Villeurbanne Pourquoi la ville compte encore cent voies sans maître

Récemment intégrées au domaine public, les rues de Longchamp et de la Sainte Famille (photo) font l’objet de travaux de réaménagement de voiries. Il est prévu que le chantier dure jusqu’au 1 er juin.  Photo Lucas LARCHER
Récemment intégrées au domaine public, les rues de Longchamp et de la Sainte Famille (photo) font l’objet de travaux de réaménagement de voiries. Il est prévu que le chantier dure jusqu’au 1 er juin. Photo Lucas LARCHER

N’appartenant à personne, elles ne peuvent être entretenues. Leur intégration dans le domaine métropolitain reste un vrai casse-tête.

Au 50, de la rue Descartes, un terrain de 417 m² n’appartient à personne. Ou du moins, n’appartenait à personne. Parce que le 26 février, le conseil municipal a décidé de l’intégrer au domaine communal. La parcelle sera ensuite transférée à la Métropole, qui a la compétence Voirie et y réalisera des travaux dans le cadre du projet urbain Gervais-Bussière.

Jusqu’à l’époque napoléonnienne

Les terrains sans maître sont moins nombreux que les voies sans maître. Pour ces dernières, la Ville en dénombre une centaine, surtout des allées et impasses, sur le territoire communal. Au grand dam des riverains, les collectivités ne peuvent les entretenir ou entreprendre des travaux sur les réseaux.

Alors, comment la Métropole les récupère-t-elle ? À l’initiative de la Ville, cadastre et services fiscaux sont d’abord sollicités. Mais, au fil des décennies, des informations se sont perdues. « Rue Bourgchanin, nous avons un petit bout d’impasse qui n’est à personne. Un géomètre est remonté à l’époque napoléonienne. Il n’a pas trouvé de propriétaire », pointe par exemple Christian Beaunée, directeur de la proximité et de la gestion du domaine public à la Ville.

Fausse impasse Carotte

En l’absence de propriétaire, une démarche politico-administrative est engagée. Après deux ans de procédure, les rues Tranquille et Abbé-Firmin ont ainsi rejoint le domaine métropolitain en 2014 et été remises en état en 2016. Ce long processus arrive à son terme pour deux autres anciennes voies sans maître, les rues de Longchamp et de la Sainte-Famille, à Croix-Luizet.

D’autres cas sont plus problématiques. Comme ceux des rues Léo-Lagrange et des Bons Amis à Saint-Jean, intégrées au domaine communal et dont la Métropole ne veut pas, pour l’instant, en considérant qu’elles ne sont plus sans maître. Rejoindre le domaine métropolitain s’examine au cas pas cas. Non seulement la Métropole a ses critères (trafic sur la voie, passage de transports en commun, etc.), mais il y a un enjeu financier. « À la Métropole, s’ils intègrent toutes les voies sans maître d’un seul bloc, ils vont exploser leur budget », admet Christian Beaunée.

La situation la plus improbable concerne peut-être l’impasse Carotte. « C’est un vrai cas d’école ! », souligne Christian Beaunée. Parce que c’est une impasse, la Métropole la refuse dans son domaine. Mais elle relie en fait les rues Léon-Blum et Antoine-Primat. La Ville, qui s’est bien gardée de la transformer en portion de son domaine communal, s’est retournée vers l’État et attend de savoir ce que va devenir cette désormais fameuse impasse. « On n’est pas dans un no man’s land  ! Des gens y habitent », rappelle le responsable villeurbannais, avant de préciser : « Nous y gérons le quotidien. Nous demandons à nos collègues du service propreté de la Métropole d’y passer. » Services de la Métropole et de la Ville planchent actuellement sur la mise en œuvre d’une stratégie d’intégration des voies sans maître au domaine métropolitain. Il reste du chemin à parcourir.

555 C’est le nombre de voies et places dénommées recensées à Villeurbanne en 2016. 127 sont privées. Une petite partie de ces dernières est cadastrée : elles ont un (ou des) propriétaire(s) identifié(s).

« L’état de la rue posait problème »

Photo Lucas LARCHER
Photo Lucas LARCHER

Loïc Dias, garagiste rue de Longchamp depuis 30 ans

« J’étais au courant du statut de voie sans maître de ces deux rues. À part l’état très détérioré de la chaussée qui selon les voisins gênait la circulation et le ramassage des ordures, il n’y avait pas vraiment de problème. On attendait les travaux. »

Les rues ont été rattachées au domaine public. La Métropole, « chez elle », peut désormais diligenter des travaux. L’heure est à la rénovation. Le chantier est prévu pour durer trois mois, jusqu’à début juin.

Yannick Ponnet

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