réhabilitation
mardi 9 février 2010 04:00
Prisons : le verrou du patrimoine
Certains immeubles de Saint-Paul et Saint-Joseph seront obligatoirement conservés par les promoteurs.
On devrait savoir en décembre ce qu'il adviendra du site
« Si nous n'avions raisonné que financièrement, alors il aurait fallu tout raser, c'était là l'évidence. Toutefois, l'argent n'est pas la valeur ultime et, dans ce dossier, nous nous devions de prendre aussi en compte l'histoire, l'urbanisme de ce quartier et la vie de ses habitants ». Jacques Gérault, préfet de Région, résume ainsi la situation : le ministère de la Justice a cédé à la pression des Lyonnais, bien décidés à conserver les bâtiments des anciennes prisons de Perrache, désaffectées depuis plus d'un an. La chapelle de Saint-Paul sera sauvegardée, comme les escaliers qui distribuent les différentes branches en étoile de l'ex-site pénitentiaire. A Saint-Joseph, le bâtiment central et les pavillons échapperont à la destruction. Les murs d'enceinte, eux, devront être soit gardés, soit matérialisés au sol.
Les promoteurs le savent : ces parties immuables, datant du XIXe siècle, devront donc être intégrées aux projets à venir. Or l'heure tourne pour ces professionnels : la procédure de cession a été officiellement lancée par la préfecture vendredi dernier. La phase de « réflexion » autour du site de deux hectares du nouveau quartier de la Confluence est terminée. Après la présentation de seize projets d'urbanistes et d'architectes l'année dernière, place aux « vraies » candidatures. Ces dernières, présentées par des équipes d'architectes, d'urbanistes, de bureaux d'études, devront respecter un cahier des charges très précis prenant en compte à la fois la préservation du patrimoine et son insertion dans le quartier.
De nombreuses contraintes établies par l'administration, les Bâtiments de France, le Grand Lyon et Lyon-Confluence, la société d'économie mixte qui pilote le grand projet urbain de la Confluence.
Les candidats ont plusieurs mois pour affiner leur projet : la date limite de remise des offres est fixée au 15 juillet prochain. Il faudra encore quelques mois pour laisser les autorités trancher : le jury devrait le faire le 15 décembre. Conclusion de Jacques Gérault : « J'espère que nous pourrons être fiers de ce qui va être réalisé ici ».
© dr Du site d'aujourd'hui (ci-contre) à celui -imaginé par un promoteur- de demain (ci-dessus), il n'y a qu'un pas que les candidats à la reprise ont quelques mois pour franchir.
Les projets devront être déposés en juillet, pour une décision sur la future destination des ex-prisons en décembre.