Patrimoine Rideau sur le théâtre de marionnettes de Fourvière ?

Monique, Caroline et Philippe Moncorgé, défenseurs du théâtre et des marionnettes.  Photo Aline DURET
Monique, Caroline et Philippe Moncorgé, défenseurs du théâtre et des marionnettes. Photo Aline DURET

Installé depuis plus de 20 ans tout près du musée de Fourvière, le petit théâtre de marionnettes doit fermer ses portes en janvier prochain. La nouvelle passe mal du côté de ceux qui ont œuvré pour ce lieu, plutôt méconnu.

C’est l’histoire d’un petit théâtre qui ne veut pas disparaître. Installé en 1997, dans l’une des salles du musée de Fourvière, il est pourtant menacé. Pour quelles raisons ? Le site est en plein réaménagement. Le projet, piloté par la Fondation Fourvière, suppose la destruction de l’ouvrage. Certains viennent d’apprendre la nouvelle. Et elle passe mal, même si l’inquiétude et la nostalgie l’emportent sur la colère.

Philippe Moncorgé, artiste lyonnais est de ceux-là. C’est lui, qui avec l’architecte Philippe Vidal a créé le décor, le cadre dans lequel est venu se glisser le castelet. Un décor fait de ciel étoilé, peint de charbon, de mica et de sable, de peintures réalisées par huit autres artistes dont Paul Régny et où au milieu de la pièce en herbe, coule une rivière.

La vie de Marie y est racontée

« Tous ces éléments ont une symbolique, indique l’artiste. On nous demande de les détruire mais il y a des éléments que l’on ne peut démonter ». Tout a été conçu pour présenter un spectacle de marionnettes à destination des enfants de 6 à 13 ans, retraçant la vie de Marie, « le thème de Fourvière », comme l’a souhaité en son temps le président de la Commission de Fourvière Joseph Payen.

À chaque représentation, une dizaine de petits personnages fabriqués par Yolande Racine, maître iconographe, s’animent grâce à la passion de bénévoles. « On n’est pas des pros, mais petit à petit on a pris l’habitude de les manipuler, soulignent Caroline et Monique. Ce spectacle initié dans les années 70 par le père Lepine, Chapelain à Fourvière, avec l’aide de l’association des Familles Chrétiennes « est très émouvant », ajoutent-elles. C’est désolant d’arrêter complètement ».

« Hélas, je n’ai pas la solution »

Il n’y a plus de représentations depuis un petit moment, le local est squatté par la poussière. Certains jours, peut-on lire dans les commentaires de 1997, il n’était pas rare d’y voir passer 450 enfants.

Mais après plus de 20 ans d’applaudissements et de paires d’yeux émerveillés, le rideau est tombé et les petits décors colorés sont rangés. « On nous demande de tout démonter pour le milieu du mois de janvier 2018 ». Philippe Moncorgé dit avoir contacté un avocat sur cette affaire, il parle ici de « droit artistique ».

L’artiste évoque trois possibilités : soit « on maintient le théâtre dans le lieu », soit on le déplace dans un autre site en « sacrifiant une partie de ma création », soit « on négocie ». Le tout est de savoir « comment je récupère mes tableaux. Hélas, je n’ai pas la solution. Tout dépendra du dialogue engagé entre l’avocat et la Commission de Fourvière ».

« L’idée est de protéger au mieux l’œuvre »

« Les marionnettes sont magnifiques, le théâtre est chouette, il a tourné pendant quinze ans ». Pour la fondation Fourvière, l’affaire semble entendue. Il s’agit bien, confirme Manuelle-Anne Renault au nom de la Fondation Fourvière, « de conserver les marionnettes et l’ensemble du spectacle ». Le tout est de savoir où.

Car l’espace où se trouve le théâtre est voué à la transformation, dans le cadre de la rénovation du bâtiment, la Maison Carrée. Le chantier doit démarrer au cours du premier trimestre 2018.

« Il faut faire les choses bien, et s’il y a une opportunité, avec des bénévoles, de récréer un théâtre, ça peut redémarrer. Mais la relocalisation, ce n’est pas pour tout de suite. Il ne faut rien détruire de façon définitive, estime Manuelle-Anne Renault, une partie des œuvres de Philippe Moncorgé n’est pas réalisée directement sur les pierres et peut être sauvegardée. Les panneaux de bois peuvent être retirés sans être abîmés. De notre côté, l’idée est de protéger au mieux l’œuvre de l’artiste ».

Aline Duret

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