Villeurbanne Cité des antiquaires : tout le monde n’a pas fait ses cartons

Début octobre, il ne restait plus qu’un propriétaire et neuf locataires à la Cité des antiquaires.  Photo Emmanuelle BABE
Début octobre, il ne restait plus qu’un propriétaire et neuf locataires à la Cité des antiquaires. Photo Emmanuelle BABE

Depuis l’annonce de la fermeture au printemps, la majorité des marchands ont quitté la grande bâtisse du boulevard Stalingrad. Seuls 10 sont encore sur place. Pour eux, assurent-ils, les affaires continuent.

Déjà de l’histoire ancienne, la Cité des antiquaires ? Ils ne veulent pas y croire. Et n’y croient d’ailleurs pas du tout, puisqu’ils continuent de vendre « malgré les annonces ». Lesquelles ? Que la Cité des antiquaires, créée en 1989 boulevard Stalingrad, a baissé le rideau. Ils sont encore dix marchands à ouvrir leurs boutiques, chaque jeudi et chaque week-end. Neuf locataires et un propriétaire, qui, quoi qu’ils en disent, évoluent dans un décor très, très calme… Certaines allées sont définitivement plongées dans le noir et de multiples boxes ont été vidés de leurs belles marchandises… Sur quelques vitrines, des numéros de téléphone, des adresses de site internet pour contacter les professionnels qui ont quitté les lieux. Les magasins ferment, mais les affaires continuent… Vraiment ?

La situation devrait évoluer rapidement

Depuis le printemps dernier, le promoteur Gilbert Giorgi, propriétaire d’une partie des locaux, a quasiment racheté toutes les boutiques des 26 marchands propriétaires. Le dernier d’entre eux est encore en négociation et les neuf locataires - sur seize - qui sont encore en place attendent « d’en savoir davantage pour décider quoi que ce soit » ( Le Progrès du 27 mai ). Selon ces derniers des Mohicans, Gilbert Giorgi reste trop discret. Ils affirment n’avoir aucune information de la part de leur régie, recevoir des « indemnités d’occupation » contre une classique quittance de loyer jusqu’alors. « Je ne suis au courant de rien, je ne peux pas me projeter », résume cette professionnelle, depuis trente-huit ans à la Cité. Contacté par Le Progrès , Gilbert Giorgi a annoncé cependant que la situation devrait évoluer très rapidement ( lire par ailleurs ).

Les marchands qui ont vendu ont profité de l’occasion pour prendre leur retraite, d’autres pour développer la vente sur Internet. Au moins cinq marchands se seraient installés aux Puces du Canal, selon Gilbert Giorgi, qui en est également propriétaire. Pour cette antiquaire, le métier supporte mal l’isolement : « Il fonctionne sur le mode du regroupement. Nous sommes concurrents, mais on a besoin des uns et des autres pour travailler. » Elle voudrait proposer au promoteur de regrouper « ceux qui restent » dans une aile de la cité.

Marc Menzoyan, de son côté, a collé des affiches faites maison sur la porte d’entrée de la Cité. « Pour signaler que, contrairement à ce que tout le monde dit, nous sommes encore en activité », explique-t-il. Locataire depuis dix-sept ans, il redoute ce jour où « on va arriver et il y aura des ouvriers en train de démolir le bâtiment. Ça va mal finir ! ». Spécialiste du XVIIIe siècle, il affirme avoir vendu, mi-septembre, un cheval de bronze et deux miroirs. « Les clients sont venus acheter sur place, dans la boutique, raconte Marc Menzoyan. Cette clientèle-là existe toujours, elle ne s’est pas totalement convertie à l’achat sur Internet. C’est pour cela que j’y crois encore. »

Notre métier fonctionne sur le mode du regroupement. On a besoin des autres pour travailler.

Une antiquaire

Gilbert Giorgi : « On trouvera des solutions »

Tout le monde en convient : l’âge d’or de la Cité des antiquaires est bel et bien fini. Créé en 1989, dans le sillage de la “brocante Stalingrad”, ce lieu unique dans l’agglomération a hébergé jusqu’à 130 marchands. Ils n’étaient plus que 42 lorsque la décision de fermer a été prise, au printemps dernier. Depuis, Gilbert Giorgi, déjà propriétaire de la moitié des locaux, a acquis les boutiques de la vingtaine d’antiquaires propriétaires. Au Progrès , le promoteur explique avoir racheté la semaine dernière à un investisseur, les murs occupés par cinq des neuf locataires qui sont toujours boulevard Stalingrad (les quatre autres étaient déjà ses locataires). « Nous avons rendez-vous lundi matin pour finaliser la transaction et transférer tous les baux. À partir de là, je pourrai vraiment discuter avec les locataires », annonce Gilbert Giorgi, avant de déclarer : « On a l’habitude de trouver des solutions et nous en trouverons ». Quant à l’avenir du bâtiment, rien n’est encore décidé. « C’est un projet long, sur deux ans au moins. Il faut tout démonter, refaire la verrière, c’est un dossier techniquement compliqué. On va y aller doucement », conclut Gilbert Giorgi.

Emmanuelle Babe

Qui que quoi ?


Newsletter

Restez informés de l’actualité de Lyonplus.com Inscrivez-vous gratuitement à notre lettre d'information.

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?