Attentat de nice Sécurité renforcée et événements maintenus dans le Rhône

Drapeaux en berne dans les mairies et palais de justice en bleu blanc rouge, pour ces trois jours de deuil national.  Archives Maxime JEGAT
Drapeaux en berne dans les mairies et palais de justice en bleu blanc rouge, pour ces trois jours de deuil national. Archives Maxime JEGAT

Le préfet prévoit un renforcement du dispositif de sécurité autour des événements festifs et des lieux de grand passage avec des patrouilles mixtes, le renfort de réservistes. Et le maintien des 750 militaires de l’opération Sentinelle.

« Il est hors de question de tout annuler et de tout stopper : ce serait donner raison à nos adversaires. » Après l’attentat de Nice, le préfet Michel Delpuech a annoncé hier vendredi une série de mesures, qui va se traduire par des renforts sécuritaires déployés sur le terrain.

« Nous étions déjà en état d’urgence et il est difficile de mobiliser davantage d’hommes », a-t-il néanmoins tempéré, évoquant un niveau de menace terroriste « très élevé ».

750 militaires dans la région

Il n’y aura donc pas d’arrivée massive de gendarmes ou de militaires supplémentaires. Mais l’opération Sentinelle, qui aurait dû diminuer en effectifs, sera finalement maintenue au même niveau qu’au lendemain des attentats du Bataclan avec 750 militaires présents dans la région et 10 000 en France.

« Ces militaires seront déployés sur tous les événements de l’été en Rhône-Alpes-Auvergne. » Ils seront complétés par l’apport de réservistes de la gendarmerie et de la police. C’est l’autre principale annonce du préfet, qui veut utiliser ces personnes, le plus souvent retraitées, en soutien sur des missions de sécurité publique.

Concerts, festivals, petites fêtes de village : chaque rassemblement sera étudié à la loupe par la préfecture, en amont. « Nous sommes en train de recenser toutes les manifestations festives programmées dans la région.

Ces événements seront réexaminés pour que nous apportions un accompagnement en termes de sécurité. » Une étude au cas par cas, destinée à compléter, si besoin, les renforts sécuritaires en fonction « de la taille, la durée de l’événement et l’affluence attendue ».

Contrôles accrus

Contrôles et fouilles accrues des accès aux manifestations, barrières supplémentaires, patrouilles visibles et nombreuses : le dispositif sécuritaire devrait prendre encore plus de consistance.

« Tous les organisateurs doivent être conscients de leurs responsabilités », a insisté le préfet, encourageant les rapprochements avec les sociétés privées de sécurité. Il a adressé une missive aux maires du Rhône, leur demandant d’être « très vigilants » sur les dispositifs d’organisation.

Dans tous les lieux de grands passages, la sécurité sera également placée à un niveau maximal. Aéroports, gares, péages : les contrôles d’identité et les fouilles des bagages vont s’intensifier dans la région.

« On s’appuiera notamment sur des patrouilles mixtes, qui deviendront plus systématiques », a souligné le préfet. Celles-ci seront composées de policiers et gendarmes associés à des militaires.

Des réservistes bientôt convoqués

Des anciens militaires ou policiers à la retraite, mais aussi des volontaires. L’attentat de Nice vient brusquement de replacer la fonction de « réserviste opérationnel » au cœur de l’actualité.

Dans le Rhône, l’armée en compte environ 1 200. Certains devraient prochainement être convoqués pour assurer des missions de sécurité publique et de protection de la population. Les contours définitifs de leur rôle dans la région n’ont pas encore été précisés.

« Nous souhaitons utiliser ces personnels pour des missions utiles, pertinentes et en mixité avec des policiers, gendarmes ou militaires », a expliqué le préfet Michel Delpuech, qui applique cette mesure nationale d’appel aux renforts des réservistes opérationnels.

Ceux qui, à un moment de leur carrière, ont été sous les drapeaux ou dans les effectifs de la gendarmerie ou de la police, seront sollicités en priorité. Leur mission sera de soulager les effectifs des forces de l’ordre.

Mais leur incorporation ne devrait pas être instantanée, selon le préfet. « Nous avons des listes. Il faudra vérifier que chacun soit à jour au niveau de sa formation. »

Après avoir signé un contrat de un à cinq ans, les réservistes peuvent être mobilisés 30 jours par an, en remplissant des missions de manœuvres et de surveillance du territoire identiques à celles des militaires en activité. Ce sont des Français âgés de plus de 17 ans, jamais condamnés et en règle avec les obligations du service national.

« Ce seront certainement les réservistes les plus expérimentés, déjà formés à ces missions de sécurité, qui seront convoqués dans un premier temps », a estimé l’ancien ministre de la Justice Michel Mercier, juste après la réunion privée à laquelle il a participé hier avec le préfet, les parlementaires et les acteurs économiques.

Yoann Terrasse

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