Sécurité Parmi les patrouilles militaires, des réservistes venant de tout horizon

À première vue, rien ne permet de distinguer le sergent réserviste Nicolas (au centre) d’un soldat d’active.  Photo Pierre AUGROS
À première vue, rien ne permet de distinguer le sergent réserviste Nicolas (au centre) d’un soldat d’active. Photo Pierre AUGROS

En réponse aux récents attentats, le gouvernement mise sur la réserve opérationnelle pour soutenir les 10 000 soldats déployés dans l’opération Sentinelle. Ces réservistes sont déjà nombreux à patrouiller dans le département.

D’ordinaire, Nicolas a plutôt la tête à son auto-entreprise de BTP, située dans le sud de la France. Mais aujourd’hui, il s’est paré de son béret de sergent, de son fusil Famas et du reste de son équipement de soldat pour patrouiller devant la synagogue de Saint-Fons.

« Ça fait une dizaine d’années que je suis engagé dans la réserve. C’était juste après un court passage dans l’armée d’active (soldats non réservistes). Mais c’est vrai que depuis Charlie, mon nombre de missions s’est intensifié. J’ai le sentiment d’être utile, de soulager un peu les soldats en poste », explique le réserviste, pleinement intégré au 4e régiment du matériel de Nîmes (RMAT).

Une présence dissuassive

La patrouille se déroule calmement dans un secteur pourtant identifié comme sensible par la préfecture de police. Sous un beau soleil d’été, les rues sont presque désertes. Mais les militaires restent vigilants. Le souvenir du prêtre assassiné est encore dans toutes les têtes.

« C’est ma deuxième mission dans l’opération Sentinelle. Pour l’instant, je n’ai jamais eu à gérer des pics de grand stress. En général, notre seule présence est dissuasive, elle canalise. Mais si jamais je devais faire face à ce type de situation, je serais prêt. Nous sommes formés pour ça », assure le sergent Nicolas, mobilisé avec la réserve pendant huit semaines.

Un peu plus loin, Virginie inspecte les alentours. En se fiant uniquement à son uniforme, ou sa tenue, fusil en main, impossible de la deviner réserviste. Pourtant, cette première classe ne porte le kaki que depuis quelques mois seulement.

« J’y réfléchissais depuis un certain temps déjà, mais j’ai pris ma décision après les attentats de novembre. Par la suite, j’ai suivi une formation en février. C’était court mais condensé ! J’y ai appris le maniement des armes, comment réaliser une patrouille, etc. », présente Virginie, travaillant d’ordinaire dans le domaine de la santé.

Cette formation dure seulement deux semaines, contre six mois pour les soldats d’active. Une différence qui interroge. Mais le commandant Rémi tient à rassurer : « Ce n’est qu’un premier vernis. Ce n’est pas en quinze jours seulement que l’on devient soldat ! Pendant la durée de leur engagement, on bloque des périodes, comme les week-ends, pour entraîner les réservistes. Après, sur le terrain, on ne va pas leur demander le même degré de sophistication que des soldats d’active. Ils ne vont pas manipuler des snipers par exemple. Ils restent des civils qui doivent jongler entre leur travail et la réserve. ».

Jérôme Gallo

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