Portrait Marie-Antoinette, sa vie d’infirmière est un roman

Marie-Antoinette Galland (a droite) au côté de l’écrivain Isabelle Kauffmann.  Photo Philippe JUSTE
Marie-Antoinette Galland (a droite) au côté de l’écrivain Isabelle Kauffmann. Photo Philippe JUSTE

Marie-Antoinette Galland, 87 ans, fut l’une des premières infirmières libérales de Lyon. Elle n’a jamais quitté son quartier où elle a rencontré Isabelle Kauffmann, qui a décidé d’en faire le personnage principal de son roman.

L’une est médecin et écrivain, l’autre infirmière à la retraite. Ces deux-là se sont rencontrées au cinéma, lorsque fut projeté à Lyon, le documentaire Les anges anonymes, d’Olivier Ducray, sur la vie de Françoise Lainé Mermet Maréchal, infirmière à Lyon. Une rencontre qui débouche aujourd’hui sur un roman qui a pour héroïne une certaine Marie-Antoinette. Battante, généreuse, déterminée, à 87 ans comme elle l’était déjà à 20, dans son quartier de la Guillotière qu’elle n’a jamais quitté… même s’il a beaucoup changé : « C’était un village, très solidaire ».

« J’ai commencé comme infirmière à l’hôpital Saint-Joseph et à la Croix-Rouge, mais quand mon fils de 8 mois a pris une méningite, j’ai voulu le soigner à la maison. C’est comme ça que j’ai commencé à travailler à domicile », se souvient-elle. « J’allais chez les gens du quartier pour faire des perfusions, des intraveineuses, des pansements, la toilette du papy qui venait de mourir, un peu tout ». Très vite, Marie-Antoinette installe un dispensaire au rez-de-chaussée, tandis que son mari fait le kiné à l’entresol. « Le matin, je partais pour des urgences, des piqûres d’insuline, des anticoagulants, et le soir, je recevais les clients qui rentraient du boulot ». En 50 ans, pas un seul jour de repos, mais une paire de bas usée par jour et une paire de chaussures à changer tous les mois ! « Quand vous commencez un traitement pour quelqu’un, il faut bien continuer, sinon vous allez planter des choux ! » Seul le mois d’août était sacré, pour les vacances en famille.

« Je n’ai que des bons souvenirs de mon métier, je n’ai aucun mérite car j’étais faite pour ça, et ça ne m’a jamais coûté de soigner les gens qui souffrent. Encore maintenant, s’il le fallait, je me sentirais capable de travailler. Je ne suis qu’une petite bonne femme mais j’ai fait tout ce que j’ai pu ».

Françoise Monnet

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?