Cinéma Tim Burton fait son cirque à l’Institut Lumière

Tim Burton sur le tournage de "Dumbo", à bord du petit train du cirque qui va exploiter l’éléphant volant. / Photo Disney
Tim Burton sur le tournage de "Dumbo", à bord du petit train du cirque qui va exploiter l’éléphant volant. / Photo Disney

Alors que la suite de "Beetlejuice" en est à sa énième réécriture et que son éléphant volant "Dumbo", avec Eva Green, Colin Farrel, Michael Keaton et Danny DeVito, vient d’annoncer son atterrissage en France le 27 mars 2019, le cinéaste américain voit sa rétrospective et ses créatures défiler dans la capitale rhônalpine.

C’est officiel : Walt Disney, le studio de la souris aux grandes oreilles, vient d’accoucher d’un éléphanteau aux esgourdes encore plus balèzes.

Le papa se porte bien, c’est Tim Burton. Si ses fans sont enthousiastes à l’idée de découvrir une version de Dumbo qui devrait faire des clins d’œil au Freaks de Tod Browning, ils semblent moins rassurés par la présence d’Ehren Kruger au poste de scénariste.

L’abominable bidouilleur de blockbusters est associé à Scream 3 et à la saga Transformers, et ce n’est pas pour apaiser les nerfs des cinéphiles, dépités par quelques récentes productions sans âme de leur auteur préféré.

Le virage décevant des années 2000

Dumbo, qui atterrira dans le cirque d’Eva Green, Colin Farrell, Michael Keaton et Danny DeVito, volera-t-il de ses propres oreilles vers les contrées merveilleuses de Edward aux mains d’argent, Batman 2 : le défi, L’Etrange Noël de M. Jack, Ed Wood, Sleepy Hollow, Miss Peregrine (le vrai film de la rédemption de Burton)? Ou cédera-t-il aux vaniteuses boursouflures de ses dérapages du XXIe siècle, La Planète des singes, Alice et Dark shadows?

De ces trois calamités bariolées, seule La Planète des singes fait partie de la rétrospective en quinze longs-métrages que l’Institut Lumière consacre à Tim Burton. Exit les navets commerciaux !

Ouvrez l’œil, donc, et même vos Big Eyes (également écarté de la rétro), sur ce que les terreurs nocturnes, le nanar, le gothique, le fantasmagorique et l’animation en stop-motion peuvent offrir de plus touchant et de bizarre.

Edward, Jack et la Catwoman de Batman 2 : quelles féeries divinement mélancoliques et sépulcrales !

Et redécouvrez aussi le sous-estimé Big Fish, avec Ewan McGregor et une certaine Marion Cotillard.

Pour expliquer les racines de son univers si personnel, où l’angoissant le dispute au ravissement, Tim Burton raconte souvent le garçon qu’il était, un mioche de Burbank, banlieue à la normalité déconcertante de Los Angeles, qui vivait dans une chambre dont les fenêtres avaient été, pour une raison inconnue, en partie murées par ses parents.

Il était alors obligé d’escalader son bureau pour apercevoir l’extérieur. A notre tour, escaladons sa filmographie pour entrevoir un peu de lumière.

> Rétrospective du 9 janvier au 4 mars à l'Institut Lumière, 25, rue du Premier Film, Lyon 8e. Programme complet : www.institutlumiere.com 

Tim Burton attacks !

Rétrospective du 9 janvier au 4 mars à l’institut Lumière, 25 rue du Premier-Film, Lyon 8e (Tél.04.78.78.18.95).

Soirée d’ouverture : jeudi 11 janvier, 20 heures, avec Ed Wood présenté par Fabrice Calzettoni

Nuit Tim Burton : samedi 13 janvier, animée par Jérémy Cottin. À 19 heures : Beetlejuice  ; à 22h45 : Edward aux mains d’argent ; à 1 heure : Mars attacks ; à 3 h 15 : Sleepy hollow.

Vincent Price de Mankiewicz à Burton mercredi 24 janvier. 19 heures : Le château du dragon de Joseph Mankiewicz. 21 heures : Edward aux mains d’argent, précédé du court-métrage Vincent (6 minutes).

Ciné-conférence sur Tim Burton mercredi 7 février par Fabrice Calzettoni (19 heures), suivie de Big fish.

David S. Tran

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