Environnement Le cimetière de Loyasse terre d’accueil des oiseaux

Exceptionnel ! Après s’être posé quelques secondes au sommet d’une  des croix du cimetière, un faucon crécerelle prend son envol. Un peu plus tard, il attrapera un lézard des murailles qu’il ajoutera à son déjeuner.  Photo Joel PHILIPPON
Exceptionnel ! Après s’être posé quelques secondes au sommet d’une des croix du cimetière, un faucon crécerelle prend son envol. Un peu plus tard, il attrapera un lézard des murailles qu’il ajoutera à son déjeuner. Photo Joel PHILIPPON

Créer un refuge de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) au cimetière de Loyasse, le projet sera évoqué par les élus au prochain conseil municipal. Une première, pour ce site où ont été répertoriées près de 40 espèces.

Ici, c’est un paradis pour les rouges-queues, disent certains visiteurs. Et il n’est pas rare que dans les herbes hautes, on aperçoive des hérissons et des limaces. Le cimetière de Loyasse, abrite aujourd’hui une bonne quarantaine d’espèces animales… Ce n’est pas une légende, toutes ont été méticuleusement repérées par les spécialistes de la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux).

31 espèces d’oiseaux recensées

Des mammifères, des reptiles et surtout des oiseaux. Certains viennent y chasser ou font une pause. D’autres ne font que passer. Car ce large espace public de quelque 12 hectares, vieux de 200 ans, a été répertorié comme corridor, pour la migration des oiseaux venus d’Afrique.

La démarche d’entretien écologique, engagée depuis 2005 par la Ville de Lyon, y serait pour quelque chose. Le 0 phyto a peu à peu transformé les lieux en « site majeur de protection de la biodiversité ». « Maintenant qu’il y a des insectes, il y a des lézards et maintenant qu’il y a des lézards, il y a des faucons», résume Fabien Dubois, au nom de la LPO.

Du coup, toutes les conditions semblent réunies pour que le cimetière de Loyasse soit labellisé “Refuge LPO”. Un projet de convention entre la Ligue et la Ville, en vue de la création de ce refuge qui sera soumis aux élus, lors du prochain conseil municipal, doit fixer les choses.

Un refuge pour quoi faire ? 

Intégrer le réseau des Refuges LPO, « c’est conforter l’idée d’un site d’accueil pour la diversité, tout en conservant l’usage du site, insiste Joseph Giorgis, conservateur du cimetière. L’idéal est de trouver un équilibre entre les deux. »

« Cela nous permettra de réfléchir aux aménagements naturels à conduire, d’aménager des sites de nidification ou de reproduction pour la faune, ou de faire découvrir le patrimoine funéraire », explique Alain Giordano, adjoint au maire de Lyon, en charge des Espaces verts. « On ne demande pas d’être à 100 % irréprochable, explique Fabien Dubois, mais le but, c’est d’arriver à cela. »

Si les conseillers municipaux donnent leur feu vert à cette délibération, « Loyasse sera le premier cimetière de type patrimonial à devenir Refuge LPO en France », précise l’adjoint. La même démarche a été entreprise à la Roche-sur-Yon, mais là, il s’agissait d’un cimetière paysager, précise Élisabeth Rivière, présidente de LPO Rhône.

Fabien Dubois, chargé d’études à la LPO du Rhône, Jean-Pierre Cornu, directeur des cimetières de Lyon, Alain Giordano, adjoint en charge des Espaces verts, et Élisabeth Rivière, présidente de LPO Rhône.  Photo J. P.
Fabien Dubois, chargé d’études à la LPO du Rhône, Jean-Pierre Cornu, directeur des cimetières de Lyon, Alain Giordano, adjoint en charge des Espaces verts, et Élisabeth Rivière, présidente de LPO Rhône. Photo J. P.

« On retrouve le côté champêtre du cimetière »

“Refuge LPO”. Cette appellation, comme le définissent les responsables de la Ligue de protection des oiseaux, « est un label mettant en valeur des espaces qui préservent et développent la biodiversité, tout en offrant à l’homme, une qualité de vie ». Dans le Rhône, « le nombre de refuges est de 350, précise Élisabeth Rivière. Ce sont des particuliers, des entreprises ou des collectivités. Chacun de nous peut en faire la demande. » On est bien dans de nouvelles pratiques. « On revient à une situation antérieure, on retrouve la faune et la flore qui étaient dans les cimetières, lance Jean-Pierre Cornu. Entre les deux guerres, les gens venaient ramasser de l’herbe pour leurs animaux, le cimetière était davantage intégré à la ville… »

Aline Duret

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