Entretien Daniel Badoil, le papa de la collecte annuelle des sapins

Daniel Badoil est le responsable du service Nettoiement des espaces publics à la Métropole. Il supervise notamment l’opération de collecte de sapins sur le territoire.  Photo S.N.
Daniel Badoil est le responsable du service Nettoiement des espaces publics à la Métropole. Il supervise notamment l’opération de collecte de sapins sur le territoire. Photo S.N.

Daniel Badoil, responsable du service Nettoiement des espaces publics à la Métropole, est en charge du dispositif de collecte de sapins chaque année. Entretien.

Monsieur Badoil, vous êtes chargé de la mise en œuvre de ce dispositif. Que pouvez-vous nous dire sur cette initiative ?

« La collecte de sapins après les fêtes de fin d’année est un dispositif qui a été mis en place pour la première fois en 2007 par le Grand Lyon. Reconduit par la Métropole, l’objectif principal du dispositif est de lutter contre les dépôts sauvages de sapins dans les rues. Aujourd’hui, ce sont 171  points de collectes disposés sur quelque 64  communes qui viennent en complément des 19 déchetteries de l’agglomération lyonnaise. Cette opération, lancée le 3  janvier dernier, s’achèvera le 17 janvier. »

Comment déterminez-vous l’emplacement des points de dépôts ?

« Nous choisissons l’emplacement avec les communes participantes. Elles sont en charge de l’installation des barrières délimitant l’emplacement, et la Métropole fournit le panneau d’affichage et les camions de ramassage des sapins. »

Est-ce que ces emplacements varient selon les fréquentations ?

« Très peu. Il faut dire que les points de collecte restent similaires, même si, selon les besoins recensés, nous ajustons quelques lieux tous les ans. Par exemple, cette année, nous sommes passés de 160 à 171 points de collecte. Nous en avons ajouté pour le confort des usagers, et en accord avec les communes. L’objectif de l’opération étant la lutte contre le dépôt sauvage, la Métropole ne pose aucune limite en termes de points de collecte. Il faut ajouter que la collecte nous coûte, en l’état, 130 € par tonne collectée. Si le dispositif n’avait pas été mis en place, le coût pour la Métropole serait cinq fois plus élevé. »

Comment cette initiative est reçue par le public ?

« Je dirais que la population s’est bien approprié le dispositif. La preuve en chiffres : en 2007, pour la première collecte, ce sont 20 tonnes qui ont été ramassées. Aujourd’hui, nous comptabilisons quelque 200  tonnes par an. Nous avons aussi conscience que nous atteignons un plafond, il nous sera difficilement possible de dépasser ce seuil. Mais nous remarquons que la mise en place du dispositif a bien limité l’abandon sur le domaine public. Les usagers ont bien compris l’enjeu. »

En cas de dépôt sauvage, quel est le risque encouru ?

« Pour la personne qui dépose son sapin sur la voie publique, la peine encourue est une amende de 135 €.  »

Quand commencez-vous à organiser l’opération ?

« Nous sollicitons les communes entre fin octobre et début novembre pour une mise en place effective au début du mois de janvier. Nous essayons de solliciter toutes les communes de l’agglomération, même si, aujourd’hui, certaines ne sont pas intéressées. Elles sont en effet soit bien fournies en déchetteries, soit ne font pas face aux incivilités du dépôt sauvage. »

À quelle fréquence collectez-vous les sapins sur les 171 points de dépôts ?

« Les camions de la Métropole passent sur ces points tous les jours. Les sapins naturels, avec leurs socles en bois et les emballages compostables sont par la suite conduits sur l’un  des deux centres de tri de la Métropole. Le premier est situé à Vaulx-en-Velin, le second à Ternay. Les sapins et leurs socles sont reconduits vers une seconde vie. Ils sont transformés en compost ou en copeaux de bois. »

Combien coûte cette opération à la Métropole ?

« Le coût du dispositif s’élève à 20 000 € pour la Métropole. Il faut bien évidemment prendre en compte le fait que si ce dispositif n’était pas en place, les coûts engagés pour une collecte individuelle sur la voie publique s’élèveraient à 100 000 €. C’est 80 000 € de gains pour la collectivité. »

Pour consulter les points de collecte, rendez-vous sur le site www.grandlyon.com/services/points-de-collecte-sapins

Propos recueillis par Victoria Havard

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