Lyon Rythmes scolaires : la Ville défend sa copie

Quatre jours ou quatre jours et demi ? Les conseils d’école votent jusqu’au 6 février pour choisir le futur emploi du temps des petits Lyonnais.  Photo PQR
Quatre jours ou quatre jours et demi ? Les conseils d’école votent jusqu’au 6 février pour choisir le futur emploi du temps des petits Lyonnais. Photo PQR

L’opposition et même des élus de la majorité ont critiqué, lundi au conseil municipal, la concertation et les propositions de la Ville pour la future organisation des rythmes scolaires à la rentrée prochaine.

La concertation critiquée

Contrairement à l’UDI qui a salué « une approche non-partisane et non-idéologique », Dominique Nachury (LR) estime que la Ville aurait pu mieux faire : « Pourquoi ne pas avoir consulté plus largement les parents, les enseignants et les agents de la Ville ? » « Notre initiative de consultation est unique en France », réplique Jérôme Maleski qui détaille : « deux mois de concertation pour l’ensemble des acteurs, 15 000 visiteurs uniques sur la plateforme numérique dédiée et plus de 500 personnes aux treize réunions publiques », que l’adjoint à la Démocratie participative a animées avec Guy Corazzol. Celui-ci convient ironiquement qu’il « n’y a jamais assez de monde aux réunions » en taclant au passage le maire du 6e – absent au conseil – qui aurait, selon lui, tenté de faire capoter la réunion organisée dans son arrondissement. Pour l’adjoint à l’Éducation : « Tous ceux qui voulaient s’exprimer le pouvaient ».

Deux emplois du temps

« De nombreux parents et enseignants regrettent qu’aucune proposition n’ait fait le choix de neuf demi-journées comme l’impose normalement la loi », a souligné Denis Broliquier (UDI). Même remarque pour Thérèse Rabatel (Lyon Gauche solidaire), pourtant adjointe au maire, qui regrette que ce troisième scénario à neuf demi-journées « conforme à l’esprit de la réforme des temps scolaires et recommandé par l’État » ne fasse pas partie des options.

Un projet de ce type, défendu dans nos colonnes par Yves Fournel, l’ancien adjoint aux affaires scolaires, « coûterait 1,3 million d’euros de plus », selon Guy Corazzol, alors que les « deux propositions faites aux conseils d’école sont équilibrées pour les dépenses de la Ville et le budget des parents ».

Concentration du périscolaire

Dans les deux scenarii proposés au vote des conseils d’école, la Ville a décidé de concentrer le périscolaire le mercredi matin (4 jours de classe) ou le vendredi après-midi (4 ½ jours). Mais le positionner le vendredi après-midi dans l’hypothèse des 4 ½ jours, n’est pas pour plaire à Thérèse Rabatel. « Cette organisation déséquilibre la semaine, fait travailler trop sur trois jours, puis retire les enfants trop longuement de l’école dans un long week-end », a indiqué l’élue, comme elle l’avait fait en 2014. « On a étudié le mardi ou le jeudi après-midi », révèle l’adjoint à l’Éducation. « Mais à des enfants fatigués le vendredi après-midi, faut-il mieux leur enseigner les savoirs fondamentaux ou leur proposer des activités périscolaires… ? », a fait observer Guy Corazzol.

La pause de midi allongée

La pause déjeuner (de midi à 14 h 15) sera allongée d’un quart d’heure « pour améliorer les conditions de repas et de confort des enfants et du personnel ». Ces quinze minutes de plus seront sans conséquence sur le prix de la cantine qui a déjà augmenté trois fois depuis 2014.

Les “Mely” disparaissent

« La suppression des Mercredis de Lyon dans le scénario à quatre jours a laissé plus d’un parent pantois ! », a dénoncé Denis Broliquier. « Les Mely, qui ont des tarifs d’accueil plus intéressants que ceux des associations, accueillent les plus défavorisés. Il faudra que la Ville subventionne correctement les associations supposées remplacer les Mely… », a proposé Thérèse Rabatel. « Sur les 1 700 places, on ne compte que 1 200 inscrits. Les Mely ne représentent qu’une toute petite partie de l’offre extrascolaire de la Ville, a répondu Guy Corazzol. Il s’agit d’un choix budgétaire. Il fallait que les deux scenarii proposés soient équilibrés financièrement ».

Une garderie du soir payante

La Ville prévoit d’allonger la garderie du soir (de 1 h 15 à 1 h 45) et d’en faire un temps d’activités périscolaires qui sera payant. Thérèse Rabatel demande « la gratuité » pour les premiers trois quarts d’heure. Guy Corazzol promet « un tarif extrêmement attractif ». « L’étude ne durera plus que 30 minutes contre 1 h 15 auparavant. Mais les enseignants disent qu’après six heures de cours, trente minutes de devoirs suffisent, souligne l’adjoint qui précise que la période entre 17 h 30 et 18 h 30 sera « plus chère mais avec une tarification sociale ».

Sophie Majou et Sandrine Chabert

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?