Loisirs Trouvez chaussure à votre pied au Musée des confluences

À voir aussi,  L’âme dans les chaussures, des clichés de l’artiste calalan Xavier   G. Solis sur l’empreinte laissée par les pieds dans les souliers usagés.  Photo Séverine AGI
À voir aussi, L’âme dans les chaussures, des clichés de l’artiste calalan Xavier G. Solis sur l’empreinte laissée par les pieds dans les souliers usagés. Photo Séverine AGI

Avec l'exposition "A vos pieds", le Musée des confluences propose aux visiteurs de découvrir l'évolution de cet accessoire à travers le temps et sur les différents continents. 150 chaussures issues des réserves de Confluences et du musée de Romans sont présentées.

De prime abord, À vos pieds, la nouvelle exposition du musée des Confluences paraît petite et sombre. Une fois parcourue, on conclut qu’elle mérite le détour, pour trois raisons.

1- La collection rassemblée

Le musée détient 170 paires datant du XIXe siècle, en provenance de plusieurs continents. Cent sont réunies pour la première fois, dont la moitié a été restaurée pour l’occasion. Cet ensemble est complété par des modèles du musée de la chaussure de Romans, dans la Drôme, une quarantaine, principalement des pièces françaises et italiennes, contemporaines. La pénombre s’explique par la fragilité de certaines, comme ces mocassins d’Iroquois à piquants de porc-épic. 27 paires supplémentaires remplaceront d’ailleurs les plus fragiles, celles ne pouvant supporter la lumière, même tamisée pendant onze mois.

2- Quand les pieds racontent

La présentation s’articule autour de cinq îlots thématiques. Les chaussures d’enfance, la contrainte (pieds bandés ou talons), les chaussants du quotidien (en paille de riz pour des ouvriers coréens), l’expression d’une identité (comme les mocassins d’Amérindiens) ou le prestige (comme ces espadrilles de chaman aborigène en cheveux humains tressés). Mais la bonne idée, ce sont les diffusions audio qui les accompagnent. On s’assoit dans un fauteuil et on écoute “les pieds” raconter leur vécu dans cet espace contraint.

À ne pas manquer : l’histoire poignante de ce petit pied chinois bandé, charcuté, replié, cassé, qui a gardé toute sa vie la taille de celui d’un enfant de cinq ans. Il ne peut ni courir, ni danser, mais sa propriétaire est devenue “quelqu’un” au prix d’atroces souffrances. L’exposition révèle codes et symboles et raconte beaucoup de choses sur les gens qui portent ces chaussures, pointe Hélène Lafont -Couturier, directrice du musée.

3- Des modèles exceptionnels

« Certaines chaussures n’ont jamais été portées. Elles servent parfois de supports pour montrer des savoir-faire : travail de cuir, broderie », souligne Marie-Paule Imberti, chargée des collections Amériques. À voir au fil des vitrines : des mules syriennes de hammam, les sandales d’une impératrice mandchoue, de hauts patins vénitiens, des bottillons Louboutin et les “tongs” en or d’un roi africain offertes à Valéry Giscard d’Estaing, aujourd’hui détenues par le musée du quai Branly.

Plus de renseignements : www.museedesconfluences.fr

Isabelle Brione

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