Education Quatre jours ou quatre jours et demi : les écoles vont voter

Photo d’illustration Pierre AUGROS
Photo d’illustration Pierre AUGROS

Il faudra choisir entre le maintien de la semaine actuelle, avec le vendredi après-midi libéré, et le retour à la semaine des quatre jours, sans le mercredi travaillé. Maisons de l’enfance, centres sociaux et MJC assurent la prise en charge de la moitié des écoliers de la ville sur les temps périscolaires. Ces structures ont posté leur avis et leurs propositions sur le site de la Ville. Les points saillants.

Ce n’est pas officiel, mais il faudra choisir entre le maintien de la semaine actuelle, avec le vendredi après-midi libéré, et le retour à la semaine des quatre jours, sans le mercredi travaillé. Dans les deux cas, la mairie proposera des aménagements, notamment en termes d’allongement des garderies du soir (dont une tranche pourrait devenir payante).

Cette extension des horaires est réclamée par beaucoup de familles. Si le vendredi après-midi est maintenu, la municipalité pourrait aussi promettre d’améliorer le taux d’encadrement des enfants en maternelle, comme le souhaitent les structures employant des animateurs. Dans la deuxième option, celle du mercredi libéré et du vendredi après-midi travaillé, la municipalité lyonnaise élargirait sans doute l’offre des “mercredis de Lyon” à la matinée. Ce sont certainement les deux hypothèses sur lesquelles les conseils d’école seront consultés entre le 15 janvier et le 6 février. Dès ce mardi, la mairie communiquera officiellement ses propositions.

Moins d’enfants par animateur(trice)

Selon les Maisons de l’enfance, « le taux d’encadrement des temps périscolaires est trop important et engendre des impacts négatifs » : notamment des « temps collectifs lourds » et un « intérêt éducatif très limité ». Elles proposent d’échelonner le nombre d’enfants par animateur en fonction des âges, en démarrant à 8 enfants par animateur pour les plus petits.

Les centres sociaux jugent aussi que le taux d’encadrement actuel (1 animateur pour 14 enfants de moins 6 ans, et 1 animateur pour 18 enfants de plus de 6 ans) « pose vraiment problème pour la sécurité des enfants et engendre des difficultés pour un accompagnement et la mise en œuvre d’activités de qualité ».

Les MJC évoquent pour leur part des taux d’encadrement qui constituent « un frein important pour permettre aux équipes d’effectuer un travail de qualité dans la sérénité ».

Des animateurs plus stables et mieux traités

Les structures souhaiteraient professionnaliser les équipes d’animation mais se heurtent à des freins. Les Maisons de l’enfance signalent « des difficultés de recrutement » liées à la taille des groupes d’enfants, mais aussi la « rémunération trop faible », à de « trop petits temps d’accueil », à « une insuffisance des temps de préparation ». Les MJC dénoncent des « salaires inconfortables » et un « important turnover ».

Maisons de l’enfance et MJC font par exemple une suggestion : « que les animateurs et les agents de la Ville déjeunent avec les enfants » et demandent des temps de « travail collectifs pour les équipes », afin de permettre aux animateurs de se professionnaliser, de se stabiliser, de s’investir.

Davantage de cohérence

Les différentes structures veulent davantage de temps de préparation, d’échanges, de débriefing. Les MJC constatent un « manque de temps de coordination entre les différents acteurs (animateurs, Atsem et Asep, personnels de l’Éducation nationale…) », lequel induit une « difficulté à faire converger les projets ». Les MJC notent que beaucoup d’enfants alternent les modes de gardes au cours de la semaine et bien souvent d’une même journée. Les enfants ont donc, de fait, un emploi du temps « saucissonné » avec une alternance d’adultes référents, relèvent-elles dans leur contribution. Les centres sociaux proposent « des temps de concertations hebdomadaires pour la coordination des équipes ».

