Stationnement Le 1er janvier, les amendes vont passer à 60 €

De 25 à 30 agents vont être embauchés et rejoindre la centaine déjà en poste pour mieux faire respecter le stationnement payant.  Photo d’illustration Philippe TRIAS
De 25 à 30 agents vont être embauchés et rejoindre la centaine déjà en poste pour mieux faire respecter le stationnement payant. Photo d’illustration Philippe TRIAS

C’est la loi : le 1er janvier prochain, le stationnement payant sera dépénalisé et chaque commune pourra fixer le montant de son “forfait post-stationnement”. À Lyon, les tarifs vont grimper.

Oubliez les 17 € d’amende pour ne pas avoir payé votre stationnement. Le 1er janvier, ce sera la Ville de Lyon qui gérera les contraventions (désormais des forfaits post-stationnement, FPS) et ça ne va pas rigoler. Le montant va grimper à 60 € en zone Presto (Presqu’île, grands boulevards…) et 35 € dans le reste des zones payantes.

Pourquoi ?

L’objectif annoncé, c’est que « les Lyonnais trouvent plus de places de stationnement », selon l’adjoint à la Sécurité, Jean-Yves Sécheresse, qui admet que parfois « il arrive qu’on ait besoin de prendre sa voiture ». La Ville de Lyon veut donc « maintenir un accès facile et peu coûteux aux zones les plus difficiles à atteindre en Presqu’île » en favorisant la rotation des véhicules.

La Ville a anticipé la nouvelle loi de dépénalisation du stationnement payant. On est déjà passé de trois à deux zones tarifaires (hypercentre et grands boulevards d’un côté, tout le reste de l’autre), les secteurs payants ont été étendus (et ce n’est pas fini, lire par ailleurs) et des négociations ont eu lieu avec les professionnels (artisans, professions médicales, etc.). L’idée est aussi d’inciter à utiliser les parkings souterrains, moins onéreux.

Une application pour simplifier le paiement

La Ville veut « rendre le paiement plus juste ». On paiera ainsi à la minute. Pour faciliter les démarches, une application sera mise en place dès janvier en plus des horodateurs. Elle pourra servir à tous les automobilistes, y compris les résidents avec leur vignette. Les agents de surveillance de la voie publique (ASVP) auront accès en temps réel à ces informations et sauront, en saisissant la plaque minéralogique, qui a payé, ou pas. On pourra donc payer à distance si on a dépassé son temps autorisé. Et si on vient reprendre sa voiture plus tôt, le trop payé sera remboursé. Lyon n’a pas augmenté ses tarifs de base depuis 2009 : 1 h 30 pour Presto 5 €, 3 heures pour Tempo 4 €.

Comment ont été calculés les nouveaux tarifs ?

Les 60 € de la zone Presto correspondent à une journée de stationnement, de 9 à 19 heures, à plein tarif. Idem pour le FPS à 35 € dans le reste des secteurs payants (Tempo). On parle donc bien de forfait post-stationnement. Il sera à Lyon de 10 heures. Soit on met des euros dans l’horodateur pour un temps défini, soit on s’acquitte d’un stationnement à la journée. D’autres villes ont pris des dispositions différentes : l’amende sera de 50 € à Paris (mais par séquence, une le matin, l’autre le soir, soit 100 € à la journée), de 35 € à Bordeaux (au-delà de deux heures), mais restera à 17 € à Marseille. Ces trois villes ont opté pour un passage au privé de la verbalisation. Ce ne sera pas le cas à Lyon (« C’est de l’abattage ! », pour Jean-Yves Sécheresse), qui devrait embaucher 25 à 30 ASVP pour épauler la centaine déjà en poste.

Les zones payantes gagnent du terrain

Cette année, de nouveaux secteurs sont devenus payants à Lyon. Entre le 1er et le 4e arrondissement, 400 nouvelles places sont devenues payantes. Et il y en a eu 2 700 dans le quartier de la Part-Dieu.

