FINALE DE L'EUROPA LEAGUE Une sécurité hors norme pour un match de foot

Près de 11 500 supporters marseillais sont attendus lors de cette finale.  Photo archives Jean-Pierre BALFIN
Près de 11 500 supporters marseillais sont attendus lors de cette finale. Photo archives Jean-Pierre BALFIN

1 250 policiers et gendarmes, 1 100 stadiers : jamais un tel niveau de sécurité n’avait été atteint pour un match de foot à Lyon.

Les 11 500 places dévolues aux Marseillais se sont arrachées. À Madrid, où le même contingent était disponible, seulement 9 000 ont trouvé preneurs. Ce mercredi, jour de finale entre Marseille et l’Atletico Madrid, l’un des enjeux sera d’éviter qu’ils ne se croisent. Au stade comme en ville. La sécurité reposera avant tout sur l’étanchéité entre ces deux groupes de supporters, mais aussi avec les Lyonnais tentés de s’inviter à la fête. Sans oublier le contexte terroriste que l’attentat parisien a rappelé.

Pour cela, le préfet Stéphane Bouillon a présenté lundi le dispositif jugé « exceptionnel » : 1 250 policiers, gendarmes et CRS appuyés par un hélicoptère et deux canons à eau. Et à l’intérieur du stade, 1 100 stadiers, dont 200 envoyés par l’OM, et 20 par l’Atletico.

Ces moyens hors normes doivent garantir la sécurité à Lyon, puis à Décines, avec l’appui des polices municipales. La plupart des Marseillais se rendront directement au stade en fin d’après-midi. Mais rien n’interdit aux supporters des deux équipes de paraître à Lyon, où des animations sont prévues place Bellecour. Si aucun point de rassemblement n’est prévu, il sera fait en sorte d’acheminer les Espagnols par la ligne A du métro, quand les Marseillais prendront la D. Chaque station de métro ou de tram sera surveillée. À l’arrivée au stade, encore deux zones bien distinctes pour éviter toute confrontation : les Marseillais au sud, les Espagnols au nord. Même les aires d’autoroute, notamment entre Orange et Lyon, seront sous surveillance.

Le préfet espère ne pas voir débarquer plus de 2 000 ou 3 000 Marseillais sans billets (45 000 seront au Vélodrome devant un écran géant) et souhaite dissuader les revendeurs. « L’une des missions de la police sera aussi de surveiller le marché noir », indique Stéphane Bouillon qui a, par ailleurs, pris deux arrêtés : l’interdiction de la vente de boissons alcoolisées dans le Rhône, et celle de faire usage de tout produit d’artifice.

Le risque zéro n’existe pas pour autant. Les possibilités d’affrontement ou de fight (bagarres programmées et codifiées), sur fond de comportements identitaires, font l’objet d’un travail intensif de renseignements qui avait permis l’an dernier d’éviter ce genre de mésaventure avec des supporters d’Amsterdam. En cas d’incident, trois cellules judiciaires pourront faire face à un afflux de gardes à vue. Avec à la clé des poursuites judiciaires (comparution immédiate, interdictions de stade) assez dissuasives.

Toutes les circulations sont organisées pour assurer l’étanchéité entre groupes de supporters

Le préfet Stéphane Bouillon

Xavier BREUIL

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