Consommation Tendance à Lyon, l'achat en vrac permet-il de manger (mieux) à moindre coût?

Dans les épiceries sans emballage, il est possible d'acheter au détail de l'alimentation mais aussi des produits d'hygiène.  Photo d'archives Julie Voisin
Dans les épiceries sans emballage, il est possible d'acheter au détail de l'alimentation mais aussi des produits d'hygiène. Photo d'archives Julie Voisin

Nouvelle tendance de consommation, le vrac s’impose de plus en plus dans nos commerces de proximité, avec des enseignes dédiées, mais aussi dans les supermarchés. On s’est donc demandé dans quelle mesure nous sommes gagnants avec ce mode de consommation.

Gagnant financièrement ?

Pour Laurent et Kissline, qui faisaient leurs emplettes à Bulko dans le 1er arrondissement, les «prix du vrac sont plus avantageux que la grande distribution». En effet, la première question que peut se poser le consommateur concerne le prix des produits en vrac par rapport à ceux emballés.

Le vrac va tout de même avoir du mal à concurrencer les produits d’entrée de gamme des supermarchés car les produits proposés sont, pour la majorité, du bio et du local. Mais lorsque l’on compare des produits à qualité égale, la différence du prix au kilo ou au litre peut être assez remarquable sur certains produits, tout simplement car on ne paie pas l’emballage et la publicité.

La grande force du vrac est aussi d’inciter le consommateur à acheter les quantités dont il a besoin, ce que confirme Gilles Ballaÿ, le gérant de Day by day, enseigne dédiée au vrac, dans le 2e, et d’éviter la surconsommation qui peut être liée au marketing de l’emballage. Donc de dépenser moins au passage à la caisse. Cependant, des écarts de prix peuvent être assez conséquents d’un produit à l’autre et d’un magasin à l’autre, il est néanmoins important de bien comparer les prix !

Un large choix de produits

De l’alimentaire salé et sucré, aux aliments pour animaux, en passant par les boissons ou les produits de beauté, d’hygiène et d’entretien, les épiceries de vrac offrent tout de même un large choix de produits. Du bio, du local, et des saveurs d’ailleurs. Par exemple, près de 600 références à Day by day, ou encore 450 pour Bulko.

Réduire ses déchets

Le grand enjeu du vrac s’inscrit dans une politique de réduction des déchets (lire par ailleurs). C’est le critère principal pour les acteurs de ces enseignes et les consommateurs de vrac. Ils n’achètent que le produit et pas l’emballage, dans cette démarche plus vertueuse de développement durable.

Gagner en qualité de produits ?

Les enseignes qui proposent du vrac restent dans la logique de ‘‘consommer autrement et mieux’’. Par exemple, à Bulko , 80 % des produits sont bio et locaux, 40 % de produits bio à Day by day , avec un objectif de 50 % au milieu de l’année prochaine, et des « produits essentiellement bio et locaux » à l’épicerie De l’autre côté de la rue, située cours de la Liberté dans le 3e. C’est le deuxième critère que viennent chercher les consommateurs.

« Je privilégie de plus en plus ma consommation de bio et de produits régionaux. Consommer mieux, c’est important pour le bien-être et la santé », confie Kissline, 30 ans. Beaucoup d’épiceries vendent des produits frais de producteurs locaux, en vente directe, comme le fromage, la viande, les œufs, le pain et les fruits et légumes.

« C’est un point qui me plaît car cela permet de faire vivre et perdurer les petits producteurs », avance Steeve, 33 ans, qui fréquente les magasins de vrac une fois par mois. « Consommer local permet de réduire l’empreinte carbone, c’est important pour moi », relève Laurent. Les épiceries de vrac ont donc allié économies et consommation locale.

Gagner en proximité

La proximité est un autre critère essentiel dans la politique de ce type de magasin. Ces épiceries sont des commerces de proximité. Les clients rencontrés soulèvent ce point important qui va de pair avec la vente de produits locaux. « Le client apprécie la relation directe avec le gérant. Notre but était de créer un lieu de partage et casser tous les codes en rendant accessibles à tous des bons produits », souligne Nicolas Dorel, gérant de Bulko , avec Margot Delair.

Ce que confirme Gilles Ballaÿ : « Nous sommes en lien direct avec les clients, c’est un service de proximité, c’est un rapport humain privilégié avec les clients. Nous pouvons les conseiller, leur faire découvrir des nouveaux produits et leur donner des idées recettes. » Ce que s’empresse de confirmer une cliente : « Cela nous permet de diversifier les produits ! » Kissline apprécie également cette proximité : « Je peux même payer en gonettes ! »

Économies, bienfait écologique, consommer bio et local, et renouer avec le commerce de proximité, des avantages qui permettent aux magasins de vrac d’avoir le vent en poupe. « Nous avons explosé notre prévisionnel. On avait prévu un chiffre d’affaires de 20 000 € par mois, on est trois fois au dessus ! », s’enthousiasme Nicolas Dorel, qui compte une centaine de clients par jour à Bulko. Quant à l’enseigne Day by day , elle prévoit d’ouvrir cinq autres magasins à Lyon d’ici à 2020.

Quelques épiceries de produits en vrac

Bulko
3, quai Jean-Moulin, Lyon 1er.

Day by Day
48, rue Franklin, Lyon 2e.

3 petits pois
124, rue Sébastien-Gryphe, Lyon 7e.

Biocoop
32, rue du Plat, Lyon 2e,
15, avenue Jean-Jaurès, Lyon 7e,
80, avenue des Frères-Lumière, Lyon 8e.

Épicerie À la source
3, rue de la Part-Dieu, Lyon 3e.

Mamie Marie !
97, rue de Créqui, Lyon 6e.

De l’autre côté de la rue
75, cours de la Liberte , Lyon 3e.

Quai des Oliviers
29, quai Saint-Antoine. Lyon 2e.

Vrac’n’Roll
254, rue F. -de-Pressensé, à Villeurbanne.

Laura Turc

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