Environnement On a trouvé un toit pour les crapauds accoucheurs de Villeurbanne

Les alytes accoucheurs capturés ont été déplacés sur l’îlot central du nouveau quartier.  Photo Yannick PONNET
Les alytes accoucheurs capturés ont été déplacés sur l’îlot central du nouveau quartier. Photo Yannick PONNET
L’une des mares : un caniveau traversant toute la Zac l’alimente et permet le passage des animaux.  Photo Yannick PONNET
L’une des mares : un caniveau traversant toute la Zac l’alimente et permet le passage des animaux. Photo Yannick PONNET
Les alytes accoucheurs capturés ont été déplacés sur l’îlot central du nouveau quartier.  Photo Yannick PONNET L’une des mares : un caniveau traversant toute la Zac l’alimente et permet le passage des animaux.  Photo Yannick PONNET

Découverts au début du chantier de la Zone d’aménagement concerté des Maisons-Neuves à Villeurbanne, des batraciens protégés ont été préservés, puis déplacés sur un site tout spécialement conçu pour eux.

Respect de normes environnementales dans la construction, aménagement paysager verdoyant, etc. A Villeurbanne, un petit écoquartier sort de terre sur le territoire de la Zac Maisons-Neuves, entre la rue Jean-Jaurès et l’avenue Saint-Exupéry. Et s’il avait besoin d’un symbole, il serait tout trouvé : le crapaud accoucheur ou, plus exactement, l’alyte accoucheur. Chez cette espèce protégée (1) , le mâle en a plein le dos après un rapport sexuel : c’est là qu’il transporte les œufs fécondés. Or, il se trouve que des alytes accoucheurs ont été repérés sur le chantier. Un enclos a été réalisé pour les protéger, retardant l’édification d’un bâtiment.

Coût pour l’aménageur de la Zac, Lyon métropole habitat (LMH, ex-Opac du Rhône) : 18 000 €. Depuis, des « mesures compensatoires, d’accompagnement et de suivi pour la protection des alytes accoucheurs » ont été adoptées par LMH, la Ville et le Grand Lyon. Moyennant, une dépense de l’ordre de 400 000 €, des aménagements ont été réalisés et un suivi est prévu sur 15 ans. Un “crapauduc”, corridor abrité qui permet notamment de traverser une rue, quatre mares (dont une sur le square Florian), des gabions, des hybernaculums (tas de pierres sur lesquels se réfugient les alytes) et des clôtures ont été installés depuis le printemps dernier. Ces espaces préservés serviront à d’autres espèces animales (2) , mais les alytes en sont les premiers bénéficiaires.

Une soixantaine d’adultes

« Il y a eu une campagne de capture et déplacement. Nous sommes arrivés à 2 500 têtards et une soixantaine d’adultes », indique Olivier Montavon, zoologue au bureau d’études Ecosphère, chargé du suivi du dossier avec Carole Bon, spécialisée en ingénierie écologique au sein du même bureau d’études. Si tout se passe bien, des juvéniles ou de jeunes adultes devraient migrer de l’îlot central de la Zac, où les alytes ont été transférés, vers les mares inhabitées créées pour eux.

Point essentiel : la sensibilisation des riverains, notamment pour éviter de polluer les sites. Des habitants du Village vertical ont déjà manifesté leur intérêt pour le projet. Ils pourraient être associés au suivi de la population des batraciens. Un suivi qui démarrera en 2017. Un atout, aux yeux d’Olivier Montavon, pour qui le dossier des Maisons-Neuves revêt un caractère exemplaire. « C’est un projet ambitieux et salutaire. Ce n’est pas si simple de maintenir la biodiversité », souligne en effet le zoologue. Sa collègue met volontiers l’accent sur l’importance de la nature en ville pour les êtres humains : « C’est aussi un cadre de vie apporté aux habitants. Quand on est sur son balcon, c’est quand même apaisant d’entendre les oiseaux. » Ça tombe bien : le chant de l’alyte accoucheur est souvent confondu avec celui d’un oiseau.

(1) Tous les amphibiens sont protégés.

(2) Le hérisson, le lézard des murailles, etc. Des nichoirs pour oiseaux et gîtes pour chauve-souris sur des arbres préservés figurent parmi les installations sur la Zac.

Yannick Ponnet

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