Politique L’omniprésente Caroline Collomb

Caroline Collomb prépare-t-elle son avenir politique sur Lyon ? C’est la question que se posent certains.  Photo Maxime JEGAT
Caroline Collomb prépare-t-elle son avenir politique sur Lyon ? C’est la question que se posent certains. Photo Maxime JEGAT
Pour ses opposants, Caroline Collomb se sent « portée par sa proximité avec le couple Macron ».  Photo Maxime JEGAT
Pour ses opposants, Caroline Collomb se sent « portée par sa proximité avec le couple Macron ». Photo Maxime JEGAT
L’été dernier, Caroline Collomb et son mari sous les selfies Photo PHILIPPE JUSTE
L’été dernier, Caroline Collomb et son mari sous les selfies Photo PHILIPPE JUSTE
Caroline Collomb prépare-t-elle son avenir politique sur Lyon ? C’est la question que se posent certains.  Photo Maxime JEGAT Pour ses opposants, Caroline Collomb se sent « portée par sa proximité avec le couple Macron ».  Photo Maxime JEGAT L’été dernier, Caroline Collomb et son mari sous les selfies Photo PHILIPPE JUSTE

L’activisme de la référente départementale de LREM intrigue ou inquiète beaucoup quant à ses réelles motivations.

« En 2020, Gérard Collomb sera président de la Métropole et Caroline Collomb maire de Lyon ».

Cette hypothèse, de vrais – ou faux – amis de l’épouse du ministre de l’Intérieur l’évoquent à Lyon.

L’intéressée la balaie d’un bref : « Fantasme et politique-fiction ». Puis ajoute « Qui sait ce que fera Gérard ? Quant à moi, je n’ai pas d’ambitions personnelles, je suis sur du collectif et comme beaucoup de Marcheurs, j’ai un métier et une vie de famille ».

Ce qui ne l’empêche pas de revendiquer son engagement total comme référente départementale d’En Marche : « Je mets beaucoup d’efforts pour l’animation du mouvement et pour préparer les élections à venir ; Européennes, locales ». Pour cela, elle organise régulièrement des réunions de militants « dans chaque circonscription métropolitaine et en cantons regroupés dans le Rhône ».

Les militants sont présents

Plusieurs ont déjà eu lieu – le samedi matin, généralement- et elles devraient se poursuivre jusqu’en juin. « Il y a 150 personnes en moyenne », relève-t-elle. Il est certain que les militants sont présents même si, selon ses détracteurs, « elle fait venir aussi à ses réunions, pour faire du monde, des gens qui ne sont pas du tout du secteur concerné ». Assertion contre laquelle s’élève un élu proche d’elle : « Au moins 90 % des présents sont du coin. Elle bosse énormément pour y parvenir ».

Le fait est toutefois que chez un certain nombre de militants actuels, l’animatrice en chef d’En Marche passe assez bien. « Normal, relève un engagé de la première heure, beaucoup sont partis, scandalisés par sa nomination stalinienne en octobre ».

En revanche, les relations avec les élus locaux de son parti semblent se tendre. Même si tous ne témoignent qu’anonymement. « Mais cela ne devrait pas durer tant la grogne monte », confie l’un d’eux. Il poursuit : « On a le sentiment qu’elle joue les militants contre les élus. Dans quelle stratégie ? Mystère ! »

Il donne un exemple : « Lorsqu’un député organise un événement, elle met une réunion au même moment ».

Plusieurs parlementaires ont d’ailleurs mal pris que lors de la venue à Lyon de la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, le 8 février, ils n’aient pas été conviés au déjeuner. Là encore, Caroline Collomb ne voit pas de problème : « J’ai d’excellents rapports avec les élus. Des maires et conseillers municipaux notamment ont rejoint En Marche ».

Cependant, certaines de ses récentes rencontres, avec des maires Synergie en intriguent également plus d’un.

« Que prépare-t-elle ? », s’interroge un édile de ce groupe. Tandis qu’un élu métropolitain LREM constate qu’« apparemment, elle fait ça dans le dos du président de la Métropole, David Kimelfeld ». Une autre complète : « Quand David veut faire des trucs avec les marcheurs, elle y met de la mauvaise volonté ».

« Agit-elle pour lui, pour elle, pour eux » ?

Les opposants à Caroline Collomb constatent, parfois amers, qu’elle « se sent portée et protégée par sa proximité, certainement réelle, avec le couple Macron et par la position centrale de son mari au gouvernement »

Pour se rassurer, l’un d’eux ajoute : « En politique plus encore qu’ailleurs, tout n’a qu’un temps ».

Des questions taraudent tout le monde et font que les langues ne se délient que visage masqué : « Agit-elle en symbiose avec le ministre, pour lui, pour elle ou pour eux ? » Nul n’est en mesure d’apporter une réponse tranchée, ne pouvant que reconnaître que le ministre de l’Intérieur – qui entretient tous ses réseaux lyonnais, les recevant régulièrement àBeauvau – n’a pas renoncé à Lyon ni à sa Métropole.

Ils sont tous également incrédules sur une possible doublette du couple en 2020 : « Ce serait la meilleure façon, de tout livrer à la droite, ville et Métropole », persifle avec un sourire un ancien camarade des Collomb au PS.

Michel Rivet-Paturel

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