Lyon 1er École Lévi-Strauss : des parents attaquent la Ville en justice

L’école élémentaire Lébi-Strauss est installée au 3 e étage de cet immeuble d’habitation.    Photo d’archives Alain-Charles FABRE
L’école élémentaire Lébi-Strauss est installée au 3 e étage de cet immeuble d’habitation. Photo d’archives Alain-Charles FABRE

La Ville brandit l’argument de la sécurité. Les parents estiment que cette motivation ne tient pas et contestent la décision de fermeture, sur le fond et sur la forme.

Des parents d’élèves viennent de saisir le tribunal administratif, aidés dans leur démarche par un avocat, Me Thibault Soleilhac, pour obtenir l’annulation de la décision de fermeture de l’école Levi-Strauss, située en étage, au 8, rue du Plâtre (Lyon 1er ), à la rentrée prochaine. Ce lundi matin, ils ont doublé leur première requête d’un référé susceptible de suspendre la fermeture déjà annoncée et qui sera présentée au prochain conseil municipal du 4 juillet. 

L’école occupe une position particulière, au 3e étage d’un immeuble, et, fait rarissime, ses murs n’appartiennent pas à la commune. Selon la mairie, c’est l’évacuation des élèves qui pose problème en cas d’incendie. « Le 12 mai, la commission communale de sécurité et d’accessibilité a émis un avis défavorable à la poursuite de l’exploitation », explique la délibération, qui sera proposée aux élus dans une semaine. La ville de Lyon n’est pas en capacité de réaliser les travaux nécessaires dans les délais et dans le respect des règles des marchés publics », explique-t-elle. Selon cette délibération, la décision est prise en concertation avec l’Éducation nationale.

Le risque incendie ? Les requérants émettent un sérieux doute sur sa réalité. « De rapport en rapport, des incertitudes sont devenues des faits affirmatifs pour la Ville, ce qui a permis de prendre une décision de suppression de l’école », expliquent les sept parents d’élèves qui ont saisi la justice, tout comme l’association des Parents d’élèves de l’école Levi-Strauss. Et si « le risque incendie », évoqué le 11 mai 2016 par la commission communale de sécurité, « existait, pourquoi n’a-t-il pas conduit à la fermeture immédiate de l’école ? », se demandent-ils. 

Les requérants se plaignent aussi de la manière de procéder de la Ville. Il leur semble que la décision est déjà prise avant la tenue du conseil municipal et qu’elle nécessitait « l’avis du représentant de l’État ». Selon la Ville, ce n’est pas la décision, mais « le principe de cette décision », qui a été pris en concertation avec les services de l’État et l’Éducation nationale. Et d’indiquer que l’avis favorable du préfet a été rendu le 22 juin, après consultation de l’Inspecteur d’académie. Quid de son avis ? Interrogé par notre rédaction, Philippe Couturaud répond sobrement qu’il « prend acte des décisions de la Ville ».

Dès le 3 juin, la Ville a proposé aux familles quatre autres écoles (Doisneau, Lamartine, Corneille ou Gerson). Les familles ont émis des vœux qui ont tous été très vite acceptés. N’empêche… Les mêmes pointent aussi un autre argument : la fermeture de l’école pouvant être assimilée à une « suppression d’un service public », le préfet devait, en outre, organiser une « concertation ».

Muriel Florin et Sophie Majou

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