Association On a visité les nouveaux locaux de l'atelier d'auto-réparation de vélos Change de chaîne

Le local abandonné de 120 m² a été entièrement rénové, du sol au plafond. / Photo Marion Saive
Le local abandonné de 120 m² a été entièrement rénové, du sol au plafond. / Photo Marion Saive
L'équipe présente ce soir-là. 3e à gauche en orange, Thierry, co-administrateur avec Géraud (2e à droite avec la casquette). / Photo Marion Saive
L'équipe présente ce soir-là. 3e à gauche en orange, Thierry, co-administrateur avec Géraud (2e à droite avec la casquette). / Photo Marion Saive
Yvan, bénévole à l'atelier et étudiant en 2e année de licence de droit, conseille Pauline, qui n'y connait rien en matière de vélo et doit changer sa dynamo. / Photo Marion Saive
Yvan, bénévole à l'atelier et étudiant en 2e année de licence de droit, conseille Pauline, qui n'y connait rien en matière de vélo et doit changer sa dynamo. / Photo Marion Saive
Le nouveau local, vu de l'extérieur, à deux pas de la bouche de métro Gare de Vaise. / Photo DR
Le nouveau local, vu de l'extérieur, à deux pas de la bouche de métro Gare de Vaise. / Photo DR
Le local abandonné de 120 m² a été entièrement rénové, du sol au plafond. / Photo Marion Saive L'équipe présente ce soir-là. 3e à gauche en orange, Thierry, co-administrateur avec Géraud (2e à droite avec la casquette). / Photo Marion Saive Yvan, bénévole à l'atelier et étudiant en 2e année de licence de droit, conseille Pauline, qui n'y connait rien en matière de vélo et doit changer sa dynamo. / Photo Marion Saive Le nouveau local, vu de l'extérieur, à deux pas de la bouche de métro Gare de Vaise. / Photo DR

Depuis deux mois, l'atelier d'auto-réparation de vélos Change de chaîne a investi l'ancien parc relais de la Gare de Vaise (Lyon 9e). Après quatre ans de débrouille, sans un local dédié pour accueillir les adhérents, les bénévoles prennent petit à petit leurs marques dans ce lieu inédit. Une nouvelle dynamique pour cette association, créée en 2013.

Il est loin le temps où les bénévoles de l’association Change de chaîne bidouillaient les vélos sur le trottoir et stockaient les outils dans le garage d’un adhérent. Après quatre ans de débrouille et d’acharnement, la quinzaine de membres s’est délocalisée dans un local dédié et approprié, grâce à l’appui de la Métropole et de la mairie du 9e arrondissement de Lyon : depuis deux mois, l’atelier d’auto-réparation de vélos a investi l’ancien parc relais de la gare de Vaise, à deux pas de la bouche de métro. Un local de 120 m² entièrement rénové (20 000 euros ont été dépensés entre le mur, le plafond, le sol, la plomberie et l’électricité), payé une centaine d’euros par mois au Sytral, le Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l'agglomération lyonnaise.

Une déco encore rudimentaire

Jeudi soir, un fond de musique rock s’échappe du local circulaire à la devanture de verre. La déco est encore rudimentaire mais le comptoir de l’entrée déjà recouvert d’affiches altermondialistes.
Au compte-gouttes, des bénévoles débarquent à vélo, à la sortie du boulot, « pour assurer la perm’ ». A tour de rôle, ils accueillent les visiteurs, leur expliquent le principe de l’atelier : un lieu où l’on répare soi-même son vélo, tout en étant aidé et conseillé par les bénévoles bricoleurs, à l’aide des outils et pièces détachées en libre accès, fournis par l’association. « L’idée, c’est que vous compreniez comment fonctionne un vélo, pour qu’en cas de panne ou de réparations à venir, vous soyez à même de vous débrouiller », expliquent-ils à un jeune couple, entré dans l’atelier par curiosité.

Grâce à un partenariat avec les déchèteries du Grand Lyon, Change de chaîne récupère tout un tas de vélos usés. Ceux jugés trop abîmés sont démontés : chaînes, cadres, guidons, paniers, lampes, dérailleurs et sonnettes sont conservés pour être réutilisés. Quant aux deux roues estimés  « réparables », ils sont stockés à l’atelier : libre aux amateurs d’en choisir un parmi la soixantaine exposés, et de le retaper sur place. Pour ceux qui ne souhaitent pas du tout mettre la main à la pâte, il est possible d’acheter un vélo entièrement révisé et réparé par Change de chaîne, à prix réduit.

