Ils font la ville Marion Tisserand, Prix international de la photo de jazz

La photo comme violon d’Ingres. La lauréate Marion Tisserand, chez elle,  sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon, avec le cliché gagnant.  Photo Joël PHILIPPON
La photo comme violon d’Ingres. La lauréate Marion Tisserand, chez elle, sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon, avec le cliché gagnant. Photo Joël PHILIPPON

Le 18 mars dernier, cette architecte d’intérieur de formation a eu la surprise et la joie de se voir décerner, à Trutnov, en République Tchèque, le premier Prix au World Jazz Photo 2016, dont c’était la 3e édition.

Le travail de Marion Tisserand, photographe indépendante basée à Lyon 1er et spécialisée dans ce genre musical depuis une quinzaine d’années, a emporté les faveurs du jury parmi 220 candidats en lice, issus de 34 pays.

Son cliché, non recadré et légèrement retouché dans les noirs, avait été réalisé à l’appareil numérique au festival de jazz de Crest, dans la Drôme, en août 2015. Il représente le musicien français Renaud Garcia-Fons.

« C’est un Dieu de la contrebasse. Il jouait un morceau très calme. Cette lumière avait quelque chose de divin. Tout cela contribuait à créer un moment d’intimité », raconte la Lyonnaise, qui n’avait jamais participé à la moindre compétition. « J’avais posté cette photo sur Facebook et j’ai eu des retours importants. Des amis m’ont ensuite poussée à candidater. Je suis très contente, mais cela n’a pas changé ma vie. »

Elle est nominée aux prestigieux Jazz Awards 2016 de New York

Ce Prix n’est doté d’aucune récompense financière. Ironie du sort, Marion Tisserand avait dû faire des pieds et des mains pour finir par obtenir une accréditation au festival de Crest, après un refus initial. « Le métier de photographe indépendant(e) est d’autant plus difficile que les webzines qui me publient ne me versent pas d’argent. »

Confrontée à une situation des plus précaires, la lauréate espère que cette distinction l’aidera dans ses démarches auprès d’agences photographiques et d’institutions. Car – une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule – elle fait aussi partie des cinq nominés aux prestigieux Jazz Awards 2016 de New York, pour un portrait du bassiste américain Marcus Miller au festival Jazz à Vienne 2015. Le palmarès en sera dévoilé le 14 juin. Et si son violon d’Ingres devenait enfin un métier viable ?

Nicolas Ballet

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