Patrimoine Aux bons souvenirs de la brasserie Georges

Christophe Laurent est responsable du bar de la Georges.  Photo J.-C. MORERA
Christophe Laurent est responsable du bar de la Georges. Photo J.-C. MORERA

La brasserie Georges fête cette année ses 180 ans. La vieille dame ne perd pas la mémoire des rencontres et anecdotes qui pimentent souvent la venue des clients.

Une femme se présente à l’accueil de la brasserie Georges : « Bonjour, j’ai réservé au nom de Deneuve ». Le maître d’hôtel, sans lever le nez de son agenda, sur un ton goguenard : « Comme Catherine ? »

Pas de chance, c’est bien la grande Catherine qui profite de son passage au Festival Lumière pour emmener déjeuner sa fille et son agent. L’employé ne s’est toujours pas remis de sa boulette.

Le directeur, Jacky Gallmann, le répète à l’envie : « Ici, c’est une salle de spectacle. Il se passe toujours quelque chose. » Comme ces musiciens qui sont un jour venus incognito, par petits groupes. Une fois installés aux quatre coins de la salle, ils ont discrètement sorti leurs instruments et se sont tous levés d’un coup pour jouer un premier air.

« C’était surprenant, mais les clients ont trouvé ça drôle et ils ont applaudi les musiciens, qui ont rejoué dans la soirée. Nous n’étions pas au courant, mais tant que c’est bon enfant, on laisse faire », s’amuse Jacky Gallmann.

Dix ans que Christophe Laurent est le patron du bar de la brasserie Georges. Cet ancien du groupe Accor est venu pour l’univers brasserie. Il est resté pour l’esprit de la Georges : « Ici, c’est plus difficile d’en partir que d’y rentrer. On s’attache ! »

Ses anecdotes à lui sont plutôt celles du quotidien : « Je ne sais plus quoi dire aux clients qui me demandent de les placer dans un coin calme… C’est la Georges ! Une immense salle bondée et qui résonne ! »

Il s’amuse de ces enterrements de vie de jeunes filles et de garçons : « On laisse faire même si ça met un peu la pagaille. » Et continue à s’émouvoir parfois « quand on vient me demander telle table parce que le client y venait avec son grand-père décédé ».

People, télescopage et selfies

Mais ce qu’espère la clientèle, c’est toujours de croiser un people. Grands patrons, hommes politiques, acteurs ou chanteurs, ils continuent à fréquenter assidûment la Georges.

Avec parfois des télescopages : « L’an dernier, Nicolas Sarkozy réserve un salon. Il traverse la salle sous un mélange d’applaudissements et de huées.

Pour son départ, il est passé inaperçu parce que l’acteur Ari Abittan était arrivé et signait des autographes à tour de bras. L’ancien président a eu l’air un peu contrarié qu’on lui vole la vedette… », se souvient Jacky Gallmann.

En général, les clients de la Georges sont respectueux des personnalités qui peuvent ainsi manger tranquillement. Et se prêtent ensuite, de bonne grâce, aux selfies et aux autographes.

Une guinguette pour le 14-Juillet

Ce n’était pas arrivé depuis bien longtemps : on va danser à la brasserie Georges pour le 14-Juillet ! Dans le cadre des manifestations organisées depuis mai et jusqu’en novembre pour célébrer les 180 ans de l’établissement, un bal guinguette est proposé jeudi prochain.

L’accès au bal est gratuit. Il aura lieu de 14 à 16 h 30, dans le fond de la salle, vidée de ses tables et chaises pour l’occasion. Un orchestre animera les festivités.

Il n’est pas nécessaire de déjeuner sur place, mais pour ceux qui le souhaitent, le bar et le restaurant serviront en continu, comme c’est de tradition à la Georges.

Pratique Il est préférable de s’inscrire au bal en appelant la brasserie Georges, 30, cours de Verdun (Lyon 2e ), au 04.72.56.54.54.

Jean-Christophe Morera

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