Financement participatif La Miecyclette lance un appel aux Lyonnais pour acheter un nouveau vélo

Par temps de pluie, les boulangers de la Miecyclette revêtent la tenue complète. / Photo Marion Saive
Par temps de pluie, les boulangers de la Miecyclette revêtent la tenue complète. / Photo Marion Saive
Manu enfourne les pains prévus pour la tournée de l'après-midi. / Photo Marion Saive
Manu enfourne les pains prévus pour la tournée de l'après-midi. / Photo Marion Saive
Rachid entasse les cagettes dans le mètre cube et demi du fourgon, à l’arrière du vélo. « Saxe, la Ruche, Monchat, Foch », énonce-t-il à voix haute, répétant les étapes du parcours à l’envers, pour positionner le pain qui doit être livré en dernier dans le fond du cargo. / Photo Marion Saive
Rachid entasse les cagettes dans le mètre cube et demi du fourgon, à l’arrière du vélo. « Saxe, la Ruche, Monchat, Foch », énonce-t-il à voix haute, répétant les étapes du parcours à l’envers, pour positionner le pain qui doit être livré en dernier dans le fond du cargo. / Photo Marion Saive
Ce jour-là, Emmanuel est chargé de la vente de pains et cookies. / Photo Marion Saive
Ce jour-là, Emmanuel est chargé de la vente de pains et cookies. / Photo Marion Saive
Par temps de pluie, les boulangers de la Miecyclette revêtent la tenue complète. / Photo Marion Saive Manu enfourne les pains prévus pour la tournée de l'après-midi. / Photo Marion Saive Rachid entasse les cagettes dans le mètre cube et demi du fourgon, à l’arrière du vélo. « Saxe, la Ruche, Monchat, Foch », énonce-t-il à voix haute, répétant les étapes du parcours à l’envers, pour positionner le pain qui doit être livré en dernier dans le fond du cargo. / Photo Marion Saive Ce jour-là, Emmanuel est chargé de la vente de pains et cookies. / Photo Marion Saive

La boulangerie bio du 8e arrondissement de Lyon, qui livre une tonne de pain hebdomadaire, est bien embêtée. Son principal outil de travail, un vélo-cargo vieux de huit ans, montre de sérieux signes de faiblesse. Pas le choix, il faut le remplacer.

Ils font partie des premiers commerçants lyonnais à avoir opté pour le « véhicule du futur » alias le vélo, pour limiter leur empreinte carbone.
A la boulangerie autogérée de la Miecyclette, on fabrique un pain bio pétri à la main et cuit au feu de bois, directement livré via vélo-cargo dans les Amap (1) et commerces de proximité faisant office de points relais pour les particuliers.

Après 40 000 bornes dans les roues, le vélo-cargo accuse le coup

Le couac, c’est qu’après cinq ans d’activité « à l’équilibre financier précaire », le triporteur, unique moyen de transport et livraison, « 40 000 bornes dans les roues », accuse le coup. Les pannes se multiplient, les pièces de rechange sont difficiles à trouver, les coûts et temps d’immobilisation du vélo chaque fois plus importants (8000 euros ont été dépensés sur le triporteur l’an dernier en outillage et réparation).

Le temps presse. Le changement de véhicule est primordial, voire vital : 80 % de l’activité de la boulangerie repose sur la livraison de la tonne de pain hebdomadaire, via ce vélo-cargo à assistance électrique, alimenté en électricité 100 % renouvelable (les boulangers participent en parallèle au marché bio de Monplaisir les mercredis après-midi et assurent des permanences les lundis, mardis, jeudis et vendredis de 16h30 à 19heures). La Miecyclette a donc prévu de le remplacer pour un bolide plus solide et résistant, fabriqué outre-Rhin et conçu pour transporter des charges plus élevées (les cyclo-boulangers transportent dans le triporteur plus de 170 kilos pour chaque tournée). « La technologie allemande au service de la tradition française », plaisantent les employés.

Mobiliser les amis de la mie pour poursuivre l'aventure entamée en 2012

Pour acquérir le triporteur flambant neuf, Nadjejda, Rachid, Nicolas, Emmanuel, Manu et Quentin ont lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme Internet Zeste, gérée par la Nef (coopérative financière éthique qui propose des solutions d’épargne et de crédit pour mener des projets écologiques, sociaux et culturels). Clap de fin prévu le 8 juin. A ce jour, 4200 euros ont été récoltés sur les 11 000 escomptés. La bande de six espère mobiliser les amis de la mie pour poursuivre cette belle aventure entamée en 2012.

 

120 : le nombre de kilomètres avalés chaque semaine pour effectuer les tournées, soit 9 heures passées sur la selle du triporteur en moyenne.

 

(1) Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne.
La Miecyclette : 193, avenue Paul Santy, Lyon 8e. Tél. 09 72 31 52 08. Vente de pains et cookies à la boulangerie les lundis, mardis, jeudis et vendredis de 16h30 à 19 heures. Sur le marché bio de Monplaisir, place Ambroise-Courtois, les mercredis de 15 à 20 heures. Site web : www.lamiecyclette.fr / Livraisons dans le centre-ville de Lyon dans plus de neuf points relais (voir ici).

On a suivi Nicolas dans sa tournée

Un concept inédit

Dans la boulangerie « en dur » du 8e arrondissement tapissée d’affiches militantes axées féminisme et développement durable, où travaillent les six compères, d’anciens libraires, ingénieurs ou chargés de missions humanitaires reconvertis en boulangers, le système est bien rodé.

Cent kilos de pâte sont pétris en 45 minutes, aussitôt mis en fermentation, puis enfournés dans la foulée (pas d’étape en chambre de pousse comme pour les boulangeries traditionnelles). Une fois les pains sortis du four à bois traditionnel, le « boulanger du jour » - les employés endossent à tour de rôle les métiers de boulanger, livreur, vendeur et administrateur – prépare et pèse les farines pour le « boulanger du lendemain ». Un modèle de fabrication du pain et une rotation des postes qui leur permettent de ne travailler ni la nuit ni les week-ends.

Deux heures par semaine, les acolytes se réunissent pour aborder les problèmes rencontrer ou débattre de nouvelles idées à mettre en place concernant l’organisation et le fonctionnement de la boutique. Ils prolongent cette opération chaque année, lors d’un week-end séminaire en montagne (c’est là qu’ils ont décidé de changer de fournisseur pour la farine et de fabriquer un pain sans gluten pour étoffer leur gamme).

La Miecyclette est organisée en Scop (société coopérative et participative), c'est-à-dire que les six salariés sont les associés majoritaires : ils détiennent au moins 51 % du capital et 65 % des droits de vote.

Marion Saive (marion.saive@leprogres.fr)

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