culture Lyon s’interroge sur l’avenir de la Halle Tony-Garnier

Thierry Téodori, directeur général de la Halle Tony-Garnier, à Lyon. Photo Richard MOUILLAUD
Thierry Téodori, directeur général de la Halle Tony-Garnier, à Lyon. Photo Richard MOUILLAUD

D’un côté, 585 000 visiteurs par an et un chiffre d’affaires de plus de 5 millions d’euros. De l’autre, un directeur en fin de carrière et une concurrence sur les grandes jauges.

Voilà bientôt vingt ans que l’ancien marché aux bestiaux reconverti en salle de concert à géométrie variable, par la volonté du maire de l’époque Raymond Barre, est devenu l’équipement incontournable de l’agglomération lyonnaise.

Réhabilitée dans les années 1980 (avec un concert de Dire Straits), puis rouverte en 2000 pour accueillir la Biennale d’art contemporain et, dans la foulée, le concert du groupe Texas, la Halle constitue le vaisseau amiral du paysage local des musiques actuelles (1), mais il connaît une concurrence (le Groupama Stadium à Décines, l’arrivée prochaine de l’Arena de l’Asvel) et des transformations profondes et durables auxquelles il va bien falloir faire face. D’autant que son directeur, Thierry Téodori, envisage son départ à la retraite dans les deux années à venir.

« La mission de la Halle doit rester la même : offrir du divertissement. Ce qu’elle a fait en 2017 avec 115 levers de rideau avec toutes ses activités : concerts, salons, conventions, etc. C’est plutôt sa structure qu’il faudra peut-être faire évoluer », précise son président, l’élu lyonnais Jean-Yves Sécheresse.

Seule en France à disposer d’un tel statut, la Halle est aujourd’hui un établissement public dont les bénéfices sont reversés à la ville de Lyon. « Ce système de comptabilité publique est lourd et contraignant, il faudrait davantage de souplesse », reconnaît Thierry Téodori. La ville de Lyon vient donc de lancer un appel d’offres pour une étude sur le mode de gestion de l’équipement : maintien du statut actuel ? Évolution vers une gestion public-privé sous forme de concession ?

Toutes les options sont ouvertes, mais l’étude devra porter non seulement sur la gouvernance mais aussi sur les aspects patrimoniaux, économiques et culturels. La convention unissant la Ville et la Halle expirant à la fin de l’année, la décision devra prise cet été. Quelle qu’elle soit, elle devra prendre en compte l’ensemble de l’écosystème des salles de l’agglomération, au risque de déstabiliser l’ensemble de l’édifice.

(1) Également constitué du Transbordeur, de Grrrnd Zero, du Marché Gare, et des deux scènes découvertes A Thou Bout d’chant et le Kraspek.

De grands souvenirs musicaux à la Halle

David Bowie à la Halle, c’était le 11 février 1996. Photo d’archives Joël PHILIPPON
David Bowie à la Halle, c’était le 11 février 1996. Photo d’archives Joël PHILIPPON

Avec un potentiel de 17 000 spectateurs et une logistique unique, la Halle peut accueillir les plus imposantes tournées. Depuis trente ans, les plus grands ont joué pour les Lyonnais. Paul Mc Cartney en 1989, Bruce Springsteen en 1999, Ray Charles en 2002, David Bowie, Bob Dylan ou Dire Straits à plusieurs reprises. « On a une capacité d’accueil technique qui est excellente. Plus qu’à Bercy par exemple. Les camions de tournée entrent directement dans la Halle, et la salle a une capacité d’accrochage sans limite », explique Thierry Téodori, le directeur des lieux.

« Pour le concert de Metallica, en septembre dernier, l’équipe avait pris une journée d’avance sur son planning, tellement la configuration de la salle lui avait facilité les choses. Ils étaient ravis », souligne Thierry Téodori.

Côté musique, la salle a vécu de grands moments. Outre les artistes déjà cités, la salle lyonnaise a aussi accueilli à deux reprises Jimmy Page et Robert Plant, la moitié de Led Zeppelin, pour des concerts d’anthologie. On y a aussi vu six fois Depeche Mode, quatre fois The Cure ou quatre fois Muse. Sans oublier deux concerts de Coldplay. 

Les Français ont aussi beaucoup joué à la Halle. Johnny Hallyday appréciait grandement cette scène, il l’a foulée près de quinze fois. Tout comme Michel Sardou (dix fois), Charles Aznavour, Jean-Jacques Goldman, Mylène Farmer, Zazie, Christophe Maé, Indochine ou les Insus. Et le Lyonnais de l’étape, Jean-Michel Jarre, qui est venu deux fois installer ses synthés à Gerland…

Et enfin, les chanteurs français l’ont adoptée en version collégiale à deux reprises pour les concerts des Enfoirés.

Françoise Monnet

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