De meilleures conditions matérielles

Les Maisons de l’enfance signalent qu’elles ont augmenté de leur propre initiative l’encadrement des enfants par rapport aux préconisations « périscolaires », les estimant « intenables ». Elles préviennent qu’elles « ne pourront pas poursuivre cet effort financier » « Si la Ville de Lyon souhaite proposer une offre périscolaire de qualité, s’agissant d’un choix politique, il faut y mettre les moyens nécessaires : financiers, ressources humaines, formations, accompagnement », assènent-elles en conclusion.

Les centres sociaux demandent à « conforter l’économie des ALAE [accueil de loisirs associé à l’école, Ndlr] ».

Les MJC évoquent aussi la précarité des temps de travail et demandent la « pérennisation et structuration plus importante de certains postes (animation et fonctions supports) ».

Les enfants aiment l’école… et aussi le vendredi après-midi

L’école vue par Ismaël, 9 ans. / Photo DR
L’école vue par Ismaël, 9 ans. / Photo DR

Manque de sommeil ? À peine un élève sur cinq (1) se sent tout le temps en forme, et seulement un sur 20 se trouve en forme avant d’aller à l’école. Les enfants sont plus nombreux à se sentir en forme pendant le temps de midi et l’après-midi. Le plus dur, pour eux, c’est le lundi et le vendredi : deux jours où ils se sentent plus fatigués. En revanche, seulement 14 % des enfants se sentent fatigués le mardi.

Contrairement à une idée reçue, la plupart des enfants aiment l’école où 69 % trouvent qu’il y a une bonne ambiance. Mais – quand même ! – c’est la récré qu’ils préfèrent (82%) ! Ils sont également très nombreux (79%) à dire que l’ambiance est bonne ou très bonne sur les temps du vendredi après-midi, majoritairement apprécié… même si les uns (les plus grands) trouvent ce temps trop court, tandis que les autres (les plus petits) le trouvent trop long.

Enfin, lorsqu’on les interroge sur leurs propositions quant au contenu des mercredis et jeudis, la grande majorité entérine la répartition actuelle, à savoir pas d’école le mercredi après-midi et des activités le vendredi après-midi.

(1) Enquête réalisée par le cabinet Inkidata à la demande de la ville de Lyon. 5327 enfants sollicités sur 20 écoles, un millier de répondants pour certaines questions, environ 650 pour d’autres.

La consultation à Lyon a commencé dès mi-octobre

À Lyon, le rythme des quatre jours avait été adopté dès 1991. La Ville a attendu la rentrée 2014 pour passer aux quatre jours et demi. Elle a aussi choisi de ne pas raccourcir chaque journée, préférant libérer le vendredi après-midi, temps pendant lequel elle propose des activités payantes.

Pour décider de la suite, la municipalité a lancé une consultation en utilisant quatre moyens :

- Une plateforme numérique ouverte de mi-octobre à mi-décembre.

- Des réunions publiques par arrondissement de mi-octobre à début décembre.

- Une enquête auprès des enfants courant novembre.

- Des rencontres avec les acteurs de la communauté éducative (parents d’élèves, syndicats, centres de loisirs…)

Après le vote des conseils d’école, la décision doit être prise début février.

Et les autres ?

La Ville a organisé une plateforme numérique ouverte aux contributions (1). Ces contributions (1917 selon la Ville) n’étaient pour la grande majorité plus accessibles la semaine dernière. La Ville promet d’en communiquer la synthèse ce mardi, au moment où elle annoncera officiellement ses propositions d’emplois du temps et d’aménagements. D’après les éléments en notre possession, les avis sont souvent positifs sur les cinq matinées.

Beaucoup de parents demandent davantage de visibilité sur le contenu des activités, certains jugent que leur qualité peut être améliorée. De nombreuses familles demandent aussi d’étendre les horaires de garderie.

(1) Ces contributions sont en accès libre sur le site de la ville : www.lyon.fr  

Muriel Florin

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