Fan zone L’Euro en Presqu’île : riverains et commerçants n’ont pas été tous fans

La fan zone, en phase de démontage jusqu’au 17 juillet, a abrité jusqu’à 28 000 personnes en une journée.  Photo  Philippe JUSTE
La fan zone, en phase de démontage jusqu’au 17 juillet, a abrité jusqu’à 28 000 personnes en une journée. Photo Philippe JUSTE

Si la fête de l’Euro a été réussie et la sécurité garantie, riverains et commerçants ont parfois souffert.

Un mois de fan zone, du 10 juin au 10 juillet, c’est long lorsqu’en centre-ville, on subit des nuisances sonores nocturnes quotidiennes, des difficultés de stationnement avec la neutralisation du parking Bellecour et de 80 places en surface, le détournement de certaines lignes de bus (Ndlr : le secteur Bellecour Est/Le Viste était interdit à toute circulation de midi à minuit), la fermeture occasionnelle de la station métro Bellecour…

Denis Broliquier (UDI), maire d’opposition du 2e, n’a eu de cesse de monter au créneau pour faire entendre la voix des riverains. Pour autant, l’édile a reconnu, lors du conseil municipal le 4 juillet, que les problèmes liés à la fan zone étaient peu nombreux.

Il s’est même félicité du nombre de touristes attirés par ce dispositif dont il avait demandé l’annulation pure et simple à cause « du risque d’attentat ».

Bellecour, Mercière-Monnaie : les points noirs

Le revers de la médaille, c’est une centaine de plaintes émanant de riverains, commerçants, visiteurs de la presqu’île, enregistrées en mairie d’arrondissement ou en direct auprès des élus du 2e (écrites et orales).

Et c’est sans compter celles arrivées directement à l’Hôtel de Ville.Le CIL (comité d’intérêt local) centre Presqu’île était monté au créneau très tôt en demandant l’interdiction de consommation d’alcool dès 18 heures en Presqu’île. L’arrêté préfectoral a été difficile à appliquer. Impossible à enrayer non plus, son cortège de dégâts collatéraux : cris et hurlements des personnes en état d’ébriété tard la nuit, problèmes de propreté, déchets, urine et vomis dans les rues…

Avec 160 000 litres de bière consommés sur la fan zone en un mois, et un 2e arrondissement qui pèche par son manque de toilettes publiques, les entrées d’immeubles ont souvent servi de lieu d’aisance.

« Place Bellecour, ce fut infernal, rue de la Monnaie aussi. On accepte en Presqu’île quatre jours de fête des Lumières mais un mois durant des cris dans les rues, c’est difficile à supporter surtout quand la chaleur s’y met ! Le centre-ville de Lyon est un lieu de résidence contrairement aux grandes villes d’Europe. À Paris, autour du Champ-de-Mars, il y a peu de logements ! », souligne Bernard Colombaud, président du CIL.

Il reconnaît aussi que « les dispositions de la mairie centrale ont été suivies et les promesses tenues en matière de circulation notamment. »

L’association les Amis de la place Antonin-Poncet a très vite alerté les énormes consommations d’alcool, notamment les veilles de matchs : «On est content du service de nettoiement beaucoup plus présent que d’habitude. Les capsules de bière et morceaux de verres sont incrustés dans la pelouse. Aujourd’hui, il y a du travail sur la place Poncet ! », observe la présidente Pascale Rémi.

En chiffres

104 :En marge de l’Euro, le nombre de personnes interpellées à Lyon pour des violences, ventes à la sauvette ou usage de fumigènes. 70 arrestations ont eu lieu dans la fan zone et ses abords.

110 :Le nombre d’agents de sécurité présents chaque jour d’ouverture, appuyés par 300 policiers et gendarmes. Les forces de l’ordre sont intervenues deux fois dans la fan zone : lors d’une rixe au couteau (France-Albanie) et pour des jets de gobelets remplis de sable (Portugal-Galles).

574 :Le nombre de personnes prises en charge par les secouristes.

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