rentrée scolaire
02/09/2010 04:00
Dans le Rhône le privé a le sourire
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En dix ans, les collèges publics du Rhône ont perdu environ 4 000 élèves. © Richard Mouillaud
C'est le jour J. Dans le Rhône, 183 989 élèves du premier degré, 85 025 collégiens et 70 561 lycéens (dont 17 386 dans l'enseignement professionnel) reprennent aujourd'hui le chemin de l'école. Au-delà des divers changements qui interviennent cette année (voir pages 6 et 7), cette rentrée est déjà un bon cru pour l'enseignement privé, qui dans le département séduit de plus en plus de parents.
C'est au niveau du collège que le phénomène est le plus sensible. En dix ans, les collèges publics du Rhône ont en effet perdu environ 4 000 élèves. Les évolutions démographiques n'expliquent pas tout. Car pendant cette décennie, les collèges privés ont en revanche gagné environ 500 élèves. Ils scolarisent aujourd'hui presque un tiers des élèves, soit une proportion plus importante que la moyenne nationale. Cette année encore la variation prévue par l'administration profite au privé, dans le secondaire.
Ce sont les établissements publics situés dans des quartiers urbains défavorisés qui souffrent le plus de cette désaffection et qui voient partir leurs effectifs vers des structures privées de meilleure réputation. Avec la peur de l'effet ghetto, cette réputation joue beaucoup dans le choix des familles. Le rectorat refuse de fournir des éléments sur la composition sociale des établissements, mais on sait que certains collèges publics du département concentrent plus de 80 % d'élèves boursiers alors que cette proportion atteint au maximum 42 % dans le privé.
Le recteur Roland Debbasch refuse pourtant d'interpréter ce phénomène comme une défiance des familles à l'égard du secteur public. « Les effectifs du privé augmentent un petit peu plus à cette rentrée », admet-il. « Mais nous ne sommes pas à des évolutions de l'ordre -3 % ou +2 % qui nous obligeraient à nous poser des questions ». Sur dix ans, la tendance est pourtant bien de -5 % pour les collèges publics et de +2 % pour les collèges privés du département.
« Nous sommes une proposition alternative dans le système éducatif », souligne de son côté Gilles de Bailliencourt, le responsable diocésain de l'enseignement catholique, qui souhaite implanter un collège dans l'est lyonnais. Car selon lui, la demande ne cesse de se renforcer.