Société Sophie Magnillat manage le bonheur au sein des Laboratoires Boiron

Sophie Magnillat : « Aujourd’hui, il y a un effet de mode, l’esprit Google, mais Christian Boiron, lui, a toujours été convaincu qu’un salarié épanoui est performant. »  Photo Pierre AUGROS
Sophie Magnillat : « Aujourd’hui, il y a un effet de mode, l’esprit Google, mais Christian Boiron, lui, a toujours été convaincu qu’un salarié épanoui est performant. » Photo Pierre AUGROS

CHO, comme Chief happiness officer, soit « Responsable du bonheur » en entreprise. Le métier se développe dans le cadre d’une approche différente du monde du travail. Rencontre avec Sophie Magnillat.

Contribuer au bonheur des salariés… Sophie Magnillat a, incontestablement, le beau rôle chez le leader de l’homéopathie. En poste depuis 2 ans, sur le vaste site de Messimy qui emploie 1 000 personnes, la jeune femme de 30 ans, qui attire l’œil déjà, par son seul sourire, occupe la fonction de Maîtresse de maison.

« Avant tout, avoir le sourire »

A la fois « coordinatrice », « facilitatrice », Sophie Magnillat travaille « à relier les différents services, à harmoniser les pratiques, à favoriser les projets transversaux, à créer un environnement de travail où les salariés se sentent bien ».

Concrètement, cette diplômée d’une école de commerce, à la tête d’une équipe de 17 personnes, veille à l’accueil qui est fait aux salariés et aux visiteurs, assure la communication interne, suit de près le fonctionnement du restaurant d’entreprise, organise des événements, participe à la réflexion sur les prochains aménagements… « Je travaille avec tout le monde », reconnaît Sophie Magnillat, en outre, directement rattachée à la direction générale.

Questionnée sur les qualités nécessaires pour occuper un tel poste, la jeune femme cite avant tout « le fait d’avoir le sourire ». Viennent ensuite « le sens des relations, l’écoute active, l’adaptabilité, la flexibilité, ainsi que la polyvalence ». Et lorsqu’on lui fait remarquer que le titre de « Maîtresse de maison » renvoie à la femme au foyer, elle souligne n’avoir aucun problème avec. « Ce terme ne serait peut-être pas approprié ailleurs, mais ici le poste existe depuis 1983. Il traduit bien la politique sociale souhaitée par notre directeur Christian Boiron : l’humain est au cœur de l’entreprise et l’on doit se sentir bien au travail, un peu comme à la maison ».

Chaleureuse et bienveillante, Sophie Magnillat ne sombre, cependant, jamais dans l’angélisme. « Nous ne sommes pas dans le monde des bisounours. L’objectif est d’avoir une entreprise performante, ce qui passe par des salariés épanouis. L’enjeu, c’est la santé économique de l’entreprise ».

Epanouie, la Maîtresse de maison des Laboratoires Boiron, semble l’être, et par un poste qu’elle n’a pas choisi. « Je cherchais surtout une entreprise qui me corresponde », rappelle celle qui avait fait acte de candidature spontanée. « Lorsque j’ai rencontré Christian Boiron, il m’a demandé de lui faire confiance et m’a proposé cette fonction dont je ne savais rien au départ et dans laquelle je m’éclate aujourd’hui ».

« Je reste persuadée que les ressources humaines font la valeur d’une entreprise », souligne encore Sophie qui témoignera, vendredi, de son expérience au Club des Chief Happiness Officer.

Et de se souvenir d’une entreprise « où la DRH ne connaissait même pas les salariés, où il n’y avait aucune considération. Je n’avais pas souhaité y rester malgré le beau poste qu’on me proposait. Il y a un moment où les valeurs doivent prendre le dessus. »

« Un salarié bien dans sa boîte sera plus efficace, moins malade et restera plus longtemps »

Qui entre au club des CHO ?

« Les personnes qui nous rejoignent ne sont pas forcément des PDG. Il y a énormément de gens issus des Ressources humaines, de l’innovation, des responsables de la transformation stratégique d’une entreprise… »

Pourquoi Lyon ?

« Des personnes venaient de Lyon pour participer à nos rendez-vous parisiens. Le besoin est bien réel. Lyon est une ville dynamique, mais aussi très active en matière d’innovation RH. »

S’occuper du bonheur en entreprise, est-ce sérieux ?

« Au début, certains ont pensé que c’était « bisounouresque », que ce n’était pas le rôle d’une entreprise d’accompagner cela. Or, il est évident qu’un salarié qui est bien dans sa boîte sera plus efficace, moins malade et restera plus longtemps. »

Le métier reste encore confidentiel.

« Quelques centaines de personnes occupent, en France, les fonctions de responsables du bien-être en entreprise. Mais il se passe des choses partout. L’enjeu est sociétal. On est loin de la seule thématique de l’implantation d’un baby-foot. Les salariés changent de métier et de boîte à la recherche de plus de sens. Les entreprises l’ont bien compris et s’emparent du sujet. Pas seulement les start-up, même si ça se vérifie moins dans les PME. Elles sont, en effet, confrontées à la nécessité d’améliorer leurs organisations et d’être plus attractives auprès des jeunes générations notamment. Actuellement, on estime que 80 % des entreprises du CAC 40 s’y intéressent. »

La fonction englobe des réalités différentes.

« Ces nouveaux postes, venus des Etats-Unis, sont à la frontière entre fonction RH, communication interne et marketing. Nous sommes dans une période de transition mais ce qui est sûr, c’est que les salariés veulent être bien au travail, heureux dans leur job. Tant mieux, car c’est l’humain qui fait la valeur d’une société. »

Le club des Chief happiness officer débarque à Lyon ce vendredi 9 mars

Le CHO ou « responsable du bonheur » a pour objectif de créer les conditions dans lesquelles les salariés vont trouver du bien-être, un des premiers facteurs de la performance individuelle et collective.  Catherine Testa, cofondatrice du club des Chief happiness officer, sera présente, ce vendredi à Lyon avec les partenaires et premiers acteurs du Club des CHO lyonnais. Durant la matinée, interviendront Florent Marchal, responsable de la transformation du groupe SEB, mais aussi Sophie Magnillat, maîtresse de maison au sein des Laboratoires Boiron (lire par ailleurs). « Ce club est un lieu d’échanges, de partage d’expériences. L’objectif est de créer un éco-système pour connaître ce qui fonctionne et pour que chacun reparte avec des outils. Il est réservé aux personnes décisionnaires dans leur entreprise, pour impulser quelque chose en interne », souligne encore Catherine Testa, également auteur du livre Osez l’Optimisme  » et cofondatrice du site l’Optimisme.com.

Club des CHO, vendredi 9 mars de 8 h 30 à 12 heures chez Linkvalue, 10 rue Laurencin, 69002 Lyon. Rencontre professionnelle avec inscription obligatoire sur happiness-time.fr. Le coût de cet événement - 80 €- sera déduit des futures adhésions au Club.

Dominique Menvielle

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