Météo Romain Weber : « Vers un été bien classique »

Romain Weber observe les phénomènes météorologiques sur Lyon depuis 2010 à l’aide de sa station.  Photo  David TAPISSIER
Romain Weber observe les phénomènes météorologiques sur Lyon depuis 2010 à l’aide de sa station. Photo David TAPISSIER

Romain Weber, météorologue amateur, décortique deux fois par semaine pour Le Progrès , les relevés de pluie et de température pour prévoir le temps qu’il va faire sur Lyon. À notre demande, il s’est penché sur cet été…

Pourquoi l’été 2015 a été très particulier ?

« On peut même considérer qu’il a été exceptionnel, sur le plan caniculaire sur la durée. Pour faire simple, on parle de canicule dans le Rhône lorsqu’il fait plus de 20 °C la nuit et 34 °C le jour. Dès le mois de juin, Lyon a connu une moyenne de 27,6 °C contre 25 °C à la normale. La canicule est arrivée très tôt, du 1er au 7 juillet et a repris du 15 au 22 juillet. Le mois a été chaud et très sec : 32 °C en moyenne au lieu de 27,5 °C. Il n’est tombé que 18 mm durant cette période contre 65-70 mm habituellement. Enfin, le mois d’août a poursuivi sur la même tendance avec un pic le 7 août à 39 °C… »

Comment s’explique cette chaleur ?

« Par la présence durable sur toute la France d’un anticyclone. Du coup, les moyennes étaient supérieures à la normale. »

Revenons également, sur l’hiver et le printemps 2016. Ont-ils été spectaculaires ?

« Non, l’hiver a été très doux et très pluvieux. Le printemps, quant à lui, a surtout souffert d’un manque de soleil : les températures étaient légèrement inférieures à la normale, ce qui explique le ressenti négatif. »

L’été 2016 va-il, du coup, être plutôt chaud ou pluvieux ?

« Le mois de juin a été dans la normale et l’été s’annonce très classique : nous enchaînerons des périodes chaudes et ensoleillées et d’autres plus fraîches et perturbées. »

Y a-t-il des risques de canicule ?

« C’est très difficile de le prévoir, mais probablement pas. Peut-être deux ou trois jours, mais pas plus… »

Revenons sur les orages qui frappent Lyon et la région depuis quelques jours. Ils sont très violents !

«… et très localisés ! Il y a de gros conflits entre les masses d’air chaudes en provenance d’Afrique et plus fraîches qui viennent de l’Atlantique. L’humidité est très importante et donc ils sont très impressionnants. »

Une dernière question : pourquoi les températures sont plus élevées en centre-ville qu’à la campagne ?

« L’effet urbain joue : le goudron, les immeubles, tout ce béton absorbe la chaleur ce qui accentue la température, sans parler des moteurs et de la pollution. C’est ce qui explique qu’il fasse 1 °C à 2 °C de plus en centre-ville par rapport à la périphérie lyonnaise ».

Propos recueillis par David Tapissier

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