Il y a Constantin, du latin « con et constant », précise Jibé, « un personnage reflétant en grande partie ma personnalité », puis il y a Jean,
« l'incarnation des quelques personnes qui essayaient de me motiver lorsque j'étais au chômedu ».
Jibé, ou Jean-Baptiste Pollien de son vrai nom, à 28 ans, n'est plus sans emploi, contrairement à ce que laisse croire l'intitulé de son blog. Désormais infographiste, ce Lyonnais d'origine a cependant voulu conserver les thèmes du chômage et des petits boulots dans sa bande dessinée virtuelle.
« Faire ce blog était avant tout une façon d'exorciser ce qui m'arrivait et dire à tous ceux qui sont en proie à cette pression, au fond ce n'est pas si grave ». Un support qui, contrairement aux fanzines avec lesquels il a débuté, lui permet de toucher plus de monde, « l'essentiel étant de se faire lire », lance-t-il. Comme aujourd'hui avec « environ 6000 visiteurs quotidiens » sur son blog. Se faire lire également par des éditeurs à la recherche d'illustrateurs de talent. Puis un jour être contacté par le groupe Hachette et la maison d'édition Marabout. C'est ce qui est arrivé à Jibé et quelle ne fut pas sa surprise d'être ainsi démarché.
« En plus, leur mail était tombé dans la boîte de spam », explique le dessinateur qui s'en rend compte, et revient de loin. Bientôt, les six saisons de sa bédé nihiliste sortiront en version papier. « Pour l'occasion, je dois redessiner les premières saisons pour rendre l'évolution des personnages moins visible au gré des épisodes ».
Jibé travaille également sur une version animée en 3D de Sans Emploi.com, dont un premier épisode pilote est déjà visible sur le Net. Aussi un fanzine, « On dit de… », qui démarre en collaboration avec plusieurs autres bédéblogueurs. Sans parler, des strips de trois cases, les « Brèves de Sydo », publiées dans l'hebdo marketing «Intermédia ». Et maintenant avec Lisa Grall, son éditrice, sur le dos, Jibé va-t-il craquer sous le poids du boulot, lui qui parle si bien du chômage ? Pour le moment, modeste, il espère seulement que « Sans Emploi sorte sans encombre, en BD. S'il y en a d'autres par la suite, tant mieux ». À suivre...
Pierre Dupré