restauration
30/03/2010 04:00
La police goûte peu au concept Maison Poulaga
zoom
Frédéric Dorkel, gérant de l'établissement lyonnais, espère livrer
quarante poulets par jour à partir de l'ouverture, jeudi rue de Gerland.
Après Cannes, Nîmes, Mulhouse (et avant Bordeaux, Montpellier, Toulon et Le Mans), Lyon accueille une rôtisserie de la Maison Poulaga. Le concept de la chaîne de restauration rapide, qui s'installe dans le septième arrondissement (68, rue de Gerland) à partir de jeudi, est original : le cuisinier, casquette estampillée « poulet » vissée sur la tête et vêtu d'un uniforme pastiche, servira du poulet... derrière des barreaux de prison. Les véhicules de livraison, eux, sont aux couleurs de la gendarmerie. Au téléphone, les clients sont accueillis par un « Allô mon poulet ? » Une panoplie à laquelle les autorités ne semblent guère goûter. Jean-Paul Borrelly, secrétaire zonal du syndicat Alliance à Lyon, regrette par exemple « un nom à connotation péjorative et une dérision dont la police et la gendarmerie n'ont pas besoin ». Même son de cloche chez Unité Police, l'autre grande organisation syndicale du secteur : « L'idée peut effectivement prêter à sourire, mais l'entreprise se fait de la publicité en ridiculisant notre corporation. C'est dévalorisant et presque insultant », explique Thierry Clair, délégué régional. « Tout a été déposé avant l'ouverture du premier magasin, nous respectons la loi », assure de son côté Pierre Constance, fondateur de la franchise. Et les gérants de la Maison Poulaga d'insister : « La grande majorité des gardiens de la paix prennent la caricature avec humour ».