Bande dessinée Efix : « Mon enthousiasme séduit bon nombre de libraires »

Efix devant la Mère-Brazier, à Lyon, qu’il a dessiné dans  12 rue Royale / photo David Tapissier
Efix devant la Mère-Brazier, à Lyon, qu’il a dessiné dans 12 rue Royale / photo David Tapissier

François-Xavier Robert, alias Efix, est Lyonnais depuis quinze ans. Il revient sur son parcours et sur cette ville qu’il a appris à aimer.

Premiers pas

« Je suis né à Lille. J’avais 6 ans quand ma famille est partie à Grenoble et j’y suis resté jusqu’à l’âge de 16-17 ans. »

Le dessin

« À cette époque déjà, j’aime la BD et j’adore Disney dont le dessin m’a toujours inspiré. Après une scolarité difficile, je monte à Paris voir des éditeurs. Ils me disent que mon travail est non publiable et je laisse tomber, découragé. »

La communication

« Je rentre à Grenoble et, en 1987, je crée une boîte de graphisme avec deux amis à Paris, Logonotive. En 1994, on lance une branche axée sur la communication tournée BD publicitaire et animation, Edgar, le cochon en smoking. »

Première BD

« Même si je gagne bien ma vie, je ne suis pas en cohérence avec mes rêves de gosse. Je quitte Logonotive, et me lance dans le premier volet de Mon amie la poof : Moorad , un polar en auto-édition. Mon enthousiasme séduit bon nombre de libraires. »

Petit à petit

« En 2001, je me lance dans un projet sans prétention K, une jolie comète, avec Chric , autour de la mort. Il est publié par les éditions Petit à petit, qui me demandent ensuite si je n’ai pas autre chose. Je fais tous les tomes de Mon amie la Poof , édités en tout entre 20 000 et 25 000 exemplaires. »

Premier pas à Lyon

« C’est Natacha, ma compagne qui me fait venir pour la rejoindre en 2000. Mon premier souvenir, c’est cette autoroute qui traverse la ville et les bouchons sous Fourvière… Incompréhensible. »

Dessiner Lyon

« Avec Les amis de Josy , un polar qui se passe à Lyon, je découvre la ville en la dessinant et en prenant beaucoup de photos. C’était en 2002-2003. 12 rue Royale me permet de redessiner Lyon avec plus de dix ans d’expérience. »

L’engagement

« Je suis un dessinateur tout-terrain, qui répond présent à toutes les sollicitations graphiques. Mais la BD, c’est différent, j’ai toujours voulu faire quelque chose dont je sois fier. »

Putain d’usine

« Ce livre, adapté d’un roman, raconte le quotidien d’une classe ouvrière. À titre personnel, j’aime l’humanité du livre, mais c’est vrai que l’engagement aux côtés de Jean-Pierre Levaray m’a certainement coupé d’une partie du lectorat. Mais je ne peux pas regretter l’étiquette que je me suis mise… »

Le gag

« Je suis de nombreuses fois sollicité chez Bamboo, par l’intermédiaire d’Hervé Richez. Jusqu’à présent, j’ai toujours l’impression que je ne suis pas à la hauteur de ce qui a provoqué mes rires de gosse en lisant des BD : Franquin, Uderzo, Gotlib… C’est du respect, pas de la prétention ! »

12 rue Royale

« En fait, je n’ai pas envie d’ajouter une pierre à la noirceur du monde d’aujourd’hui et je me dis, “En attendant rions !” Ça a été le bon compromis pour moi avec Hervé : une comédie humanitaire sur la Mère-Brazier à Lyon, qui parle de bouffe et d’hédonisme ! C’est l’anti-thèse de Putain d’usine mais surtout une passerelle parfaite pour faire de la comédie. »

Mathieu Viannay

« Il est comme Lyon pour moi : pas immédiatement séduisant. Il ne se laisse pas approcher facilement mais c’est intéressant de gratter un peu. Matthieu prouve son respect dans le calme : nous avons un respect mutuel, teinté d’admiration. »

L’atelier

« C’est une misère pour moi, ce n’est pas un lieu pour travailler, d’ailleurs je dessine chez moi. En pourtant, j’aime cela ! C’est faire partie d’un collectif qui est cool, un véritable endroit de lien social. »

Lyon aujourd’hui

« J’y ai la femme de ma vie et la BD : tout ce que j’attendais de la vie est à Lyon, c’est normal que j’aime cette ville ! Même si, on ne tombe pas sous son charme au premier abord. Mes lieux préférés ? La Croix-Rousse. J’y ai habité quinze ans et j’adore. En fait, les traboules représentent bien cette ville : il faut fouiller pour les apprécier pleinement. »

Propos recueillis David Tapissier

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