Vos sorties Théâtre aux Célestins : James Thierrée, l’enfant de la balle

Cet enragé du travail provoque l’admiration  chez ses collègues.  Photo DR
Cet enragé du travail provoque l’admiration chez ses collègues.  Photo DR
Cet ovni du spectacle vivant séduit par son talent protéiforme  Dr.
Cet ovni du spectacle vivant séduit par son talent protéiforme  Dr.
Cet enragé du travail provoque l’admiration  chez ses collègues.  Photo DR Cet ovni du spectacle vivant séduit par son talent protéiforme  Dr.

A l’affiche de Chocolat, avec Omar Sy, le petit-fils de Charlie Chaplin présente son nouveau spectacle, La grenouille avait raison, aux Célestins.

Pendant longtemps, le petit-fils de Charlie Chaplin a affiché une discrétion exemplaire sur sa filiation. Mais aujourd’hui, à 42 ans, avec sa chevelure généreuse, blanche et bouclée tirée en arrière, difficile de cacher sa ressemblance avec le géant du cinéma. Le voudrait-il que son parcours le rattraperait. Enfant de la balle, James Thierrée sait tout faire. Depuis l’âge de 4 ans, il baigne dans le monde du cirque, celui de Victoria Chaplin et de Jean-Baptiste Thierrée, ses parents, les fondateurs du Cirque Bonjour. Par la suite, alors adolescent, il se perfectionne au Piccolo Teatro de Milan, puis à l’Ecole de théâtre de Harvard et au conservatoire de Paris. Cette formation d’acteur séduira Peter Greennaway, qui l’engage pour tourner dans Prospero’s Book. James Thierrée a 16 ans.

Musicien (il joue du violon), danseur, clown, acrobate, trapéziste, mime, comédien, il a tout appris avec ses parents, avant de créer sa compagnie du Hanneton en 1998, année où il signe son premier spectacle, La symphonie du hanneton, qui lui vaudra, huit ans plus tard, quatre Molière (théâtre public, mise en scène, révélation théâtrale et costumes pour sa mère). Ni cirque, ni danse, ni théâtre, mais tout cela à la fois, La symphonie du hanneton a suscité l’engouement du public de la Maison de la danse. Nous sommes alors en 2004, lorsqu’il débarque avec sa « tribu », son père au volant du camion. Et la salle, envoûtée par ce bel homme au charme fou, en redemande.

Après La symphonie du hanneton , James Thierrée prend ses habitudes chez Guy Darmet, avant de fouler les planches du TNP, et, cette année, des Célestins. Et chaque fois, cet ovni du spectacle vivant séduit par son talent protéiforme. Décors, lumières, rien n’échappe à cet enragé du travail dont ses collègues envient ses capacités d’invention scéniques, la poésie, l’intelligence et la sensibilité de ses propositions. Peu d’artistes savent, comme lui, emmener le public dans leur univers, un monde où il se dérobe à la gravité. « Je fais du théâtre pour ne pas avoir à expliquer ce qui remue à l’intérieur, justifie-t-il. Plutôt pour rôder autour. » Alors, venez rôder avec lui.

Antonio Mafra

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