8-Décembre Assurer une sécurité maximale sans gâcher la fête des Lumières

Des véhicules plutôt que des blocs de béton : c’est le choix des autorités pour sécuriser les accès, tout en permettant une éventuelle évacuation rapide. Photo d’archives Philippe JUSTE
Des véhicules plutôt que des blocs de béton : c’est le choix des autorités pour sécuriser les accès, tout en permettant une éventuelle évacuation rapide. Photo d’archives Philippe JUSTE

Plus de 1 500 agents sont mobilisés pour la fête du 8-Décembre, dans un périmètre complètement contrôlé. Les secours instaurent l’équivalent de huit casernes de pompiers. « Sans provoquer de rejet », espère Jean-Yves Sécheresse.

Prévoir la sécurité maximale en ces temps incertains, sans gâcher la fête en suscitant involontairement la peur. C’est tout l’équilibre que cherchent à préserver les autorités, en vue de la fête des Lumières à Lyon.

« Le dispositif est le même que nous organisons depuis des années, à quelques détails près. Nous souhaitons une manifestation festive, rassembleuse, sans donner l’impression d’un dispositif qui pourrait conduire à un rejet », dit Jean-Yves Sécheresse, adjoint à la Sécurité de la ville de Lyon. Organisation habituelle peut-être, mais dans des proportions hors norme. Au total, plus de 1 500 agents sont employés pour assurer le bon déroulement de la manifestation phare de la capitale Gaules, durant quatre jours.

Le Raid et la BRI dans plusieurs points tenus secrets

Environ 750 policiers et 420 agents des forces mobiles (CRS et gendarmes) composent le gros de la troupe, répartie autour et à l’intérieur de la presqu’île, montée de la grande Côte comprise. Il faut ajouter environ 200 militaires d’un dispositif Sentinelle spécialement renforcé. La présence des soldats est complétée, cette année, par l’utilisation d’un drone de l’armée de l’air, chargé d’une discrète surveillance de la foule depuis le ciel. Les forces de l’État sont complétées par 220 policiers municipaux et 200 agents de sociétés privées.

Côté secouriste, la direction métropolitaine d’incendie et de secours instaure l’équivalent de huit casernes de sapeurs-pompiers dans la presqu’île, avec 160 pompiers mobilisés, ainsi que 80 médecins et infirmiers du Samu. Enfin, les forces d’intervention du Raid et de la BRI de Lyon sont positionnées dans plusieurs points tenus secrets.

Aucun véhicule ne pourra rester en stationnement sur les parcours

La clé du dispositif réside dans le contrôle des 41 points d’entrée dans le périmètre de la fête des Lumières, selon des dispositions particulières et inédites. L’idée est d’empêcher toute intrusion hostile. Aucun véhicule ne pourra rester en stationnement sur les parcours de la fête. Les voies d’accès seront principalement barrées par des véhicules de police, plutôt que par des blocs de béton, afin de favoriser la rapidité de l’évacuation de la foule, en cas de besoin. Car les autorités cherchent tout autant à parer l’éventualité d’un acte terroriste, qu’un mouvement de foule déclenché par la rumeur d’une fausse alerte. « L’essentiel du travail est fait en amont, pour éviter les points de compression », dit un commissaire de la sécurité publique. Anticiper au maximum, sans pouvoir tout prévoir. « C’est difficile à gérer », reconnaît un responsable policier.

Un périmètre strict

De 18 h 30 à minuit (dès 18 heures le dimanche), mise en place d’un périmètre de sécurité sur la presqu’île entre les places Bellecour et des Terreaux, dans le Vieux-Lyon et aux abords de l’esplanade de Fourvière.

De 18 h 30 à minuit (de 17 h 30 à 23 heures le dimanche), interdiction de circuler à l’intérieur du périmètre.

De midi à minuit , fermeture des parkings compris dans le périmètre de sécurité.

Le stationnement limité

De 19 heures à 1 heure le lendemain, interdiction de stationner sur les rues principales du périmètre de sécurité.

Lyon 1 et 2 : rues du Président Édouard-Herriot, de Brest, Émile- Zola, Gasparin, des Archers, Childebert, Jean-de-Tournes, Président Carnot.

