Religion Musulmans et catholiques réunis : "Nous avons posé ensemble un acte de paix"

Chrétiens et musulmans à la fin de la messe dominicale dans le chœur de l’église Sainte-Madeleine   des Charpennes / Document remis
Chrétiens et musulmans à la fin de la messe dominicale dans le chœur de l’église Sainte-Madeleine des Charpennes / Document remis
Au côté du père Michel Le Piouff, Nadia Bouatil a témoigné de « notre amitié, notre compassion et notre peine de la perte d’un frère en Dieu et l’humanité » / Document remis
Au côté du père Michel Le Piouff, Nadia Bouatil a témoigné de « notre amitié, notre compassion et notre peine de la perte d’un frère en Dieu et l’humanité » / Document remis
Chrétiens et musulmans à la fin de la messe dominicale dans le chœur de l’église Sainte-Madeleine   des Charpennes / Document remis Au côté du père Michel Le Piouff, Nadia Bouatil a témoigné de « notre amitié, notre compassion et notre peine de la perte d’un frère en Dieu et l’humanité » / Document remis

Une quarantaine de fidèles musulmans est venue partager la messe dominicale à l’église Sainte-Madeleine, place Wilson. Un témoignage « de compassion et de solidarité » qui suscite beaucoup d’émotion chez les paroissiens.

La célébration de ce dimanche était la première après le meurtre barbare dont a été victime le père Hamel à l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, en Normandie.

Partout en France, dans une grande ferveur, des fidèles de toutes confessions ont chanté et prié ensemble, rendant hommage « à cet homme qui a fait face à un acte de violence et donné sa vie à la suite de Jésus. Il a absorbé la haine pour que l’amour et la miséricorde soient sauvés ».

Comme l’a évoqué le père Michel Le Piouff dans son homélie (sermon, discours. NDLR) à Villeurbanne. Sur les bancs bien remplis de l’église Sainte-Madeleine des Charpennes, une quarantaine de musulmans a partagé ce moment de prière.

Des larmes et des sourires

Une présence singulière, nombreuse, qui ne répondait pas seulement à l’invitation faite par les autorités religieuses musulmanes de participer à la messe mais plutôt du résultat du « vivre-ensemble partagé de longue date dans le quartier ».

Notamment par un petit groupe de femmes catholiques, musulmanes et évangéliques. « Spontanément, nous avons eu envie de manifester notre peine et notre compassion à nos amies chrétiennes. Le choc a été très fort pour nous et cela a réveillé notre volonté de construire des ponts et de nous unir », explique Nadia Bouatil, membre de ce groupe de “Femmes en action”, ainsi que de la mosquée Othmane de Villeurbanne.

Un acte de paix

« Nous avons demandé si nous pouvions venir assister à la messe, puis d’autres musulmans sont venus aussi. Nous avons été accueillis avec beaucoup d’émotion. La cérémonie a été forte. »

Ainsi que l’atteste le prêtre de la paroisse, tout juste rentré des Journées mondiales de la Jeunesse à Cracovie : « Il y a, dans le quartier, des gens de dialogue, un vécu de partage et d’échange interreligieux, le tissu humain est déjà lié. Ce n’est toutefois pas rien pour un musulman que d’aller dans une église. Et ça n’a pas été facile pour tous les paroissiens non plus. Il y a eu beaucoup d’émotion des deux côtés. Nous avons posé ensemble un acte de paix. La force de la foi nous aide à ne pas mal réagir face à cet acte terrible et barbare. L’essence du christianisme c’est la paix. À Villeurbanne, comme ailleurs, nous sommes preneurs de ces moments où on peut vivre ensemble ce qu’on peut dire de Dieu avec nos amis musulmans, même si nous sommes différents. »

Émilie Chaumet

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