De la réflexion et beaucoup de système D

VTT, vélos de ville, modernes, vintage, roses, verts, rouges, bleus… Sous la lumière blafarde des néons, une soixantaine de deux roues, pendus à des racks en fer, attendent de trouver preneurs.
Pauline, spécialisée dans la petite enfance, a fait son choix. La jeune femme, qui ne savait « même pas regonfler un pneu avant de mettre un pied ici », a opté pour un vélo rétro blanc à la dynamo rouillée. « Ses petites poignées et sa selle en cuir m’ont fait craquer », explique la jeune femme, qui tripatouille les fils électriques de sa bicyclette. A ses côtés, Yvan, en 2e année de licence de droit et bénévole depuis un an et demi à Change de chaîne, lui donne quelques conseils, entre deux retouches sur son biclou. Adepte des longues randonnées à vélo - il a fait Lyon-Nantes l’été dernier, soit plus de 600 km à bicyclette -, il peaufine son Mercier vieux de 50 ans à l’aide de pièces de récup’, comme ce porte-bidon trop large, fixé sur le tube grâce à des bouts de chambre à air.
« C’est ça qui est chouette ici : on se trouve souvent devant des situations compliquées qui demandent de la réflexion et du système D », explique Géraud, ex-chargé d’études en dépollution des sols reconverti en mécano, l’un des deux salariés de l’association embauché avec son collègue Thierry voilà deux mois, à l’ouverture du local.

Une soixantaine de vélos attendent de trouver preneurs. / Photo Marion Saive
Une soixantaine de vélos attendent de trouver preneurs. / Photo Marion Saive
Les pièces démontées sont triées et rangées dans des récipients selon un code couleur : rouge pour les freins et gaines, verts pour les pignons et dérailleurs, jaune pour la potence et le guidon, bleu pour les roues et fixations, noir pour les accessoires et orange pour l'outillage divers. / Photo Marion Saive
Les pièces démontées sont triées et rangées dans des récipients selon un code couleur : rouge pour les freins et gaines, verts pour les pignons et dérailleurs, jaune pour la potence et le guidon, bleu pour les roues et fixations, noir pour les accessoires et orange pour l'outillage divers. / Photo Marion Saive
Valentin a opté pour un vieux vélo aux mécaniques spécifiques. / Photo Marion Saive
Valentin a opté pour un vieux vélo aux mécaniques spécifiques. / Photo Marion Saive
Une soixantaine de vélos attendent de trouver preneurs. / Photo Marion Saive Les pièces démontées sont triées et rangées dans des récipients selon un code couleur : rouge pour les freins et gaines, verts pour les pignons et dérailleurs, jaune pour la potence et le guidon, bleu pour les roues et fixations, noir pour les accessoires et orange pour l'outillage divers. / Photo Marion Saive Valentin a opté pour un vieux vélo aux mécaniques spécifiques. / Photo Marion Saive

Bricoler en bonne compagnie 

Un après-midi peut suffire pour des réparations légères. Pour les plus fastidieuses, les adhérents peuvent étaler leurs interventions sur deux semaines. Ce sera peut-être le cas de Valentin, qui opère dans le fond de la pièce sur un vieux vélo vert. Le jeune homme, costume et chaussures vernies, a les mains dans le cambouis. « Je me suis souvent fait voler mes vélos à la fac, je voulais en trouver un qui ne soit pas trop cher », raconte-t-il. Manches retroussées, il dégraisse le dérailleur de son deux roues au-dessus d’une bassine. « Il n’a pas choisi la facilité, commente Thierry. C’est un modèle assez rare aux mécaniques très spécifiques. Mais pas de panique, on sera là pour le guider. »

Plus loin, Guillaume fait examiner le vélo de sa copine, qui n’a pas servi depuis des années. Cédric, éducateur et ancien électromécanicien, l’accroche à un pied d’atelier pour l’examiner de plus près. Verdict : il faudra changer les freins et le plateau de vitesses. Guillaume s’attèle aussitôt à la tâche. « C’est plus sympa de bricoler ici, en bonne compagnie, plutôt que de faire ça tout seul dans mon garage », se réjouit-il.

