caluire-et-cuire Après 129 ans d’existence, la jardinerie Guillemaud-Touly a définitivement fermé ses portes

Vidées de leurs plantations, les serres sont en cours de démontage. Photo Emmanuelle BABE
Vidées de leurs plantations, les serres sont en cours de démontage. Photo Emmanuelle BABE

L’entreprise horticole a été vendue. Sa fermeture, en toute discrétion, redonne une actualité au PAE (programme d’aménagement d’ensemble) du centre-ville.

En toute discrétion, la maison Guillemaud-Touly a baissé le rideau après… 129 ans d’existence. Créée en 1889 avenue Pierre-Terrasse, au cœur du bourg de Caluire et au pied de l’église de l’Immaculée-Conception, la jardinerie a fermé ses portes en début d’année. La famille, qui a gardé les rênes de l’entreprise depuis plus d’un siècle, confirme avoir vendu, sans en dire davantage. « Nous souhaitons rester discrets », explique poliment notre interlocutrice au téléphone, avant de raccrocher.

Aussi confidentielle soit-elle –rien sur le portail d’entrée ne le laisse penser–, la nouvelle de la fermeture de la jardinerie a rapidement fait le tour du quartier, puis de la commune. Depuis, le parking des AFN, les plus curieux peuvent constater que le démontage des quatre serres en plastique est bien engagé. Des serres aujourd’hui vides de toute plantation, en particulier pour la principale serre en verre, construite en remplacement des serres d’origine, qui avaient été aménagées presque au niveau du sol et qui ont été démolies en 1973. Seul Armand (qui, lui aussi, souhaite rester discret sur son identité complète), employé par la jardinerie depuis cinquante ans, se rend sur place presque quotidiennement. Il met de l’ordre dans ces lieux vidés peu à peu, et a l’autorisation de récupérer du petit matériel.

Ville et Métropole négocient

Malgré l’absence de publicité, la fermeture des quelque 5 000 m2 de la jardinerie Guillemaud-Touly était un sujet récurrent à Caluire depuis plusieurs années. Le devenir de ces terrains est en effet lié à la réalisation du Programme d’aménagement d’ensemble (PAE) du centre-ville, un serpent de mer qui a succédé à la ZAC qui avait été créée en mars 2006.

Ce projet, aujourd’hui en suspens, prévoyait l’aménagement d’espaces publics autour de l’église, le développement du potentiel commercial, la création d’une trame piétonnière de l’église à la voie verte. Sur le volet habitat, le PAE envisageait la construction de 500 logements. Trop, pour la mairie de Caluire. Et maintenant ? « La Ville et la Métropole sont toujours en négociation, explique le cabinet de Philippe Cochet. La Métropole est propriétaire de terrains, qu’elle souhaite optimiser en y construisant des logements ; de notre côté, nous demandons à conserver un cône de visibilité entre l’église et la voie verte. »

Une première réalisation du PAE a toutefois été conduite, avec le réaménagement de la rue Jean-Moulin en 2013. Celui de la place de l’Église est aussi très attendu ; les premières études devaient être réalisées en 2017 et les travaux sont annoncés avant 2020.

Dans ce contexte, si l’acquéreur de la jardinerie Guillemaud est pour le moment secret, un collaborateur du maire de Caluire suppose qu’il dispose d’une solide assise financière, dans la mesure où rien ne bougera avant que le PAE n’arrive à maturité.

Emmanuelle Babe

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