Environnement Lyon, ville saine et pionnière

À Lyon, la mise en place de techniques alternatives viables et fiables au “Zéro phyto” a nécessité une lourde phase d’adaptation.  Photo d’archives Pierre AUGROS
À Lyon, la mise en place de techniques alternatives viables et fiables au “Zéro phyto” a nécessité une lourde phase d’adaptation. Photo d’archives Pierre AUGROS

En avance sur la non-utilisation des produits phytopharmaceutiques ou sur l’utilisation sportive ou thérapeutique des jardins, la ville de Lyon fait référence en matière de ville verte. Explications.

L’Union nationale des entreprises du paysage (Unep) et Hortis, l’association des responsables d’espaces nature en ville, viennent de dévoiler les résultats de la cinquième enquête de l’Observatoire des villes vertes, étudiant les liens entre jardins et santé, espaces verts et villes saines (1) , dont Lyon et Villeurbanne. L’occasion de faire le point avec cette enquête des spécificités locales en la matière.

“Zéro phyto” à Lyon depuis 2007

Selon l’Observatoire, au 1er janvier 2017, neuf villes sur dix avaient anticipé l’interdiction, et donc la non-utilisation des produits phytopharmaceutiques.

Lyon fait office de ville pionnière en la matière, étant passée au zéro phyto dès 2007, soit dix ans avant la loi Labbé ! Une démarche que la Ville poursuit pour l’entretien des cimetières et les services de voiries qui sont également en pleine transition. À noter également que toute entreprise agissant sur le territoire est tenue au “zéro phyto”.

Tendre vers une ville verte

Toutefois, dans cette transition vers le zéro phyto, la ville de Lyon a rencontré des freins techniques : la mise en place de techniques alternatives viables et fiables a en effet nécessité une lourde phase d’adaptation.

Autre point souligné par cette enquête, c’est le lien entre jardin et santé. Huit villes sur dix ont installé des parcours sportifs dans leurs espaces verts afin de favoriser la mobilité et l’activité physique.

À Lyon, c’est évidemment le cas depuis longtemps notamment au parc de la Tête-d’Or et à Gerland, le parc Sergent-Blandan proposant aussi un skatepark. Cet été, la Ville a même lancé une application smartphone, Enform@Lyon, qui favorise la pratique de l’activité physique dans les espaces verts.

Autre sujet évoqué, la pollution et les allergisants. Sept villes sur dix expliquent être attentives au potentiel allergène des plantations de leurs jardins. À Lyon, ce potentiel des plantes qu’elle installe sur son territoire est étudié et les équipes de la Ville réalisent systématiquement une analyse de la qualité des sols avant toute création d’espaces verts afin de pouvoir, si besoin, envisager une dépollution des sols. 

Lyon se distingue des autres villes par une collaboration interservice assez unique : tous les projets espaces verts sont menés de A à Z en collaboration avec les services santé. De plus, la création d’espaces verts s’inscrit dans une réflexion globale sur la qualité de l’air en ville.

À noter enfin que la Ville s’est posé la question, en concertation avec les habitants du quartier, de savoir si les espaces verts étaient bons pour la santé. Elle a profité du réaménagement du parc Zénith, sur l’emplacement de l’ancienne friche RVI dans le 3e arrondissement, pour réaliser ce diagnostic qui a fait l’objet d’une Étude d’impact sur la santé.

(1) Un panel de 25 villes parmi les plus vertes de France.

Des jardins thérapeutiques installés près des centres de soins

Si les jardins thérapeutiques existent depuis plusieurs décennies dans le nord de l’Europe et outre-atlantique, ils n’ont fait leur apparition en France que depuis quelques années. Le concept est pourtant assez simple : le jardin devient un outil thérapeutique pour les centres de soins, en fonction des pathologies des patients. Il est destiné à des personnes fragilisées par la vie, et est utilisé de manière passive par stimulation des sens, ou plus active avec du jardinage et de la récolte. 

À Lyon, plusieurs structures travaillent en ce sens depuis plusieurs années, comme le Centre hospitalier Saint-Jean-de-Dieu (dans le 8e arrondissement) qui cultive un potager avec ses patients ou l’Ehpad Saint-Charles (Lyon 1er ), qui a créé un jardin de bien-être destiné aux résidents.

Des jardins de soins qui sont en plein développement puisque Terramie, paysagiste spécialisé dans les créations de ce type de jardin, travaille sur une demi-douzaine de projets à l’horizon 2018.

D. T.

David Tapissier

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