Pour les automobilistes, le calvaire n’est pas fini. L’an prochain, cinq zones sont déjà dans le viseur de la mairie : le triangle Tête d’Or (au nord du 6e arrondissement, 800 places), Monplaisir (dans le 8e , 500 places), le quartier de l’Industrie (dans le 9e , entre Vaise et le nord du secteur, déjà payant, 400 places), Fourvière (550 places) et la première phase de la ZAC Confluence.

L’extension du stationnement payant devrait ensuite connaître une pause en fin de mandat (à l’approche des élections municipales ?). Mais rassurez-vous, la phase suivante est déjà dans les cartons : on nous annonce, pour le mandat suivant, de nouvelles places payantes dans le quartier de Gerland.

Le stationnement résident sera gratuit en août.  Photo d’illustration DR
Le stationnement résident sera gratuit en août. Photo d’illustration DR

La vignette résident va devenir payante et coûtera 40 € par an

« On a fait le constat que les résidents demandent leur vignette, mais que seuls 60 % l’activent. Or, on ne peut plus garer ainsi un nombre incalculable de voitures sur la voie publique. Notre objectif est que les Lyonnais trouvent des places pour stationner », explique Jean-Yves Sécheresse, qui annonce 40 000 vignettes-résidents demandées par an pour… 38 000 places. Selon l’adjoint, de nombreux Lyonnais préfèrent demander une vignette plutôt que d’utiliser leur garage.

La Ville a donc décidé de réserver la vignette à ceux qui en ont vraiment besoin. Et pour faire le tri, les élus ont opté (1) pour le passage de la vignette – jusqu’alors gratuite – à 40 € pour la première voiture et 60 € pour le second véhicule d’un même foyer.

Dans le même temps, le périmètre des vignettes va se réduire. Pour l’instant, un habitant pouvait se garer n’importe où dans son arrondissement (excepté quelques grands axes). Après le 1er janvier, il dépendra d’un bassin de vie autour de son logement. L’adjoint à la Sécurité et aux occupations du domaine public a rencontré les maires d’arrondissement pour affiner ce découpage. On se dirige vers 15 à 17 bassins de vie. Certains seront transfrontaliers : « Quand on habite quai Gillet dans le 4e , on pourra traverser le pont et se garer dans 9e. Le 1er et le 4e ne feront plus qu’un seul secteur. Tout le cours Lafayette sera intégré au 6e », détaille Jean-Yves Sécheresse.

Les détenteurs d’une vignette devront ensuite s’acquitter, comme c’est déjà le cas, de forfaits journalier, hebdomadaire ou mensuel (ils pourront le faire en ligne). Leur tarif reste le même : 2 €, 6 € et 20 €. En août, la vignette donnera droit à la gratuité du stationnement dans tous les secteurs.

Note (1) La délibération sera votée lors du conseil municipal du 23 octobre.

Où va aller l’argent ?

Aujourd’hui, c’est l’État qui encaisse le montant de toutes les amendes. Il en reverse ensuite 20 % à la Métropole, soit pour la part de Lyon environ 9 millions d’euros. Après le 1er janvier, tout l’argent des amendes pour non-respect du stationnement payant ira directement dans les caisses de la Ville. Elle prélèvera le montant de ses charges (salaires des ASVP, entretien des horodateurs, etc.), ce qui n’est pas le cas actuellement. Puis, le reste ira à la Métropole. L’argent des horodateurs (environ 14 millions par an) revient à la Ville. Cette manne devrait augmenter dès l’an prochain.

Un geste écologique mais symbolique

Les voitures électriques et hybrides bénéficieront d’une réduction horaire de 30 % (50 % sur la vignette résident annuelle). Idem pour les artisans et professions médicales équipés de véhicules électriques. « C’est un message, une incitation », estime Jean-Yves Sécheresse. Un gadget, diront les autres : on estime à seulement 1 % le parc automobile électrique à Lyon.

Un quart des automobilistes ne paie pas le parking

D’après les chiffres de la Ville de Lyon, 20 à 25 % des automobilistes ne paient pas le stationnement. C’est un manque à gagner pour la collectivité et cela ne favorise pas la rotation des véhicules sur les places.

Jean-Christophe Morera

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