Patrimoine La Renaissance du Vieux-Lyon ne veut pas d’une ville musée

Élisabeth Blanc-Bernard, présidente de l’association, devant un exemplaire du dossier ayant permis l’entrée de Lyon au patrimoine mondial de l’Unesco.  Photo Marie-Christine PARRA
Élisabeth Blanc-Bernard, présidente de l’association, devant un exemplaire du dossier ayant permis l’entrée de Lyon au patrimoine mondial de l’Unesco. Photo Marie-Christine PARRA

Créée en 1946, l’association Renaissance du Vieux-Lyon fête ses 70 ans avec habitants, commerçants et touristes.

« Nous ne sommes pas du tout passéistes ! Notre slogan ? Les Hommes passent avant les pierres », s’exclame dans un sourire Élisabeth Blanc-Bernard, présidente de la Renaissance du Vieux-Lyon.

L’association, créée en 1946 par François Pallasse, a bataillé ferme, des années durant, pour sauver le Vieux-Lyon de la démolition. Avec le concours d’André Malraux, alors ministre de la Culture sous De-Gaulle, l’association inscrit le territoire dans un parcours politique qui aboutira à être, avec les Pentes de la Croix-Rousse, la colline de Fourvière et une partie de la Presqu’île, classé en 1998 au patrimoine mondial de l’Unesco.

« Moyennant quoi, on a enregistré 20 % de touristes en plus l’année suivante ! », rappelle la présidente.

Cette victoire remportée, la Renaissance du Vieux-Lyon aurait pu s’arrêter là, mais l’association, forte de 450 membres, fête cette année ses 70 ans. « Aujourd’hui, on veille à mettre en valeur le site, à préserver la mixité sociale afin de garder le Vieux-Lyon vivant, que le quartier ne devienne pas un musée », explique Élisabeth. Ravie que Lyon soit la première destination européenne pour un week-end, la présidente de l’association se prononce pour un élargissement du périmètre touristique à d’autres sites, comme La Confluence.

Un numéro spécial et un jeu grand public

La Renaissance du Vieux-Lyon, Comité d’intérêt local (CIL), veille désormais au bien vivre des habitants et tente de cerner les enjeux de demain. Alors, pour célébrer cet anniversaire, l’association publie un numéro spécial de sa revue, dans lequel elle invite de jeunes enfants à découvrir le Vieux-Lyon.
Le numéro sera distribué dans les boîtes aux lettres du quartier. L’association a aussi conçu un jeu grand public, en 70 questions, récompensé d’un voyage de trois jours au Portugal. Questions à récupérer chez les commerçants participants. Vous avez jusqu’au 10 novembre pour rendre votre copie. (1)

Enfin, le photographe Yves Neyrolles a mis en scène, dans sa série “Le Vieux-Lyon a du talent”, commerçants, artisans et artistes qui font vivre le quartier en 2016.
Des photographies à découvrir à partir du 18 novembre, à 18 h 30, sur les grilles du palais de justice, rue Saint-Jean.

(1) Le bulletin réponse est à récupérer à l’association ou à télécharger sur le site de la Renaissance du Vieux-Lyon, à compter du 17 octobre. Renseignements au 04.78.37.16.04. et par mail à contact@lyon-rvl.com et www.lyon-rvl.com

"La ville est souvent citée en modèle pour la mise en exergue de son patrimoine"

Jean-Dominique Durand a présidé le conseil d’administration de l’Organisation des villes du patrimoine mondial (OVPM), ces vendredi et samedi en mairie centrale, depuis l’élection de Lyon à la présidence en 2015. L’adjoint du patrimoine s’est félicité : « Nous venons de franchir une nouvelle étape.
Pour Lyon, c’est une reconnaissance importante car le monde entier est présent au sein de l’OVPM. Nous avons discuté de son fonctionnement, de son budget, de ce qu’il faut apporter aux villes qui en sont membres. Ce sont des discussions intéressantes dans la manière de se comporter en termes de réflexions, de solutions, les bonnes pratiques, les expériences positives et négatives.
Lyon vient de remporter le prix du court séjour et notre ville est souvent citée en modèle pour la mise en exergue de son patrimoine. Le hasard a voulu que nous fêtions ce week-end les 25 ans du premier colloque international des villes du patrimoine mondial à Québec, et les 70 ans de la Renaissance du Vieux-Lyon, qui s’est battue pour conserver le patrimoine du quartier dans les années soixante. La RVL a sauvé l’un des éléments majeurs de l’Unesco. Preuve qu’il n’y a pas d’action mondiale, sans partir du local ! ».

Marie-Christine Parra

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