Lyon 5 : rue de l’Antiquaille et place des Minimes.

Fermeture des passerelles du Collège, Palais de Justice, Saint-Vincent et Saint-Georges - Abbé Paul-Couturier.

Transports : les bons plans

Ticket TCL en Fête (en vente depuis le 1er décembre au prix de 3 €) : déplacez-vous en illimité sur le réseau, de 16 heures jusqu’à la fin de service, les 7, 9 et 10 décembre.

Réseau TCL gratuit le 8 décembre , de 16 heures jusqu’à la fin de service.

Le réseau TCL s’adapte :

- Fréquences des métros, tramways et lignes de bus principales renforcées.

- Reconfiguration de certaines stations de métros pour gérer le flux de voyageurs et assurer leur sécurité

- Les lignes de bus ne circulent plus en presqu’île à partir de 16 h 30 (dès 15 h 30 le dimanche 10).

- Tramway T2 limité à l’arrêt centre Berthelot à partir de 19 heures (dès 18 heures le dimanche).

L’essentiel du travail est fait en amont, pour éviter les points de compression

Un commissaire de la sécurité publique

Un dispositif inédit de contrôle : souriez, vous êtes fouillés !

C’est dans la ville du ministre de l’intérieur que va être expérimentée, à grande échelle, une des principales dispositions de la toute récente loi sur la sécurité intérieure, promulguée le 30 octobre. Il s’agit de donner le pouvoir au préfet d’instaurer un « périmètre de protection » lors d’une manifestation publique. Concernant la fête des Lumières, ce périmètre va s’étendre sur la presqu’île de Lyon.

Selon la loi, les forces de l’ordre ont la possibilité, dans le cadre de ce périmètre, de procéder à des palpations de sécurité, des fouilles de bagages et des visites de véhicules. Auxquelles s’ajoutent des contrôles d’identité, encadrés par des réquisitions du parquet. Concrètement, les fouilles pourront avoir lieu à tout moment, mais pas forcément systématiquement, de façon aléatoire. Probablement fréquentes.

« Si des personnes ne se soumettent pas aux palpations ou aux fouilles décidées, elles ne rentrent pas, et rien ne nous interdit d’effectuer des contrôles d’identité plus loin », prévient Stéphane Bouillon, préfet de région. L’emploi d’agents de sociétés privées vise à faire face au volume de contrôles induit par ces dispositions. En tout, le périmètre de la fête des Lumières comptera 41 points d’entrée et 26 points de sortie. L’idée est de maintenir tout autour un cordon le plus hermétique possible durant les horaires de la fête.

Un événement festif… et lucratif

Un tel événement festif n’est pas sans répercussion pour les nombreux acteurs économiques de la région. Hôtellerie, commerçants, restauration et cafés sont les principaux secteurs qui voient leur chiffre d’affaires augmenter en quelques jours à cette époque. Sans oublier les sociétés de sécurité, de plus en plus sollicitées depuis les attentats.

Le Club des partenaires prend de l’ampleur

Les transports ne sont pas en reste, à l’image de la société de cars FlixBus qui, selon elle, « constate déjà une très forte augmentation des réservations pour Lyon pour la période du 7 au 10 décembre : de l’ordre de plus de 50 % par rapport au week-end du 1er décembre ». Flixbus précise que compte tenu de cette forte demande, elle a dû « rajouter des cars sur certaines lignes (notamment la Turin - Lyon) afin de la satisfaire ». 

Du côté des organisateurs de la fête des Lumières, on rappelle que les entreprises partenaires, réunies au sein du Club des partenaires, « sont de plus en plus nombreuses chaque année et financent ainsi près de la moitié du budget de la Fête ».

Quinze ans après sa création, ce club réunit 76 entreprises locales, nationales et internationales, issues de secteurs très différents : sécurité, énergie, communication, bâtiment, promotion immobilière, banque, industrie, informatique et télécommunications, services, distribution, produits de consommation et, plus récemment, le secteur du tourisme et des loisirs.

Richard Schittly

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