Consommation Une épicerie 100 % sans emballage a ouvert en Presqu’île

Dans cette épicerie 100 % sans emballage, il est possible d’acheter au détail de l’alimentation,  mais aussi des produits d’hygiène et d’entretien.  Photo Julie VOISIN
Dans cette épicerie 100 % sans emballage, il est possible d’acheter au détail de l’alimentation, mais aussi des produits d’hygiène et d’entretien. Photo Julie VOISIN

De retour dans certaines grandes surfaces depuis quelques années, la vente en vrac séduit de plus en plus. Des épiceries lui sont désormais dédiées.

La vente en vrac, c’est un mode de consommation qui revient sur le devant de la scène, après avoir été éclipsé par les grandes surfaces.

De 10 à 40 % moins cher

Le concept ? On vient avec ses bocaux ou ses boîtes en plastique, et on achète seulement la quantité dont on a besoin. Une épicerie suivant ce précepte et ne proposant aucun produit préemballé a ouvert ses portes dans le deuxième arrondissement de Lyon. Farine, riz, pâtes, céréales, thé, épices, mais aussi lessive, produits ménagers, savons : tout peut être acheté au détail. « Acheter sans emballage, c’est, à qualité équivalente, moins cher que d’acheter en grande surface », explique Gilles Ballaÿ. Il a lancé le premier magasin test de la chaîne, en mai 2013, à Meudon-la-Forêt, avant d’ouvrir sa propre franchise à Lyon, avec son épouse Évelyne. « Une jeune femme est venue ce week-end ; elle a acheté sept produits différents, et en a eu pour moins de 5 € ! » Un constat que partage Célia Rennesson, directrice de l’association Réseau vrac. « Sur un produit de qualité équivalente, acheter en vrac peut revenir entre 10 et 40 % moins cher qu’acheter un produit préemballé », souligne-t-elle.

Un mode de vente adapté à la vie contemporaine

Avec son épicerie, le couple ne vise « pas que les catégories socioprofessionnelles supérieures », mais bien Monsieur et Madame Tout-le-monde. De l’étudiant qui n’a besoin que de faibles quantités pour une recette, aux familles qui veulent découvrir de nouvelles saveurs, « c’est un mode de vente qui s’adapte à tous ».

Les professionnels aussi se tournent vers la boutique, « comme des chefs des restaurants aux alentours », apprécie Gilles Ballaÿ. « Le vrac n’a pas de typologie d’acheteurs », ajoute Célia Rennesson. Elle constate par ailleurs que « le vrac n’a jamais totalement disparu ». Viandes, fromages, mais aussi fruits et légumes n’ont pas cessé d’être vendu au kilo. « Avec le vrac et le zéro emballage, on n’est plus dans un effet de mode, comme on aurait pu le penser il y a deux ans, note-t-elle. Mais c’est bien un nouveau mode de consommation et de fond : les gens cherchent à se réapproprier leur épicerie de quartier, à sortir du “tout jetable”. »

Pour la directrice de Réseau vrac, « le produit devient son propre marketing ». Plusieurs éléments ont conduit à cette prise de conscience, selon elle. « La crise économique et le besoin de rééquilibrer son budget sont passés par là : on cherche à n’acheter que la quantité dont on a besoin. La typologie des foyers évolue elle aussi : une personne seule n’a pas les mêmes besoins qu’une famille. Enfin, il y a la notion écologique. D’abord, cela permet de moins jeter les emballages. Mais cela permet aussi de savoir d’où vient ce que l’on consomme. Et puis, ce mode d’achat favorise le lien social, notamment entre commerçant et client. »

À Lyon, une deuxième épicerie sans emballage verra le jour à la rentrée.

Julie Voisin julie.voisin@leprogres.fr

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