Une carte multi-modalité à jouer

Change de chaîne est maintenant bien installé. Reste à baliser le site - le local n’a pas pignon sur rue – et investir véritablement les lieux pour créer une dynamique de quartier.
Thierry a bon espoir : « On est implantés devant une bouche de métro, il y a une carte multi-modalité à jouer. » Encore faut-il rompre le flux incessant de travailleurs pressés qui passent chaque jour devant l’atelier. Vu l’ambiance joviale et chaleureuse du lieu, ils devraient vite adhérer.

Repères

La petite histoire

L’association Change de chaîne a été créée en 2013, sous l’impulsion de huit passionnés volontaires qui habitaient Vaise (Lyon 9e). « On faisait du vélo depuis des années et à chaque pépin technique, on devait aller à l’autre bout de la ville : soit à l’atelier du Chat Perché dans le 7e, soit à celui du Recycleur dans les Pentes, ça faisait une sacrée trotte », se rappelle Thierry, l’un des sept administrateurs.
Alors, les amateurs ont monté leur propre atelier, sous forme d’association collégiale, à direction collective. Au départ avec très peu de moyens et aucun local approprié, les membres de l’association ont tenu bon. Jusqu’à disposer enfin d’un lieu dédié où accueillir les adhérents, voilà deux mois.

Le prix libre rendu possible grâce aux ateliers mobiles

Change de chaîne adopte le « prix libre » : les adhérents payent une cotisation annuelle selon le montant qu’ils estiment « juste ».
Pour que ce système soit possible et viable, l’association propose des « ateliers mobiles » aux collectivités (ceux-là, facturés) : régulièrement, les membres de l’association se déplacent avec leur vélo-cargo et leur caisse à outils jusque dans les grosses sociétés comme la SNCF ou la Caisse d’Épargne (depuis plus d’un an les entreprises de plus de 250 salariés ont pour obligation d’inciter leurs employés à effectuer leurs déplacements domicile – travail autrement qu’avec leur voiture particulière), dans les MJC et centres sociaux, pour animer des ateliers d’auto-réparation de vélos.

Les autres ateliers d’auto-réparation de vélos à Lyon

A Lyon, la CLAVette (Coordination lyonnaise des ateliers vélos) regroupe quatre entités, en plus de l’association Change de chaîne :

Le Chat perché
29, rue Salomon-Reinach, Lyon 7e. Ouvert mardi de 15 à 20 heures, mercredi de 17 à 21 heures, et vendredi de 15 à 19 heures. Courriel : contact@chatperche.org

La P’tite Rustine
5, avenue Pierre-Mendès-France, Bron. Horaires depuis le planning du site. Courriel : contact@laptiterustine.fr

Tricycles
9, place Jean-Jaurès, Pierre-Bénite. Ouvert tous les mercredis de 18 heures à 19h30. Courriel : ateliervelopierrebenite@gmail.com

Les Bikers
18, avenue des Arts, Villeurbanne. Ouvert du lundi au mercredi de 12h45 à 14 heures et de 18 à 20 heures, le jeudi de 12h45 à 14-15 ou 16 heures (si beau temps) et le vendredi de 12h45 à 14 heures.

 

Deux autres établissements, hors réseau CLAVette, proposent les mêmes services :

Le Recycleur (deux ateliers)
- Dans les Pentes : 10, rue Saint-Polycarpe, Lyon 1er. Ouvert le mercredi et le vendredi de 10 heures à 20h45, le mardi de 14 heures à 20h45, le jeudi de 16 heures à 20h45, et le samedi de 10 heures à 19h45.
- A Gerland : 12, rue Prosper-Chappet, Lyon 7e. Ouvert le lundi de 16 heures à 20h45, le mardi de 14 heures à 20h45, et le vendredi de 16 heures à 19h45. Courriel : hello@recycleur.org

Ciclociffina
4, rue Jangot, Lyon 7e. Ouvert le lundi de 15 à 19 heures, du mardi au vendredi de 9 à 13 heures et de 15 à 19 heures, et le samedi de 10 à 13 heures et de 15 à 19 heures. Tél. 04 69 67  60 08. Courriel : contact@ciclofficina.fr

Marion Saive (marion.saive@leprogres.fr)

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