hip-hop - festival karavel Tie Break : le fleuron des Pockemon monte au filet

Lobby avec Moncef Zebiri (à l’envers), Nagueye Mahmoud et Rémi Michault.   Photo Tony No�
Lobby avec Moncef Zebiri (à l’envers), Nagueye Mahmoud et Rémi Michault. Photo Tony No�

Ils ont quitté les Pockemon Crew pour divergence artistique et ont formé leur propre compagnie. En moins d’un an, repartis de zéro, les Tie Break sont devenus des têtes de série du hip-hop. Balles neuves au festival Karavel, puis à la Maison de la danse.

Ils sont quatre, comme les mousquetaires : Nagueye Mahmoud, Patrick M’bala, Farès Baliouz et Moncef Zebiri. Ce dernier est un peu le D’Artagnan de la bande, celui qui est monté au filet pour placer la barre de leur aventure encore plus haut.

Leur nom ? Tie Break. Rien à voir avec les volées de Roger Federer : dans un battle, le tie break est ce moment fatidique où il faut repartir pour un round parce qu’il y a égalité. Et gagner, ils savent. Car nos quatre virtuoses du hip-hop sont d’anciens Pockemon. Des vrais de vrais. Pas des seconds couteaux, outrageusement nombreux, auxquels un atelier ou un remplacement a suffi pour s’autoproclamer membres du mythique crew lyonnais.

Moncef Zebiri, 30 ans, a rejoint les Pockemon Crew à l’exacte moitié de sa vie. À seize, il décroche avec eux le titre de champion du monde. C’était la grande époque des Pockemon, celle des Lilou, celle des Brahim, celle des trophées à la pelle. « Au départ, j’étais plutôt foot », raconte le breaker de Bron. « Un de mes voisins s’entraînait régulièrement sur le parvis de l’opéra. Je le chambrais en disant qu’il « faisait sa serpillière pour nettoyer le sol ». Il m’a alors mis au défi de réussir les mêmes figures en quelques jours. Voilà d’où est venue la piqûre ».

En compagnie des Pockemon, il « nettoie » alors les plus grandes scènes du monde. Jusqu’en 2016, année de la balle de match. « On n’était plus sur la même longueur d’onde. Tous les quatre, on a préféré quitter le navire. » Repartir de zéro. Ne pas sombrer, comme tant d’anciens Pockemon qui n’ont pas pu rebondir. « On a vécu dans le présent, sans s’occuper de notre avenir. On a dû redanser dans la rue, distribuer des tracts et vendre nos tickets comme des débutants. »

Lobby

Très vite, le déclic. Il vient de Pierre Fronton, délégué à la Culture à la mairie du 3e arrondissement de Lyon et... ancien président des Pockemon. « Il nous a poussés à créer un spectacle d’une heure et nous a offert un passage à la Bourse du Travail. On s’est autoproduits avec nos moyens de rien du tout, le public et les pros ont kiffé et ça a fait boule de neige. »

À peine quelques mois et c’est déjà l’avalanche de dates. Tournée fulgurante : Lobby , avec le renfort de quatre autres interprètes (Osmane Camara, Rémi Michault, Yves Constant Bankoué, Wassim Berriss), fait défiler tous les métiers et accessoires de l’hôtellerie, le groom, le concierge, la réception. « C’est une comédie, c’est joyeux. Le divertissement est notre créneau. On veut donner le sourire ». Jeu, set et risette.

Pratique Lobby, au festival Karavel : le 19 octobre, à 20h30, au Radiant-Bellevue de Caluire. À la Maison de la danse, du 15 au 19 mai 2018.

David S. Tran

Qui que quoi ?


Newsletter

Restez informés de l’actualité de Lyonplus.com Inscrivez-vous gratuitement à notre lettre d'information.

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?