Patrimoine Marius Berliet, poids lourd de l’industrie

Marius Berliet en 1907.  Photo DR
Marius Berliet en 1907. Photo DR

Industriel visionnaire né à Lyon il y a 150 ans, Marius Berliet a créé un véritable empire automobile. Pour en savoir plus, conférence ce samedi à la bibliothèque de la Part-Dieu.

L’enfance à la Croix-Rousse

Marius Berliet est un enfant de la colline qui travaille. Son grand-père est arrivé du Nord Isère à la Croix-Rousse au début du XIXe siècle et Marius naît en 1866, premier d’une fratrie de sept enfants. La famille est très croyante. On travaille dur, on économise, on est discret. Après deux ans d’apprentissage, Marius rejoint l’atelier familial de tissage. Il a 17 ans.

La passion de la mécanique

Travailleur acharné, Marius est aussi ambitieux. À 28 ans, il construit un moteur monocylindrique, et une voiture à deux places avec laquelle il fait le voyage aller-retour à Villefranche-sur-Saône. 

Les premiers pas industriels

À 30 ans tout juste, Marius Berliet a acheté un atelier rue Sully et fabrique déjà six voitures par an. Pour accélérer son développement, il rachète l’entreprise pionnière de l’automobile lyonnaise Audibert et Lavirotte en 1902, et les affaires s’envolent. Ses voitures gagnent des courses et une compagnie américaine lui achète des licences. Avec ces premiers succès industriels et sportifs, il s’installe sur 12 000 m2 à Monplaisir. En 1913, l’usine compte 3 150 employés et fabrique 4 000 autos et camions dans l’année.

Le choix du diesel et de Vénissieux

Après la guerre de 1914-2018, Marius Berliet voit encore plus grand. Sur le modèle de Ford, et convaincu des mérites du Taylorisme, il fait construire une usine à Vénissieux sur près de 300 hectares. Une gare pour les trains, une ferme pour les chevaux, des habitations pour les ouvriers : tout est construit sur un même site, et surtout une production industrielle à la pointe de la modernité. Berliet a fait le choix du diesel, et anticipé un mouvement qui lui donnera une longueur d’avance.

La guerre et l’occupation

Pour avoir livré des véhicules aux Allemands (sur ordre de Vichy, soulignent ses défenseurs), la société Berliet est placée sous séquestre et une gestion ouvrière est instituée durant quelques mois. La famille retrouvera les commandes de l’usine en décembre 1949. Mais Marius Berliet est décédé en mai, dans sa retraite cannoise. C’est son fils Paul qui prend sa succession…

note Conférence. Monique Chapelle, vice-présidente de la Fondation Berliet, évoquera la vie et l’œuvre de Marius Berliet samedi 1er octobre à 15 heures à la bibliothèque de la Part-Dieu, 30, boulevard Marius-Vivier-Merle, Lyon 3e.

T.M.

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