec sur le compte du vandalisme. Un revers cuisant.

Indigo Weel, au modèle semblable (appli, déverrouillage par QR code...) mais à l’approche différente, peut-il réussir là où Gobee a échoué ? Voici quelques raisons d’y croire.

1- Des vélos vraiment différents ?

« Déjà, par rapport à Gobee, nous avons mis plus de sous dans le vélo », explique le directeur général adjoint Indigo Weel Jean Gadrat, qui présentait ce lundi les montures déployées à Lyon et Villeurbanne.

On reprochait aux Gobee d’être fragiles et petits. Le vélo Indigo semble de prime abord de meilleure qualité : trois vitesses, cadre en alu, pneus pleins, dynamo, système de verrouillage alimenté par une pile, un design aux couleurs des quartiers de la ville…

« C’est un vélo à 280 euros qui a une durée de vie de trois ans. La plupart des pièces viennent de Chine et il est assemblé en Pologne et bientôt en Slovaquie », détaille le responsable.

Le système de verrouillage, fatal à Gobee (les rayons de la roue arrière s’arrachaient si une personne tirait sur le vélo), est semblable « mais plus solide », note Jean Gadrat, qui a annoncé que de nouvelles roues avec des rayons solides, sur le modèle de Mobike, régleront le problème d’ici au troisième trimestre 2018.

Sur trois mois, dans les premières villes concernées (Tours, Metz, Bordeaux), le pourcentage de vélos cassés ou volés s’établit à 4%. Jean Gadrat connaît l’enjeu : « Si les Lyonnais se rendent compte qu’il y a beaucoup de casse, nous allons perdre le contrôle de notre parc ».

Comme toujours, c’est à l’usage, en prenant en considération le "'facteur X" (les utilisateurs), que l’on verra si Indigo peut durer.

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2- Un échange avec les pouvoirs publics

« Pour que cela se passe bien, il faut être en bons termes avec les collectivités. On a eu beaucoup d’échanges. On ne veut pas imposer nos vélos. Ils sont là depuis quinze jours mais on voulait d’abord finir la carte », dit Jean Gadrat.

Alors que Gobee était arrivé comme un chien dans un jeu de quilles, Indigo a travaillé plus sereinement sur une zone de fonctionnement dans laquelle il faut laisser les vélos (hypercentre, universités… où les parkings à vélos apparaissent sur la carte) et des zones d’exclusion.

On ne peut pas laisser son vélo dans les parcs, sur les places, dans les cimetières et là où il y a des marchés. Sinon ? « Un mail est envoyé pour le signifier. Au bout de quatre infractions de ce type, nous coupons le service, peut-être temporairement».

L’idée est aussi d’avoir une densité importante pour qu’un vélo soit toujours à proximité, « à 100 ou 150 mètres maximum ». Et les utilisateurs bons élèves seront récompensés.

Au total, cinq personnes travailleront pour Indigo sur place pour réparer et déplacer les vélos tandis qu’un local est recherché dans l’hypercentre (la société est actuellement basée à Saint-Priest).

Enfin, sur le sujet délicat de l’occupation de l’espace public, le DG adjoint admet qu’une redevance est à l’étude.

3- Indigo joue la montée en puissance

Metz, Tours, puis Bordeaux et maintenant Lyon, voici la montée en puissance à la sauce Indigo. De même, avec 100 vélos par jour, la société ne veut pas saturer la ville brutalement mais lui laisser le temps de les absorber. « Et si ça marche, nous pourrons aller jusqu’à 1 500 vélos », continue Jean Gadrat.

Contrairement à d’autres sociétés, Indigo, géant du stationnement (2 millions de places de parking), a le temps et peu de pression pour établir et stabiliser son modèle. Le « free floating » n’est pas sa raison de vivre.

« C’est une étape de plantage de drapeau », avance le responsable, qui se donne six mois pour atteindre le seuil de rentabilité : quatre courses par vélo et par jour. On rappelle que Gobee avait disparu en à peine deux mois.

Mais Indigo a une stratégie globale. « Nous aimerions ensuite proposer d’autres mobilités, comme le vélo électrique, le scooter électrique. Avoir une application avec plusieurs vecteurs de transports ».

Dans le cas du scooter, Jean Gadrat a avoué que Lyon « intéressait Indigo ».

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Repères

1000

Indigo Weel seront déployés. 500 cette semaine, 500 la semaine prochaine

50

centimes la demi-heure, c’est le prix pour un tour. Il faut télécharger l’application sur iOS ou Android. Puis il y 5 euros de caution, une autorisation de prélèvement de 240 euros (pour la valeur du vélo, non retirée). Plusieurs forfaits existent : 12 mois à 79 euros, 6 mois à 59 euros, le mois à 15 euros et la journée à 5 euros.

Jean-Philippe Cavaillez

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