VILLEURBANNE La Fête du livre jeunesse plus que jamais d’actualité

L’effervescence dans la salle de Barros, rebaptisée La Maison des auteurs.  Photo d’archives Maxime JEGAT
L’effervescence dans la salle de Barros, rebaptisée La Maison des auteurs. Photo d’archives Maxime JEGAT

Les 24 et 25 mars, une cinquantaine d’auteurs et illustrateurs se retrouveront à Villeurbanne. L’occasion d’échanger sur le thème de cette 19e édition : “Bienvenue !”, une réflexion sur l’altérité et la différence.

À Villeurbanne, la littérature jeunesse est aussi synonyme d’engagement. Cette année, à l’occasion de la 19e édition de la Fête du livre, la mobilisation se fait en faveur de l’accueil des migrants et des réfugiés présents sur le territoire. Selon Gérard Picot, directeur artistique de la fête, cette prise de position est « en lien avec l’actualité et avec l’axe de réflexion de la Ville ».

Avant d’ajouter : «Dans le cadre de cette fête, on est toujours sur des enjeux sociétaux, comme l’année dernière sur le thème “Parole”, sur la nécessité de s’exprimer. Cette année, on a eu envie de réfléchir sur comment vivre tous ensemble, et comment faire de la place à l’autre dans notre existence. “Bienvenue” parlera donc du bien-vivre ensemble, de l’accueil des réfugiés, bien sûr. Mais aussi de manière plus amplifiée, complètement tourné vers “l’autre” en général. Il est important de se poser des questions sur l’autre et comment aller vers l’autre. »

« Il ne faut pas être dans l’ignorance »

D’après Gérard Picot, cet engagement en faveur de la solidarité est également cher aux auteurs et illustrateurs invités à cette édition. « Tous nos invités sont dans cette optique. On a eu l’embarras du choix parmi les artistes. Beaucoup sont mobilisés depuis plusieurs années, notamment via l’association Encrages, qui milite pour l’accueil des migrants. » Ces acteurs du monde associatif seront présents sur des « stands dédiés à la sensibilisation ». Selon le directeur de la Fête du livre jeunesse (FDLJ), cette démarche sera aussi présente dans « les ateliers et les interventions. Pour sensibiliser les plus jeunes, les artistes ont recours à l’anthropomorphisme, représenter les humains par des animaux. Pour les plus grands, les récits sont plus réalistes, ils posent vraiment les choses, dans les documentaires comme dans la fiction. Dans la vie, ça finit plus souvent mal que bien. Il ne faut pas être dans l’ignorance de ce qu’il se passe », conclut-il.

Dans le cadre de la Fête du livre Jeunesse de Villeurbanne, les enseignants du lycée Magenta ont fait travailler des élèves de 3e  et de 2nde sur le thème des migrants. Gaelle Veillaux, documentaliste, nous raconte : « Nous avons travaillé autour d’ateliers avec des groupes de 12 à 15 élèves. Nous les avons fait échanger sur différents textes, chansons et poèmes, tous sur le thème de la migration. Notre but est de leur faire comprendre ce phénomène, son ancienneté. Pour qu’ils puissent prendre du recul, on a demandé aux élèves de se mettre dans la peau d’un migrant, et de jouer le jeu. On a recueilli de belles choses, ça a vraiment amélioré le climat scolaire. Leur demander quelque chose de l’ordre de l’affectif, ça a débloqué quelque chose je crois. On a ensuite rassemblé les productions des élèves, afin de constituer un recueil, que nous remettrons à Sophie Lamoureux lors de son passage à Villeurbanne pour la Fête du livre Jeunesse. Elle a réalisé le documentaire « Planète migrants », qui est l’un des supports de nos ateliers. Nous tenons à la remercier de son travail.»

Lucas Larcher

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