football
09/09/2010 04:00
Le droit d'y croire
Tout n'a pas été parfait mais la victoire des Bleus 2-0 face à la Bosnie mardi donne des raisons d'espérer et de reprendre confiance.
Ils n'ont pas baissé les bras. Mardi face à la Bosnie dans un stade désuet propice au match-piège, les joueurs de Laurent Blanc ont été lucides jusqu'au bout. Et ils ont réussi à faire craquer les Bosniaques de Pjanic dans le dernier quart d'heure. Pourtant, la défaite contre les Biélorusses vendredi 3 septembre au stade de France avait fait craindre le pire concernant le mental des jeunes troupes bleues. C'était leur deuxième revers en deux matchs (après l'amical perdu en Norvège, 2-1). Les attaquants ne marquaient pas, l'adversaire prenait confiance et la défense cédait... Des symptômes déjà observés du temps de Raymond Domenech. Contre toute attente, le match en Bosnie fut tout autre. Les Français ont pris le jeu à leur compte, alors que le plan initial était de résister et de jouer le contre. Un manque de réalisme offensif a encore gâché les occasions pendant une bonne partie de la rencontre mais leur persévérance a fini par payer. Côté jeu, en l'absence de Toulalan (suspendu contre la Biélorussie et écarté par Blanc déçu de le voir naviguer entre défense et milieu à Lyon) et Lassana Diarra, blessé, Laurent Blanc a fait le choix de titulariser le jeune Rennais Yann Mvila, 20 ans, au physique impressionnant et à la bonne lecture du jeu. Et il y a Abou Diaby, qui n'est plus seulement récupérateur mais joue véritablement comme un meneur. Ces deux joueurs ont été précieux à Sarajevo dans la relance dans un match où Florent Malouda a été longtemps en dedans avant de se réveiller dans le dernier quart d'heure pour inscrire le second but. Adil Rami, solide en charnière, a également soigné ses interventions, avec davantage de lancements que de dégagements. Et Mathieu Valbuena, puis surtout Karim Benzema, auteur du premier but, ont dévoré les espaces. Il reste à régler les corners, mal tirés et mal exploités, et la qualité des centres des latéraux, Bakary Sagna surtout. Contrairement à Raymond Domenech, Blanc ne s'est pas entêté à garder les mêmes plans de jeu. Son 4-4-2 n'a pas marché contre le Bélarus et les blessures se sont abattues sur ces attaquants (Hoarau, Saha, Rémy) ? Qu'à cela ne tienne. En Bosnie, Blanc a densifié son milieu avec trois récupérateurs dans un 4-3-3 qui s'est révélé efficace. Il aura ainsi réussi la gageure de jouer sans meneur pour le début des qualifications en l'absence de Yoann Gourcuff, suspendu après son exclusion lors du dernier match du Mondial, de Ribéry, suspendu en tant qu'un des meneurs de Knysna, et de Samir Nasri, blessé. Grâce à ses différents plans de jeu, Laurent Blanc a gagné un peu de temps et de sérénité, denrées rares dans la carrière d'un sélectionneur.