Enseignement supérieur Wifi saturé à Lyon 3 : pas de mesures de filtrage envisagées

34 % de la bande passante de l’université était utilisée pour accéder à Facebook, dans la journée du 8 février. Photo d’illustration Claude ESSERTEL
34 % de la bande passante de l’université était utilisée pour accéder à Facebook, dans la journée du 8 février. Photo d’illustration Claude ESSERTEL

Plus d’un tiers des utilisateurs du wifi de l’université Jean-Moulin Lyon 3 étaient connectés à Facebook dans la journée du 8 février. 10 % surfaient sur Netflix. 8 % étaient sur Snapchat et tout autant sur Youtube, selon des analyses effectuées ce jour-là sur la bande passante par l’université Lyon 3 elle-même. Toutes ces applications sont en tout cas bien éloignées des ressources universitaires traditionnelles.

Les étudiants ont donc reçu ce message de la part de l’université : « Chers étudiants, nous constatons depuis quelque temps une saturation importante sur le réseau wifi. Une analyse plus poussée des flux montre que la bande passante est utilisée massivement à destination d’applications externes […] et très marginalement vers les ressources universitaires. »

Dépassée, la charte informatique ?

Yves Condemine, vice-président de Lyon 3 en charge de la stratégie numérique, confirme que ces analyses de la bande passante ont été réalisées sur les deux sites de Lyon 3, la Manufacture des tabacs et les quais du Rhône. Il souhaite cependant clarifier la position de la présidence : « Cela ne nous dérange pas, en soi, que les étudiants consultent des applications extérieures. Mais il faut préciser qu’en un an, le nombre d’appareils connectés sur notre wifi a été multiplié par 4, ce qui nous amène à 6 000 connexions. Le problème ce n’est pas tant le pourcentage de gens qui se connectent à Facebook que l’explosion de la bande passante. Pour prendre une image, il y a un problème d’entonnoir. Si on ajoute des bornes wifi, comme on nous le suggère, cela va augmenter le côté large de l’entonnoir, mais pas la sortie, qui reste la même. »

Il rappelle que la charte informatique, signée par les étudiants, limite l’usage des ressources personnelles.

Seule solution, si le problème perdure : limiter l’accès à certaines ressources en limitant la bande passante. Mais Yves Condemine se veut rassurant : «Pour l’instant on n’en est pas à envisager le filtrage. D’autant plus qu’Internet est un moyen d’accès à la connaissance et un outil pédagogique.»

Élise Colin

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