L'épouvantable vendredi Nuit Dario Argento : cédez aux frissons des ténèbres

Avec le film  Ténèbre, préparez-vous à trembler.  Photo DR
Avec le film Ténèbre, préparez-vous à trembler. Photo DR

Quatre films restaurés du maître de l’horreur sont au programme de l'Epouvantable vendredi, à l’institut Lumière. Avec aussi des documents rares, des interviews, des extraits, etc.

Des têtes décapitées par une fenêtre à guillotine, un bras sectionné par une hache, d’innocentes collégiennes envoûtées par une force maléfique, des bimbos dévorées par une orgie de couleurs psychédéliques… Bienvenue chez Dario Argento, communément surnommé le maître de l’horreur et, par-dessus tout, créateur d’images aussi sadiques que subversives.

Né le 7 septembre 1941 à Rome, le futur papa d’Asia est d’abord critique puis scénariste, notamment pour Il était une fois dans l’ouest de Sergio Leone. Ses polars, émaillés de meurtres sauvages et de visions psychédéliques, deviennent rapidement emblématiques du « giallo », thriller horrifique et grand guignol, dont l’Italie se fait une spécialité. Il y saupoudre, pêle-mêle, la drogue, l’occultisme, la magie noire, le hard-rock, les ingénues, le tout procurant, lorsque le trucage n’est pas trop miteux, un effet de sidération qui a laissé des traces indélébiles dans l’histoire du cinéma. Si le scénario se résume souvent à un fil (du rasoir, évidemment), les décors sont autant de labyrinthes dans lesquels se cache souvent la clé du mystère (comme dans Blow up Antonioni).

En 2007, l’onirique styliste des années 1970 et 80 saute cependant la frontière du ridicule avec l’irregardable Troisième mère , dernier volet d’une trilogie bâtie par les mythiques Suspiria et Inferno. Un mauvais souvenir. Oublions les nanars, mieux vaut revoir, en copies restaurées, quatre de ses perles de sang.

Les frissons de l’angoisse (1975)

Dix ans après Blow up d’Antonioni, David Hemmings se retrouve confronté à une nouvelle enquête en trompe l’œil. Considéré comme le plus abouti des Argento, car inventeur de son style, Profondo rosso a tout de même vieilli. Mais il y a Macha Méril et Daria Nicolodi, future maman d’Asia.

Suspiria (1977)

Terreur dans une académie de danse dirigée des sorcières. Son grand film culte. Images baroques, couleurs saturées, d’interminables plans où la caméra virevolte de partout… De l’art, oui mais de l’Argento ! Jessica Harper était l’héroïne de Phantom of the paradise de Brian de Palma.

Ténèbre (1977)

Le titre s’écrit tantôt au pluriel, tantôt sans “s”. Voilà, en tout cas, un frisson terriblement singulier car inspiré de la propre expérience de Dario Argento, menacé par de mort un fan. Résultat : le film le plus sexuel et le plus sauvage du cinéaste. Un sommet.

Phénomena (1983)

Massacré par la critique à sa sortie, ce beau polar métaphysique combine le plus naïf (l’héroïne somnambule, jouée par Jennifer Connelly, parle aux animaux) et le meilleur d’Argento. Il faut réhabiliter ses formes très pures et romantico-gothiques. David Lynch l’adore.

pratique L’Épouvantable vendredi, présenté par Fabrice Calzettoni. Le 10 juin, à 20 h 30, institut Lumière, Lyon 8e. La nuit : 14 ou 16 €, petit-déjeuner offert (ou 7,20 € la séance).

David S. Tran

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