CONCERTS Les Nuits noires, des moments à part

Lors de la 2e session des Nuits Noires, le 20 avril à Sofffa, un espace de co-working situé dans le 1er arrondissement. / Photo Emric Kabal
Lors de la 2e session des Nuits Noires, le 20 avril à Sofffa, un espace de co-working situé dans le 1er arrondissement. / Photo Emric Kabal

Deux Lyonnais organisent chaque mois un concert dans un lieu totalement plongé dans l'obscurité. Une expérience intense, pour les musiciens comme pour les spectateurs.

Les Nazca ont accepté sans hésiter. Invités à participer à la troisième session des « Nuits noires » organisée le mois dernier à la Taverne Guntenberg, les membres du groupe lyonnais ont tout de suite eu envie de relever un challenge il est vrai plutôt stimulant : jouer un concert dans un lieu entièrement plongé dans l’obscurité, devant un public qui ne connaît pas l’identité du groupe présent sur scène.

En amont, le quatuor a travaillé sur ses morceaux les plus complexes et fait quelques répétitions les yeux bandés, histoire de préparer un minimum le terrain. Le jour J, des gommettes phosphorescentes à appliquer sur leurs instruments comme seul repère, le stress le disputait à la hâte de vivre un moment à part. « On s’est rajouté de la difficulté mais au service du concept en intégrant petit à petit de nouveaux instruments, histoire de réserver des surprises au public » indique Navid, le percussionniste de la formation. « Ce qui ressort de nos concerts, c’est notre complicité et notre bonne humeur, on a tenté de faire passer cela mais à travers les notes de musique uniquement. On a été surpris de l’accueil du public, on a senti que les gens avaient envie de s’exprimer car ils avaient vu quelque chose d’unique, les applaudissements étaient particulièrement longs et nourris ».

"Vivre une expérience"

Ces instants magiques, musiciens et spectateurs les doivent à Elodie Parmentier et Jérémie Nicolas, les deux Lyonnais à l’origine du projet. « En octobre dernier, j’ai assisté à l’exposition d’un artiste au palais de Tokyo à Paris, où je travaillais» raconte la première, débarquée à Lyon il y a quelques mois. «Il avait plongé une pièce dans le noir et des performeurs déambulaient au contact du public, c’était assez bouleversant ».

Sa rencontre avec, Jérémie Nicolas, ingénieur du son, fera le reste. Les deux se lancent en février dans l’aventure des Nuits noires, dont la quatrième session a lieu ce jeudi soir à l’atelier Food Factory (Lyon 1er). « On se rend compte que le public vient pour vivre une expérience plus que pour voir un artiste » assurent les deux protagonistes qui envisagent déjà d’exporter leur concept à Paris ou à Berlin.

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Le groupe Nazca livre ses impressions après son concert dans le noir

Guillaume Beraud

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