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université lYON 3

27/05/2011 02:01

La « second life » des apprentis-juristes

En haut, un amphi de Lyon 3 reconstitué dans « Second Life », dans lequel l’avatar de l’avocate québécoise Dobah Carré donne son cours aux avatars des étudiants, encadrés à la fac « réelle » par Stéphanie Doston et Gérald Delobre. <photo-credit id="kNtC"> © Sébastien Calemard</photo-credit>

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Si cette caractéristique s’applique plus volontiers aux matheux, on peut être juriste et un peu « geek ». Au moins peut-on désormais le devenir, si on est étudiant à Lyon 3. Le « Centre droit et nouvelles technologies » (CDNT), créé pendant l’année universitaire 1999-2000, a mis en place cette saison une formation entièrement dispensée dans « Second Life ». A raison de cinq cours de 1 h 30 à 2 heures, une trentaine d’étudiants se sont ainsi immergés dans un amphi virtuel, reconstitué à partir d’une salle réelle de la fac du quai Claude-Bernard -qui a elle-même été entièrement recréée dans « SL ». A la clef, vingt d’entre eux ont obtenu une « certification » attestant de leurs nouvelles aptitudes en droit des affaires canadien et québécois. Et pour cause, puisque c’est une avocate de Montréal, Dobah Carré, qui a dispensé les séances, de l’autre côté de l’Atlantique, par le biais de son avatar dans « Second Life ». « C’est elle qui a proposé cette expérimentation », raconte Gérald Delabre, directeur adjoint du CDNT, à l’origine du projet mené avec Stéphanie Doston, ingénieure pédagogique à l’université. « Qui dit monde virtuel dit simulation », développe celui qui, par ailleurs, est lui-même professeur (essentiellement de procédure civile). « Or la simulation est un aspect de la formation », justifie Gérald Delabre. Autres intérêts de l’opération : « Travailler dans un monde virtuel est intéressant pour les formations à distance », explique le responsable, qui donne l’exemple d’un étudiant « certifié » après avoir suivi les cours depuis le Burkina Faso, via son avatar présent dans le même amphi de pixels que les autres. « Et apprendre de cette manière dédramatise les choses », assure Gérald Delabre. Confirmation de Julie Ducrozet, l’une des étudiantes récemment « reçues » : « Apprendre ainsi enlève le caractère scolaire de la discipline. C’est sympa et pas vraiment contraignant : lors d’un cours, mon avatar s’est ''endormi'' car, forcément, il ne bougeait pas. Contrairement à ce qui aurait pu se passer dans un cours ''réel'', la prof a ri ! » Les projets du CDNT, eux, sont tout à fait sérieux : cette expérience sera reconduite (gratuitement) l’an prochain, et après l’université Jean-Moulin, c’est le Palais de justice de Lyon qui s’apprête à renaître dans « Second Life » pour accueillir des procès virtuels. Un peu « geek », mais pas trop.

Sébastien Calemard

> http://fdv.univ-lyon3.fr

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